Les maisons closes made in China de N’djaména

La capitale tchadienne est en passe de devenir un véritable paradis pour les maisons closes gérées par des patronnes chinoises qui sont elles mêmes de pro en la matière et qui, en général, débarquent sans un sou, par la suite s’enrichissent sur place avant de devenir elles mêmes « actionnaires ». Ces maisons de prostitutions sont bien entendu déguisées en restaurant, restaurant-bars, salons de massages… la législation tchadienne n’autorisant pas la « profession ».

Les patronnes des lieux font venir leurs employées, des jeunes filles et des jeunes femmes désœuvrées, de la Chine pour un salaire de misère ou parfois sans salaire et « travaillent « sous l’intimidation de « l’employeur ». Ces « employées » ne sont jamais déclarées ni aux services de l’immigration qui ignorent de leurs activités, ni au fisc ou à la CNPS. Seuls certains responsables de ces services détiennent la version erronée des états des lieux révélés par les patronnes qui sont par ailleurs leurs « clientes » : « Il n’y a que des nationaux qui travaillent chez nous ».

Oui, ce vrai qu’elles emploient des nationaux, mais à quel prix ! Ces employés travaillant comme des bêtes de somme et ne bénéficient d’aucun contrat de travail. Le salaire est dérisoire. Ils ne sont pas enregistrés au CNPS. Ils risquent d’être renvoyés à tout moment sans aucun préavis ni une quelconque indemnité. Les horaires de travail sont illimités. Hélas ! C’est le prix à payer pour obtenir un maigre emploi dans un pays désormais pétrolier comme le notre!

Les agents des services de l’immigration, des impôts ou de la commune qui effectuent de contrôles de routine se heurtent souvent aux armes qu’ils redoutent le plus, La carte de visite de leur patron qui a déjà passé par là et qui par ailleurs a bénéficié des « services » de ces « restaurant- masseurs » en échange de protection contre les agents « indélicats » ? Peut- être oui. Quiconque des agents voulant s’adonner à un quelconque contrôle se verrait sermonner par son chef et doit immédiatement se plier aux injonctions du chef, c’est-à-dire, « laisser nos investisseurs tranquilles » !

A en croire certaines personnes, les chefs ont aussi leur raison ou plutôt leurs alibi (pourvu que cela leur arrange) pour justifier leur comportement : « on ne doit pas léser la Chine, surtout au plus fort de la coopération Tchad-chine. Pourtant l’Ambassade ne cautionne pas un tel comportement de ses compatriotes livrées à la prostitution dans un pays etranger. La Chine est connue des tchadiens comme étant un pays de travailleurs dignes et qui ont fait un véritable exploit dans le développement économique et sociale et qu’ils veulent bien voir importer chez nous. C’est en là que les tchadiens apprécient la Chine et non qu’en pays pourvoyeurs des prostitués sexuelles de luxes !

Comment les patronnes réussissent-elles, comme elles ont l’habitude de faire, à renvoyer chez elles leurs employées expatriées en situation illégale, une fois que celles-ci se rendraient compte de leur condition d’exploitées sexuelles et qu’elles refusent de continuer de l’être ? C’est très simple. Il suffira d’un coup de fil du responsable des services d’immigration à l’agent en poste à l’aéroport et le tour est joué. L’agent en question, constatant l’irrégularité de séjour des ces interlocuteurs, en échange de les laisser partir sans histoires, n’aurait qu’à réclamer sa part du gâteau.

Une autre question posée, non des moindres, est celle des conditions dans laquelle l’Ambassade du Tchad en Chine délivre les visas de travail avec une légèreté déconcertante. Visiblement les conditions les plus élémentaires, comme qualification (diplôme ou autre certificat) à un travail ne sont pas exigées!

Voilà une situation qui n’honore ni le Tchad ni la Chine et qui ternis l’image de deux pays liés par une coopération qui se veut saine, fructueuse, honorable et prospère.

Haky guilao,
Ndjamena Tchad.


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