Recensement électoral : l’échec et le paradoxe

Le recensement électoral en cours au Tchad, quoi qu’on dise est un échec total et patent pour Déby et son Gouvernement. La population Tchadienne est plus que jamais démotivée et n’accorde aucun crédit à ce simulacre de recensement.

Le Président Déby est trainé dans ce pétrin par son entourage, ceux au nom d’une expérience à la matière (tripatouillage électoral) ont promis au Chef sa réélection dans la douceur. Deby, versatile qu’il est, a mis hors jeu ses fidèles lieutenants et s’entourer des nouvelles têtes pour le besoin de la cause. Le hic est là, ceux à qui on a confié cette mission se sont vite cassés le nez, la population ne les écoute pas. Le Président ne doit s’attendre à un miracle, avec cette bande de parasites, qui n’ont d’ailleurs aucune assise politique.

Les causes de cet échec :

1- Ceux qui ont validé au nom du MPS l’accord politique du 13 août 2007

En signant cet accord, Deby a été embarqué dans un bateau dont il ignore la destination par son BPN, nous craignons le chavirement avant d’en arriver au point nommé. Cet accord tant accepté par l’ensemble de la classe politique est une corde mis au coup du Président, pour ceux qui ont eu la possibilité de le lire, ils se rendent à l’évidence, il n ya plus de place au bourrage des urnes ni à la falsification des listes. Tenez la composition de la CENI est paritaire, un fichier électoral informatisé sera établi, pour le recensement électoral on ne délivre pour l’instant qu’une quittance que l’électeur doit jalousement garder afin d’obtenir sa carte au moment opportun, après l’obtention de la carte, l’électeur doit se présenté devant le bureau où il a été inscrit pour vérifier son nom sur la liste électoral, les résultats de vote seront affichés devant chaque bureau de vote, la population avec ses multiples problèmes et son niveau intellectuel ne se reconnait pas dans ce farce de processus électoral.

2- La CENI

Cette CENI a raté sa mission, elle est responsable de ce manque d’engouement, nous savons pour le recensement électoral, il y a deux phases pour lesquelles le gouvernement a mis tous les moyens nécessaires pour sa réussite : la première est celle de la sensibilisation, aucune sensibilisation d’envergure n’a été faite, la CENI a commencé à lancer des campagnes de sensibilisations en même temps que le lancement des opérations de recensement. Drôles d’approches, au lieu d’impliquer les chefs traditionnels, certains membres de la CENI ont envoyé leurs neveux et autres désœuvrés déconnectés des réalités du terrain pour sensibiliser, bénéficiant d’un émolument hors pairs (20 000F CFA par jour par personne, ce qui équivaut au salaire mensuel d’un Chef de canton, ce n’est pas tout, on leur à louer des véhicules et avec une caisse occulte dite d’avance). Drôles d’intellectuels, comment peut on imaginer un seul instant que des cadres jouissant de leurs facultés morales puissent prévoir des traitements aussi inhumains (100 000F CFA pour un agent recenseur pendant 50jours, 25 000F CFA pour un assesseur soit 500F CFA par jour). Ce qui fait mal, le Président de la CENI Ngarmadjal Ngami après sa tournée au sud du pays, au lieu de fermer sa gueule, face à la presse regrette ce traitement et parle des erreurs commises par la CENI et d’une sous estimation, nous sommes persuadés que le 25 000F CFA prévus pour les assesseurs ne pourront même pas payer 3 sacs de ciment pour la ferme de Mr Ngarmadjal à Bakara qui est entrain d’être construit.

Ce qui est banal, il n y a plus des registres au niveau de la CENI pour le recensement, dans certaines zones, les responsables régionales de la CENI ont demandé des registres supplémentaires, mais on leur a fait comprendre que y a plus de registres. Ces myopes intellectuels ont encore sous estimé les choses, ils se sont basés sur les résultats du recensement général de la population et de l’habitat pour faire leurs estimations. Hélàs, la réalité vient de mettre en nu les données issues du RGPH2 dont déjà beaucoup de nos compatriotes doutaient la fiabilité. Mr Bandoumal Ouagadjo qui a présidé le RGPH2 et se trouvant actuellement au Bureau Permanent des Elections doit rendre son tablier. Dans l’histoire du Tchad, il n y a jamais eu une CENI aussi médiocre.

3- Le Gouvernement

Emmanuel Nadingar qui a passé 15 ans à l’Université, pour n’obtenir qu’un simple BTS(il a eu son bac en 1973 et son BTS en 1988 à Brazaville) ne peut en aucun cas conduire une mission gouvernementale. Il passe tout son temps à déambuler dans tous les bureaux, les problèmes de l’Administration Tchadienne sont connus de tous à moins qu’il ait des lunettes astronomiques pour découvrir d’autres maux. Ce Gouvernement constitué pour le processus électoral semble frôler le fiasco, c’est le gouvernement le plus nul que le tchad ait connu. Comment peut-on confier cette mission à des individus qui n’ont aucune expérience politique, des néophytes qui craignent leurs propres ombres. 7 de 9 femmes au Gouvernement, ce sont des femmes libres, qui n’ont pas de maris, alors que la responsabilité doit commencer au foyer, Mariam Attahir vient de congédier son mari. Nadingar pour cacher les faiblesses de son Gouvernement faces au recensement a fait un déplacement avec 17 de ses ministres à l’est pour sensibiliser la population, ce qui fait sourire un observateur averti, certain de ses ministres sont méconnus dans leurs fief par leurs propres parents, et certains ne connaissent même pas leur région, c’est le cas de Moussa Faki et de Mahadié Outhman Issa qui se réclament tantôt de Wadi Fira, tantôt du Ouaddaï, arrivée à Arada, la population a clairement dit au PM que le recensement ne constitue pas leur souci, ils ne demande que de l’eau à boire et de quoi à manger. Le PM, humilié au retour à Abéché a mis de côté le recensement, pour se contenter à rendre des visites aux malades à l’hôpital d’Abéché. Cette mission qui a coûtée plus d’un milliard à l’Etat et mobilisé plus de 200 personnes n’a donné aucun résultat.

4- Le Bureau Politique National du MPS

Ce bureau dirigé par Nagoum est le plus mal composé, il ne pourra pas mener le parti aux élections, la nomenclature de ceux qui le compose est d’autant plus révélateur que beaucoup d’entre eux n’ont jamais appartenu à des structures de base du parti. Ils n’ont pas une lecture méticuleuse de la vie politique et ils ne sont populaires que dans leurs concessions. En terme de mobilisation le BPN a échoué, ils n’ont pu mobilisé aucun militant. Tout le monde a vu à lma télévion que lors de la meeting organisée à Abéché par WAWA DAHAB, à la tribune il n’y a que le 5 membres de la délégation et 6 enfants de la rue, même les membres du Bureau régional se sont inscrits aux abonnés absents et ce sont les mêmes effets qui se sont produits à Biltine, Mongo, Ati…., Wawa Dahab croyant accompli sa mission, a été sommé de repartir à Abéché pour mobiliser qui on ne sait, lui qui n’a ni frère, ni parent. Alberto était astreint de remettre 800 000 000F CFA au BPN pour mobiliser la population pour les opérations du recensement, Chaque région a eu 32millions, hormis celles du grand BET qui ont eu 50millions. Les membres du BPN en mal de conditions sociales se sont faits la part belle, chacun d’entre nous a suivi les agissements de Nagoum prenant des actes pour suspendre certains membres : Mahamat Senoussi Khatir, Hassan Saline… Comment peut-on confier la Direction du parti au seuil des élections à des individus en mal de popularité.
Déby pour se retirer de l’affaire, il ne lui reste que deux cartes à jouer : 1- la méthode de Laurent Gbagbo, sachant dans les conditions actuelles, il ne pourra pas gagner, il va falloir créer des scénarios comme Gbagbo pour rester au pouvoir (la dissolution des gouvernements et des CENI…). 2- revoir la composition de son gouvernement et du BPN : il faut des hommes et des femmes qui ont des étroites relations avec leur base. En voulant mettre de côtés ses vrais compagnons, Déby excave sa propre tombe. L’opération du recensement a échoué, le paradoxe en est qu’on a jamais mobilisé autant des ressources.

Tchadiens Sokos
Email : hananatchad@yahoo.fr


Commentaires sur facebook