La comédie burlesque du MPS

Il y a quelques années, le Président Idriss Deby Itno annonçait que : « La Récréation est terminée ». Mais lorsqu’on bénéficie comme Enoch Djondang l’avantage de vivre au Tchad et d’y observer la danse des nouveaux riches, on peut dire sans se tromper dire que ce que le régime dénonce aujourd’hui avec tapage constituait une culture dont les effets véhiculaient la haine et la mort chez beaucoup des fonctionnaires qui supportaient mal l’opacité que protégeait le système depuis 20 ans. Aujourd’hui, les mèches des explosions sont plus longues et bien visibles pour des hommes qui n’avaient gardé des six sens que l’être humain possède que le toucher.

La subite volonté d’Idriss Deby de donner des gages à l’opinion publique qu’au Tchad qu’on peut aller en croisade contre les criminels économiques quand bien appréciable, replace le MPS dans sa propre culture.

Le MPS est le seul régime que le Tchad ait connu ou la compétition hégémonique entre élites politiques atomise la solidarité gouvernementale, affecte la neutralité et l’objectivité de la conduite des affaires publiques et, où un appétit démesuré pour une richesse extrême hante les militants a tous les niveaux.

Comment comprendre qu’aujourd’hui les tchadiens meurent plus de crise cardiaque et de tension qu’il y a 20 ans ? La réponse se trouve certainement dans le coup de gueule du Général Routouang Yoma Golam quand il a vu un jeune fonctionnaire de la direction des impôts faire sortir du sous sol en un temps record, au pieds de sa maison à Moursal une impressionnante maison qu’on ne pourrait jamais construire avec un salaire tchadien.

N’eut été sa force de méditation, l’homme qui avait passé toute sa vie à servir l’Etat se trouverait aussi de l’autre côté du monde comme beaucoup d’hommes de sa génération.
La déliquescence du régime MPS a contribué à la désintégration sociale, la déculturation chronique, et la tentation à l’exil de beaucoup de tchadiens qui ont fini par développer une haine pour leur propre pays.
Il ne se passe pas un mois sans qu’un fonctionnaire honnête ne meure de suite d’un arrêt cardiaque alors que cette maladie au pire du contexte politique Tchadien (1979-1984) n’était pas une actualité.
Bien que l’opération que mène le ministère de la moralité soit ardemment revendiquée et attendue par l’opinion publique ; elle constitue une arme politique redoutable à la disposition du Président Idriss Deby. Aussi, faudrait elle qu’elle soit seulement un élément de séduction surtout que l’on sait que Idriss Deby lui-même a contribué à crée ce goulot d’étranglement. N’avions nous pas appris que le Président Idriss lui-même a donné (tenez vous bien) à titre personnel un don de 10 milliards de franc Cfa à la mairie de Ndjamena ? Ou a-t-il trouvé lui-même une telle somme d’argent surtout qu’on sait combien gagne un Président Africain ? Pour donner 10 milliards en don, il faut avoir plus que ça.

Faut-il juste limiter la lutte contre ce mal à des effets de spectacle comme l’arrestation de quelques personnalités de premier plan ? Encore faut-il qu’une simple présomption établisse les complicités sans que la justice ait fait son travail ?

Il semble assez étonnant qu’un ministère trouve les coupables avant qu’on ne se mette à chercher les preuves si ce n’est dans un Tchad sous le régime du MPS.

Si le Président Idriss Deby Itno veut combattre la corruption, il n’a pas besoin de créer un ministère surtout que les preuves de détournements sont palpables dans tous les recoins de la capitale. Les éléments non dissimulés existent, agacent et envoient des chefs de famille à la mort subite.

Alors que les soupçons de corruption commencent à peser sur le Secrétaire Général de la présidence, Dr. Jacques Haroun Kabadi, certains parlementaires doutent de l’efficacité de cette campagne et affirment que le brutal coup de sabre d’Idriss Deby à son condisciple Haroun Kabadi semble être une stratégie d’élimination d’un ami qui s’accommode au pouvoir. Comment comprendre l’anticipation avec laquelle Haroun a été démis de ses fonctions et remplacé par un autre homme politique peu propre ? Pourrait aussi

Le Président Idriss Deby Itno pourrait gagner une telle bataille s’il démantelait lui-même les collusions entre sa famille politique, sa famille consanguine et la Justice tchadienne.

Le meilleur système de lutte contre la corruption n’est il celui d’avoir une justice forte et indépendante. Mais lorsque quelqu’un a déjà pris l’argent de l’Etat dans une telle proportion, sa répression devient difficile. Avec l’argent, il procèdera à d’autres corruptions dans le système et échappera à la justice, souvent aussi complice.

Il est difficile de lutter contre un système vieux de 20 ans et encouragé par le régime en place par des moyens isolés et sporadiques. Ce système ne peut se combattre résolument que si la société civile, l’opposition politique et le régime MPS acceptent de se compléter pour travailler ensemble.

Le fait est que les parents d’Idriss Deby, dont la corruption est pourtant de notoriété publique n’ont jamais été inquiétés des actes frauduleux qu’ils posent chaque jour dans les secteurs de la finance, des banques, des marchés publics, de l’immobilier, du secteur de la construction et de l’automobile etc.…, Il est inutile de prendre des larcins pour les jubiler alors que des vrais voleurs dansent à côté.

Aussi, le moment n’est-il arrivé pour que les tchadiens qui partagent la même vision se donnent la main pour opérer un changement de système politique pour le bonheur de tous les tchadiens.

Dr. Ngoussou Felix



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