L’Ambassadeur, Représentant Permanent du Tchad à Genève, Monsieur BAMANGA ABBAS MALLOUM : miroir d’un état d’esprit dangereux pour le Tchad.

Pendant près de vingt ans, nous nous sommes investi dans la promotion de intérêts tchadiens en étant au service de l’Etat au Tchad. Durant notre séjour à Genève, en tant que fonctionnaire poursuivant ses études universitaires et plus particulièrement, depuis près de deux ans que nous sommes employé au sein de la Représentation diplomatique du Tchad à Genève, nous nous sommes efforcé de véhiculer et de vendre une bonne image du Tchad à Genève et d’attirer des investissements étrangers dans notre pays, en nous appuyant sur les préoccupations prioritaires du Tchad.

C’est dans cette optique, et dans le cadre de la recherche permanente du bon fonctionnement de la Représentation diplomatique du Tchad à Genève au service du développement du Tchad et du bien-être de ses ressortissants, que nous avons entrepris les démarches nécessaires pour porter à la connaissance de nos supérieurs hiérarchiques les dysfonctionnements de l’Ambassade du Tchad à Genève qui s’opposent au progrès du Tchad et des tchadiens. Faisant face à une sourde-oreille, nous avons été obligé de le rendre public à travers une série d’articles. Ce qui n’a pas plu à l’autorité dirigeante en place, Monsieur Bamanga Abbas Malloum, qui s’est contenté de nous taxer de connivence avec les rebelles – voire de rebelle, un argument semble-t-il vendeur auprès des hautes autorités actuelles au Tchad, tout en mobilisant ses réseaux pour nous contrecarrer dans nos initiatives novatrices pouvant permettre de tirer profit des opportunités qu’offrent la coopération bilatérale et multilatérale pour le développement de notre pays. La dite autorité est allé même jusqu’à menacer de rendre notre vie difficile aussi bien en Suisse qu’au Tchad.

Nous sommes ainsi en droit de nous poser la question de savoir si le fait d’être au service de l’Etat et de promouvoir ses intérêts, le fait de rechercher la performance, l’excellence, l’intégrité, des résultats tangibles… dans le fonctionnement d’une institution publique – dont l’Ambassade, Mission Permanente du Tchad à Genève, … c’est être un rebelle. Cela nous semble paradoxal ! Par ailleurs, certaines connaissances de Monsieur Bamanga Abbas Malloum sont dans la rébellion ; cela ne fait pas de lui un rebelle. Notre conviction est que l’ennemi de la République est celui ou celle qui s’oppose au bon fonctionnement et à l’efficacité d’une institution publique et à l’intérêt général, qui cherche à promouvoir ses propres intérêts et à s’enrichir sur le dos de l’Etat tchadien, qui se plaît dans l’immobilisme ou le statu quo alors que le contexte national, régional et international évolue considérablement et rapidement tout en redéfinissant les enjeux diplomatiques et en posant de nouveaux défis pour le développement des Etats.

C’est pour tenter de mettre fin à l’usage de ce genre de préjugés et de manœuvres nuisibles (pour le Tchad et ses ressortissants) derrière lesquels se cachent les incompétents, les sournois, les sceptiques, les esprits faibles…., que nous nous permettons de poursuivre notre démarche de dénonciation de ce genre de pratiques et de porter à la connaissance de nos concitoyens le contenu de la lettre ouverte, ci-après, adressée au Ministre tchadien des relations extérieures en date du 22 mai 2009. Face à certaines tentatives pour empêcher la transmission de cette lettre à l’autorité concernée par les voies officielles, nous avons été contraint de la lui faire parvenir par courrier électronique ; dans l’espoir que nos observations et recommandations serviraient d’ébauche pour la sensibilisation de certains de nos cadres et la modernisation de certaines de nos institutions publiques au profit du Tchad, par les générations présentes et futures. Comme dirait quelqu’un, les hommes passent mais les institutions demeurent. Animé par cette conviction, nous allons poursuivre notre démarche constructive malgré les intimidations, les menaces, les manœuvres calomnieuses…. Ainsi, de nouveaux articles sur le fonctionnement de l’Ambassade, Mission permanente du Tchad à Genève sont en préparation, dans la perspective de la rédaction d’un livre sur une autre vision de la diplomatie tchadienne.

Talha Mahamat Allim.


Excellence Monsieur le Ministre,

En ma qualité de citoyen tchadien et membre du personnel de l’Ambassade, Mission Permanente du Tchad à Genève, soucieux du bon fonctionnement de la Mission au service du Tchad, j’ai l’honneur de vous transmettre ci-joint une lettre relative à certains dysfonctionnements de notre Mission, afin que si possible, d’éventuelles solutions soient trouvées pour la préservation de l’image de l’Etat et le développement de notre pays. Je me permet de vous l’envoyer, parce que toutes les voies habituelles nous ont été fermées.

Je profite de l’occasion pour préciser que les observations contenues dans la lettre sont les fruits d’échanges et discussions du personnel en place à la Mission Permanente du Tchad à Genève dont je ne suis que le rapporteur.

Vous trouverez également ci-joints, deux articles en rapport avec ses observations et des propositions éventuelles pour l’amélioration de notre diplomatie en général et de la Mission Permanente du Tchad à Genève en particulier.
Je reste à votre disposition pour d’éventuelles précisions.

Veuillez croire Excellence Monsieur le Ministre en l’assurance de notre parfaite collaboration et notre considération distinguée.

Talha Mahamat Allim
Attaché de presse
Ambassade, Mission permanente du Tchad à Genève.
14, Rue Tronchin
1202 Genève
Tél : +41 22 340 59 20
P : +41 79 765 60 90

Genève, le 22 mai 2009

A

L’attention de son Excellence Monsieur
le Ministre des Relations Extérieures

N’Djamena

République du Tchad

Objet : Dysfonctionnements au sein de l’Ambassade, Mission Permanente du Tchad à Genève

Excellence Monsieur le Ministre,

Par la présente, nous avons l’honneur de porter à votre connaissance certaines pratiques au sein de l’Ambassade, Mission Permanente du Tchad à Genève, qui ne permettent pas de tirer profit des compétences et des talents des agents en place, qui freinent les efforts actuels du Gouvernement tchadien pour redynamiser la diplomatie tchadienne, tout en annihilant l’esprit d’équipe, d’innovation et d’adaptation de l’Ambassade face à l’urgence de la stabilité dans notre pays et à l’évolution du contexte international actuel.

En effet, l’Etat tchadien et ses cadres déploient continuellement des efforts pour le rayonnement du Tchad sur la scène internationale et sa participation substantielle au processus régionaux et internationaux de prise de décisions, afin de tirer le maximum de profits de la coopération bilatérale et de bénéficier davantage de l’expertise technique et scientifique des institutions internationales.

Nous sommes profondément convaincu que dans cette optique, des résultats tangibles peuvent être rapidement réalisés si on obéit au principe de l’intérêt général et que les intérêts du Tchad sont promus et défendus avec conviction, volonté, intégrité, loyauté et excellence. C’est ce que nous nous efforçons de faire quotidiennement dans le cadre de la mission que nous a assignée l’Etat et des orientations tracées par les plus hautes autorités de l’Etat, qui attendent de leurs cadres une implication soutenue pour contribuer aux efforts du Gouvernement dans ses différents chantiers, dans un esprit d’unité et de solidarité, malgré la situation que traverse aujourd’hui notre pays.


Cependant, un véritable problème se pose au sein de notre Mission permanente à Genève : la coordination de l’équipe en place par le Chef de Mission est non seulement incohérente, mais tout simplement défaillante. En tant que citoyen et membre du personnel de cette Mission, c’est pour nous un devoir de le soulever. Nos multiples efforts pour entretenir un travail d’équipe et un fonctionnement efficace de l’Ambassade font face à une gestion personnalisée à tendance privative de l’institution publique par le Chef de Mission. Suite à cette gestion, l’Ambassade a connu depuis la nomination de l’actuel Chef de Mission (en 2005) deux démissions, une mutation, des rappels, une suppression puis un rétablissement d’un poste, etc. selon ses humeurs. A la moindre critique du personnel, le Chef de Mission menace de faire appel à ses réseaux pour un renvoi éventuel de ceux qui osent critiquer (pourtant de façon constructive) sa gestion de la Mission. Aujourd’hui encore nous relevons diverses pratiques qui conduisent aux dysfonctionnements de notre Mission et ne participent pas aux efforts de l’Etat tchadien. Les exemples sont multiples, nous pouvons citer entre autres :

  • le Chef de mission n’encourage pas ceux qui oeuvrent à la promotion de l’investissement au Tchad, avec des projets crédibles. A titre indicatif, en marge du 5 ème « Forum économique sur l’Afrique » (Genève du 3 au 5 juin 2009), une journée « Investir au Tchad » était prévue. Le Chef de mission n’a pas voulu recevoir les organisateurs de cette journée, en les qualifiant de « peu sérieux » au lieu de les écouter d’abord et de se renseigner avant de les juger. Le Tchad perd ainsi non seulement une véritable occasion pour promouvoir les investissements étrangers dans notre pays, mais aussi une occasion ratée pour nos opérateurs économiques qui fournissent des efforts pour renforcer les liens de coopération économique et commerciale avec leurs collègues européens. Notre mission, c’est aussi de soutenir de telles initiatives allant dans le sens du développement national prôné par le Chef de l’Etat et le Gouvernement.
  • les réunions internes qui peuvent permettre de (ré) orienter nos stratégies pour s’adapter à l’évolution du contexte diplomatique et mener à bien la politique étrangère tchadienne, de redynamiser l’action diplomatique, d’entretenir l’élan du personnel et le dialogue interne, d’améliorer le fonctionnement de l’Ambassade…. sont quasi-inexistantes.
  • la concentration des pouvoirs et des ressources matérielles de l’Ambassade par le Chef de mission, ce qui handicape le bon fonctionnement de la Mission.
  • sur le plan financier, c’est le Chef de Mission qui est l’ordonnateur et en même temps comptable alors que le bon sens voudrait qu’en l’absence d’un payeur, un autre membre du personnel diplomatique (en l’occurrence le Conseiller économique ou le Premier Secrétaire) se charge des opérations comptables pour éviter des conséquences fâcheuses sur le fonctionnement de la Mission si les deux activités (ordonnancier et comptable) sont menées par la même personne.
  • mauvaise gestion, voire une gestion « privée », des fonds de la Mission par le Chef de Mission, notamment des fonds destinés récemment à des festivités nationales organisées par l’Ambassade à l’attention de nos compatriotes résidant en Suisse.
  • en ce qui concerne le parc automobile, l’Ambassade dispose de trois (3) véhicules de service. Mais, d’une part, ces véhicules qui devaient en principe être utilisés dans le cadre des activités diplomatiques servent davantage à des activités de type familial du Chef de Mission. D’autre part, le Chef de Mission monopolise ces véhicules de sorte que le reste du personnel est obligé d’utiliser les transports en commun ou d’autres moyens privés pour s’acquitter de leurs tâches diplomatiques extérieures aux locaux de l’Ambassade, alors que l’urgence et la nécessité exigent un déplacement rapide, notamment par au moins les deux autres voitures.
  • le secrétariat était, jusque récemment, assuré par l’épouse du Chef de Mission alors que les textes réglementaires l’interdisent. Après constat de cette situation, le Ministère des Relations Extérieures a pris un arrêté nommant une autre secrétaire se trouvant aux USA en remplacement de l’épouse du Chef de Mission. Mais, cette nouvelle recrue n’a pu prendre ses fonctions qu’après plus d’une année depuis sa nomination, suite aux blocages du Chef de Mission qui ne voulait pas que son épouse perd les privilèges que lui procurait ce poste de secrétariat. C’est grâce aux pressions du personnel de l’Ambassade et de notre récent article (« Quelles réformes pour une diplomatie de développement au Tchad ») que la nouvelle recrue a pu rejoindre son poste et a commencé son travail ce 13 mai 2009.
  • malgré la nomination de cette nouvelle secrétaire, le Chef de Mission s’était autorisé le recrutement d’un agent de saisie (dont la rémunération dépasse les barèmes des diplomates tchadiens) ; ce qui fait que l’Ambassade a deux personnes pour les mêmes tâches de secrétariat alors qu’elle a besoin d’une gestion rationnelle des ressources humaines et financières, et que certains postes manquent de personnel, notamment l’entretien des locaux et un deuxième chauffeur de l’Ambassade, etc.
  • le refus, par le Chef de Mission, d’entrer en matière sur les frais de transfert salarial, les primes d’assurance-maladie et les remboursements de frais médicaux prévus par les textes réglementaires met le personnel de l’Ambassade dans des situations qui rendent pénible l’accomplissement de ses missions. Certains membres du personnel ont reçu les visites des Huissiers suisses dans l’optique de saisir leurs biens du fait du non- paiement des primes d’assurance-maladie et des frais médicaux. Ce qui ternit l’image et la crédibilité du Tchad tout en entamant la dignité de ses représentants diplomatiques.
  • les déplacements du Chef de Mission en dehors de la Suisse sans déléguer de pouvoir à qui de droit comme prévu par les textes ou en informer le reste du personnel de l’Ambassade pour que ce dernier, en cas de nécessité, sache où il est ; il se contente de faire croire qu’il est en Suisse alors qu’il n’y est pas. Le dernier en date est sa récente visite à Paris (France) en disant au personnel et à une délégation officielle de haut niveau (en mission de travail à Genève) qu’il se rendait à Berne (Suisse) suite à une convocation. Cette non transparence et ce manque de confiance au personnel diplomatique créent un mauvais climat au sein de la Mission.
  • Nous n’avons pas un chef de personnel ; la personne qui est censé jouer le rôle ne le joue pas comme si les dysfonctionnements l’arrangeait, alors que cela paralyse la Mission en ce qui concerne certains dossiers, en particulier la gestion des ressources humaines.

Ces quelques problèmes, parmi tant d’autres, se répercutent négativement sur le fonctionnement de notre Ambassade, et empêchent de tirer le maximum de profit de la coopération internationale. Il convient de souligner, entre autres, qu’une offensive diplomatique au niveau de la coopération bilatérale avec la Suisse nous permettrait, par exemple, d’aller au-delà de la coopération classique et de bénéficier des atouts suisses dans certains domaines essentiels pour le développement de notre pays : les domaines de l’énergie solaire, de la santé publique, de l’environnement, de l’enseignement supérieur, technique et professionnel, des assurances et des banques, de l’horlogerie, etc. Nous pouvons aussi, sur le plan multilatéral, bénéficier davantage de l’expertise scientifique et technique des institutions internationales. Ce que ne favorisent pas les dysfonctionnements actuels de notre Ambassade à Genève.

Si, aujourd’hui, l’Ambassade, Mission permanente du Tchad à Genève apporte certaines valeurs ajoutées à notre pays, c’est grâce au dévouement et à un travail ardu au quotidien d’une équipe technique compétente au prix d’énormes sacrifices (familiaux, sociaux, économiques, sanitaires…). Cette équipe peut en faire davantage et obtenir plus d’efficacité et de résultats importants, si ces lacunes disparaissent. Un proverbe africain disait : « la plus belle fille du monde ne peut donner que ce qu’elle a ».


Comme nos récents articles (« Quelles réformes pour une diplomatie de développement au Tchad ? » et « Le Tchad et sa diplomatie : quelles perspectives pour sortir des pièges de la diplomatie classique? »), dont copies ci-jointes, la présente lettre n’a d’autre prétention que la recherche d’un bon et rationnel fonctionnement de notre Ambassade, permettant de redynamiser notre diplomatie au service du développement durable du Tchad.

Dans ce cadre, il serait souhaitable qu’une mission d’évaluation soit envoyée pour faire état de fonctionnement de la Mission Permanente du Tchad à Genève et mettre en évidence les dysfonctionnements en question afin de situer les responsabilités et prendre les mesures qui s’imposent. Une mission d’évaluation qui pourrait à l’occasion s’entretenir avec les membres du personnel. Elle pourrait éventuellement émettre des recommandations dans l’objectif d’améliorer le fonctionnement de la Mission et rétablir la cohésion harmonieuse de l’équipe en place.

Vous remerciant de l’attention que vous porterez à cette lettre qui est d’ailleurs collective, nous vous prions de croire, Excellence Monsieur le Ministre, en l’assurance de notre parfaite collaboration.

Talha Mahamat Allim,
Attaché de Presse,
Ambassade, Mission permanente
du Tchad à Genève


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