Une petite lettre à Jacqueline, Reed, Clement… et à toutes les bonnes consciences

Il y a de cela quelques années du temps de la Conférence Nationale, de l’effervescence démocratique et des débats tous azimuts, Monsieur Yorongar Ngarledji, sortait un journal dénommé « La Roue ». A la lune de cette missive, était dessinée une carte du Tchad divisée en 14 préfectures et dans chaque préfecture trônaient un ou plusieurs cercueils, excepté le BET et le Biltine, le tout avec comme titre : « victimes politiques de 1960 à nos jours ».

Un dessin vaut mieux que mille mots. A travers cela, Yorongar voulait laisser croire que le BET et le Biltine n’ont jamais connu de ressortissants qui soient tombés du fait des dictatures successives que le Tchad a enduré de l’indépendance à nos jours.

Je garde l’intime conviction, comme beaucoup d’autres d’ailleurs et j’ose croire, comme tout le monde que Habré a commis des crimes directement et /ou indirectement, les exemples sont légions. Mais je garde aussi l’intime conviction que Tombolbaye aussi a tué (A l’exemple non-exhaustif de Jean Baptiste et de Sougui Dangaye Nokour, deporté de Libreville et tué à N’Djaména, ses compagnons de capture auront la vie lors du coup d’Etat, et même Outel Bono..). Faille t-il parler de Malloum, le boucher d’Abéché, lui qui organisa la nuit des coupe-coupe… Et plus prés de nous, Déby avec la caravane de la mort qui déporta des Tchadiens de Maiduguru à Iriba, et que dire de Behidi, de Digui et même d’Ibni.

Mais, les uns et les autres, Jacqueline et ses amis, ne parlent, et cela fait plus de 10 ans que, du cas Habré. C’est tout à fait à leur honneur. On aimerait seulement les entendre même un seul jour, avoir une pensée pieuse pour toutes les autres victimes, celles de Habré, bien sûr, mais aussi celles de Tombolbaye, Malloum et Déby. Celles-ci n’ont pas choisi leurs bourreaux. Elles auraient été liquidées par la DDS qu’elles seraient devenues les chouchous de Jacqueline, Reed et consorts…

Tout ce brouhaha ne cache t-il pas d’autres desseins, s’agit il seulement de rendre justice à ceux qui ont connu l’injustice.

La solution à nos mots ne seraient elles pas une Commission Vérité et Réconciliation ? Sauf, que là aussi, ils nous manquent la lucidité des enfants de Mandela et de Desmond Tutu. Là-bas, ils connurent des injustices mais furent preuve « d’Ubuntu », je prie que les tchadiennes et tchadiens puissent se reconstruire et s’aimer et bâtir ce pays que nous avons en commun et je prie qu’un de ces 4 matins, Jacqueline, Reed et Clement puissent avoir une pensée et une opinion pieuses pour toutes les victimes de tous les régimes, avec désintérêt et sans sectarisme.

Et je ne désespère pas…

Kalian Bir-kora –Wan
kalinbirkorawan@yahoo.fr


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