Equation complexe

Le syndrome de la page blanche a contaminé nos sites web depuis l’arrêt des hostilités. Certes la guerre fait des victimes par milliers, se déroule d’une manière presque cyclique, mais on arrive quand bien même à la contrôler par des stratégies diverses et d’ailleurs c’est le cas, enfin presque. Mais l’autre phénomène naturel qui fait rage actuellement, celui qu’on redoute tous et qui est sans pitié. Celui qui fait des milliers des morts chaque année, qui fout la trouille à chaque citoyen. Ne devrons-nous pas en parler autant que la politique ?

En effet, la saison de pluie a des effets dévastateurs. Ce problème mérite une attention particulière. On ne peut en rester insensible. En parler est un geste de sensibilité morale, un geste consciencieux. En débattre ne résout pas la situation. Par ailleurs ca permet de prévenir les risques et anticiper peut être les actions à entreprendre. Sauf que le sujet n’intéresse personne alors qu’il fait des milliers de victimes chaque année. Aujourd’hui, presque jamais, chaque personne se prépare par conséquent à l’affronter avec des armes rudimentaires. Triste analyse n’est ce pas ?

Bref le paludisme tue, la faim aussi. A cela s’ajoutent d’autres pathologies qui ruinent la vie des milliers d’enfants, de familles. En temps normal le risque est peut être faible mais pendant la saison des pluies il est maximal voire critique. Et beaucoup de personnes sont vulnérables. La source de ces problèmes est le manque de nourriture pour certains, la malnutrition pour d’autres. Et je note au passage le manque d’eau potable, l’accès aux soins médicaux et je passe. Mais chaque besoin a un coût alors que la plupart de personne ne travaille pas. Pour certains, pas d’emploi donc pas d’argent. Ils se nourrissent vachement mal ou peut être pas du tout. Les soins médicaux, n’en parlons pas. Alors ils sont vulnérables à la faim et aux maladies. D’autres à savoir les salariés n’arrivent pas à joindre les deux bouts à cause des salaires trop bas. Alors que la vie coute extrêmement chère. Les prix des denrées s’envolent. Les restrictions relatives à l’écologie compliquent la donne. La population passive absorbe les soldes de la population active. Difficile de résoudre l’équation budget-dépenses. Trouver l’équilibre, le juste milieu pour éviter l’endettement semble complexe. Impossible dans ce cas d’élaborer un scénario de sortie de crise.

Ainsi donc, traverser cette période, c’est aller à la guerre sans munitions. Alors chaque famille, chaque personne, redoute ces moments difficiles avec l’angoisse et le doute au cœur. Ces moments ressemblent à la zone de turbulence sociale aux violences extrêmes. Chaque parent redoute la peur de voir ses enfants mourir de faim. La peur d’être incapable de subvenir aux besoins de leur progéniture. Manger, boire et se soigner qui constituent les besoins fondamentaux échappent à beaucoup de personnes. L’inflation, le manque d’argent et le vice prennent le dessus. Pas de politique d’aide sociale. On nous parle de la lutte contre la pauvreté mais c’est juste un concept marketing mal interprété. La réalité sur le terrain en est autre. La preuve la misère frappe à la porte de la majorité de la population. Quel paradoxe ? Avant de lutter contre la pauvreté, tentons d’abord d’éradiquer la misère sinon on n’est pas crédible. Encore heureux que la solidarité nous sauve la mise. Mais pour combien de temps encore ? J’ai le cœur noué quand j’y pense. Je suis de ceux là qui vivent ces moments quotidiennement. Que faire ? Enfin quelle solution pour chahar tamané « août ». A chacun son analyse, sa stratégie, sa tactique. A vous tous espoir et courage. Espoir pour un lendemain meilleur. Courage pour arme de défense.

Juste une pensée pour vous. Mais aussi de l’empathie. Rien que de l’empathie.

Piquet DINGAMMADJI
Etudiant (3ème cycle) management des entreprises
Ecole de commerce et de management ISEE Paris
piquetdingammadji@yahoo.fr


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