UFR: Que des pamphlétaires infatigables donnent la chance de succès à l’Union des Forces de la Resistance

Depuis deux décennies, envers et contre tous, le combat du peuple tchadien pour son existence comme sujet politique et l’amélioration de ses conditions de vie se fait à son corps défendant. Avec le corps défendant, la lutte devient totale et sans répit.

Il n’y a plus de commune mesure. On touche ici le point de non retour où tout compromis est impossible ; où il s’agit impérativement d’avancer. Et le peuple conscient n’en démord pas. D’un certain point de vue, on peut considérer le peuple tchadien, la majorité pauvre comme l’élément le plus cohérent, le plus consistant et le plus conséquent de la politique tchadienne de ces vingt dernières années.

Si tous les opposants tchadiens du monde se donnaient la maim et cessaient toute attaque haineuse, insulte et calomnie, ainsi que la litanie des critiques et reproches récurrents… C’est un vœux pieux que je forme en voyant tous les jours des pamphlétaires infatigables passer leur temps à balancer les mêmes discours de haine dans les mêmes termes, sur internet et dans les journaux. Ce qui crée une ambiance de paranoïa et de suspicion des plus nuisibles. Les amis se méfient des amis, il n’y a plus de débats libres et honnêtes, tout le monde se regarde en chiens de faïence. Chacun se replie dans sa tranchée et se croirait revenu à la guerre avec les mots pour armes. On en a ras le bol, croyez-moi, de cette situation irrespirable et l’on voudrait un peu d’air pur. L’esprit humain souffre également de pollution. Moi, j’en ai la nausée, comme le héros de Sartre, et cours me réfugier dans la lecture des grands poètes.

S’il ne s’agissait que de moi, me direz-vous, ce serait un moindre mal, mais le problème est que cet air pollué ne fait qu’accentuer les divisions qui décomposent l’opposition tchadienne, perturbent la diaspora et finiront par une révolution où les morts ne se compteront plus par dizaines mais par milliers.

Est-ce là ce que désirent nos pamphlétaires ? Certainement pas. Si ce n’est pas un auteur qu’on oublie de mentionner, c’est autre qu’on reproche pour un bout de phrase. Et pourtant avec l’Union des Forces de la Résistance (UFR) vaut-il encore la peine de quitter un mouvement pour l’autre ? Faisons donc l’effort de comprendre qu’en continuant de la sorte, nous participons à notre insu à la mort lente de l’opposition , de sa dynamique et surtout du Tchad .

Décidons aujourd’hui même de remplacer le ressentiment par l’ouverture à autrui. Cela demande beaucoup d’efforts, mais qui propose une autre issue ?

Barack Obama, au lieu de rendre la monnaie aux Clinton, à Joe Biden ou Joe Liberman, il a choisi le pardon.
Nelson Mandela, au lieu de tuer ou d’humilier ses adversaires pour se venger de 28 ans de prison, parla de paix et de réconciliation, et alla jusqu’à rendre visite à la femme de son pire ennemi.La haine dit-il est la pire des prisons, l’hiver de l’âme, disait Hugo.

Martin Luther King, malgré les meurtres et les humiliations subis par les Noirs aux Etats-Unis de la part d’organisations terroristes, n’a jamais proféré un mot de vengeance et montra toujours un visage serein, celui d’un Bouddha noir.

Ainsi donc, les reproches, les insultes et les insinuations perfides ne feront qu’envenimer la situation catastrophique du tchadien que tu es, en ajoutant quotidiennement de la violence à hautes doses dans la tête des lecteurs de ton site et d’ailleurs qui ne savent plus à quel saint se vouer. Pensez-vous que cela puisse arranger les choses ? Faisons plutôt un effort de paix qui puisse rendre services aux leaders membres de l’UFR qui veulent votre prière pour trouver un compromis de ce que demain sera. Car dans l’état actuel de décomposition de l’opposition , seule une vraie prise de conscience collective aurait un sens. Je ne vois rien d’autre, si utopique que cela paraisse.

Rassemblons-nous au lieu de nous insulter sans cesse et essayons, ensemble, avant qu’il soit trop tard, de rejeter la haine pour trouver une solution pacifique à cette crise qui ressemble étrangement à une révolution en marche.
L’espoir, dont il est question dans le socle de l’ UFR , est dosé par cet acte appelle la patience paradoxale parce que nous sommes là , prêt pour l’événement, à chaque minute et pourtant, dans le même temps, nous devons être prêt à attendre que cela puisse prendre des années.

L’UFR plaide pour la mobilisation urgente de toutes nos réserves d’énergie et de résistance en vue de la construction ici et là d’îlots d’espérance, et de réseaux de solidarité.

Nos différentes élites se sentent-elles existentiellement interpellées par la souffrance sociale des démunis et choisissent-elles d’utiliser leur science en vue de réduire tout mal qui a un fondement social ?

Qu’est-ce qui explique nos résistances à affronter la vérité ?

Je connais comme toi que dans une société où une minorité d’exploiteurs domine une majorité pauvre et sans défense, il y a de la haine des deux côtés. Que les exploités haïssent, point n’est besoin de l’expliquer. A l’inverse, la minorité exploiteuse hait parce qu’elle a peur de la vengeance des opprimés, mais aussi parce qu’elle est obligée de haïr les masses pour étouffer son propre sentiment de culpabilité et se prouver le bien-fondé de son attitude d’exploiteur. La haine ne peut pas disparaître tant que la justice et l’égalité font défaut.

Dans cette lutte, des gens tombent, d’autres se tiennent debout. Parmi tous ceux qui tombent, tous ne se relèvent pas forcément, certains restent à jamais couchés tandis que d’autres se relèvent. C’est le cycle infernal.

La musique peut sembler avoir changé mais les notes restent les mêmes, inchangées, les gammes restent intactes et c’est toujours le même refrain que l’on chante à rebours. Des virements et revirements, des rapprochements, des fusions et des interactions restent toujours possibles. Aussi, pour éviter tout doit-on regarder autrement et donner une chance à l’UFR ? Par suite, serait-il sage de ne pas perdre de vue le nécessaire, si l’on ne veut pas s’égarer dans les illusions ?

Et en définitive, ne faudrait-il pas tout simplement que le changement s’effectue au niveau de nous même d’abord ?
En dernier lieu, peut-on mettre également sur le compte de cette composition brumeuse, l’angélisme du discours consensuel de la paix, de la concorde nationale et de la réconciliation nationale restaurer la paix au Tchad qui semble le seul programme politique de cette union.

Dr. Felix Ngoussou
ngoussoufelix@yahoo.com


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