Lettre ouverte au président Lol Mahamat Choua

Monsieur le Président,

Je me permets par cette voie d’expression vous écrire cette missive pour une mise au point.

En effet dans le livre « La grande guerre pour le pouvoir (1979-1980) » édité par le Centre Almouna sous la direction de M. Gali Ngoté, vous avez apporté votre témoignage en soulignant que le Générale Medellah a joué un rôle néfaste en 1979 ce qui a conduit à la disparition du MPLT et de votre pouvoir sans que vous donniez plus de détail. Cela m’a tiqué car d’habitude vous n’indexez pas les gens dans vos interventions. Par hasard en lisant le témoignage du Président Goukouni, intitulé « Témoignage pour l’histoire du Tchad » entretien accordé à Laurent Correau, j’apprends que le Général Médellah était une victime du MPLT. Le récit résumé donne ceci. « Suite à des rumeurs de complot le président du MPLT, Monsieur Idriss a arrêté les compagnons du G. Medellah, ce dernier se réfugie avec sa suite dans le camp de FAP du Président Goukouni. Monsieur Idriss le réclame et le Président Goukouni refuse en tant que Ministre de l’intérieur chargé de la sécurité. Vous êtes informés en tant que Président et une médiation dirigée par l’Imam Moussa contacte les deux camps. G. Medellah réclame la libération de ces compagnons pour regagner le camp de MPLT. Hélas Monsieur Idriss a liquidé ces gens et malgré la médiation a attaqué le camp où le G Médellah s’est retranché. Les FAP, sans consulté leur hiérarchie, ont riposté avec Médellah et le MPLT est défait ; ensuite votre pouvoir est tombé plus tard. Le G Medellah a publié lui aussi un livre (en Arabe) son témoignage sur le FROLINA et raconte à peut près la même chose sur ce passage et indique que les éléments de FAN qui ont leur parents parmi les disparus ont aussi riposté pour liquider le MPLT.


Monsieur le Président, les grands acteurs connus des années 1979 sont à la connaissance de tout le monde Habré, Kamougué et Goukouni. Accusez uniquement une tierce personne me laisse penser à l’adage suivant « Un dromadaire a piétiné les petites de Chacal. Ce dernier en regardant les empruntes ne constate que les onglets qui ressemblent à ceux d’un cabri et accuse ce dernier malgré l’indignation de l’assistance». Ou bien la raison est ailleurs ? Et pourquoi 30 ans après ? Y’a-t-il anguille sous roche ? Soulevons ensemble cette roche.


La nouvelle tendance de mécontentement des hommes politiques au Tchad et qui fait sortir même en rébellion un grand nombre d’entre eux, semble être les morcellements des cantons.


IL semble aussi que votre famille et celle du G. Médellah auraient un problème de partage de territoire pour l’exercice du pouvoir traditionnel. Le canton réhabilité de la famille de G. Médellah réclamerait un territoire que le votre aurait confisqué après sa disparition et chacun de vous prenait position derrière sa communauté. Est-ce la raison ? Toutes les occasions sont-elles bonnes pour vous tirer dessus ? Si cela est le cas, vous nous décevez tous les deux. A mon avis vous êtes assez grand pour vous rabaisser à ces découpages coloniaux ou les chefs traditionnels n’étaient que des collaborateurs traîtres qui ont trahi les leurs pour servir leurs maîtres, les colons.


Vous surtout, ce que vous avez dit dans le livre est inacceptable. Surtout que vous êtes les deux leaders d’une même région. Vous premier homme Politique (ancien Président) et lui premier homme Militaire (seul général de la région). Quelles que soit vos différences vous ne devez pas l’accusez. Il semble aussi que son frère était votre député à l’assemblé. Il avait même accepté de se retirer quand vous lui avez demandé de cédez sa place pour l’alliance. Il est là même aujourd’hui avec vous quand les autres pour moins que ça ont regagné la mangeoire de MPS.


Monsieur le président, vous êtes en train de perdre votre sagesse connue tout au long de votre carrière et surtout pendants la Conférence Nationale. Les enfants de Ibni vous accusent de votre silence qui vous fait complice de Deby. Ils pourraient avoir raison quand on sait que la disparition de Bisso Mamadou est entrée dans les oubliettes et vous faites et refaites des alliances avec Deby sans même osez lui réclamer son corps. Monsieur le Président, pourquoi donnez-vous raison à ceux qui disent les hommes politiques n’ont pas de conscience? Ressaisissez-vous.


Je vous rappelle que vous avez plus de point en commun que de divergence avec le G Médellah. Tous les deux vous êtes devenus des personnalités grâce au MPLT, qu’est ce que vous avez fait pour les orphelins de MPLT ? Quel hommage avez-vous rendu à M Idriss président de MPLT mort en 1980. Homme grâce à qui vous êtes devenu président et la porte de la politique vous est resté à jamais ouverte jusqu’aujourd’hui ? Et lui en remplaçant le MPLT par la FAO devenu Ministre, Ambassadeur, Général… Vous êtes tous deux blancs bonnets, bonnets blancs à nos yeux. Voulez vous encore 30 ans après attiser la haine entre vos communautés ?

Une paix de brave entre vous est la bienvenue si vous ne voulez pas léguer à vos deux communautés qui composent le Kanem (Kanembou et Gouran) havre de paix, un Outouland et un Toutsiland. Sinon on ne vous pardonnera jamais.

Touo Aouchémi


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