Discours du Secrétaire Général du Parti à l’occasion de l’ouverture du 2ème Congrès 2,3 et 4novembre 2007.

N’Djaména, le 02 novembre 2007

Messieurs les Présidents et Secrétaires Généraux des Partis politiques,
Messieurs les Présidents des Associations de la Société civile,
Honorables invités,
Camarades militantes et militants,
Chers sympathisants,

Pour commencer permettez-moi d’adresser au nom du Comité exécutif de notre Parti et à mon nom propre, les remerciements les plus chaleureux à tous les militants et militantes de N’Djamena et de l’intérieur du Pays, pour ce qu’ils ont accompli pour leur pays pendant les moments difficiles et ce, en bravant les menaces et intimidations de toutes sortes.

Parmi ces camarades, certains ne sont plus avec nous et je voudrais vous demander d’observer une minute de silence en leur mémoire.

Il y a près de trois ans devait se tenir dans cette même salle ce Congrès, empêché en son temps, aujourd’hui on comprend mieux les motivations des auteurs de cette opération. Le Comité exécutif a persévéré et a réussi en fin de compte à convoquer le présent Congrès.

Ce Congrès se tient dans un contexte mondial dominé presque totalement par l’économie de marché ainsi que la persistance des inégalités et des injustices dans les rapports entre les nations et à l’intérieur même des nations (l’exemple du coton devrait nous édifier). Les avancées démocratiques et le renforcement des droits de l’homme enregistrés dans beaucoup de pays ne doivent pas masquer cette triste réalité.

Sur un tout autre plan, l’Afrique est redevenue le cadre d’un enjeu géostratégique mettant aux prises les puissants de ce monde. Premier réservoir des matières premières, la lutte pour leur accaparation est devenue intense avec la venue des pays comme la Chine, l’Inde ou la Brésil. Il est temps que les Africains instruits par les douloureuses expériences mènent une réflexion profonde sur leur devenir, le marché intégral- avec « sa main invisible »- n’est sans doute pas le moyen le plus adéquat pour sortir de l’ornière.

Notre Congrès qui se tient ce jour dans un contexte politique interne particulièrement complexe devrait nous permettre de jeter les bases de la consolidation du Parti après les soubresauts – j’allais dire assauts- qu’il a subi.

Nous sommes convaincus que ce 2ème Congrès organisé dans un tel contexte permettra à notre base de se maintenir en éveil et de se mobiliser pour le combat combien noble, celui de restaurer la démocratie dans notre pays. Seule cette grande mobilisation de notre base militante et partant de l’ensemble de notre peuple mènera irréversiblement notre parti, le PLD, vers des avancées significatives dans le sens de ses objectifs. Nous devons par conséquent raffermir nos positions sur l’échiquier politique national.

Ce raffermissement est nécessaire pour engager d’autres batailles comme celle des présidentielles de mai 2001, car cet engagement a constitué à notre avis le point le plus décisif qu’a connu notre Parti. Il lui a permis de se démarquer définitivement des errements du régime de DEBY et de se positionner comme l’une des principales forces politiques de notre Pays pouvant donner espoir à notre peuple pour un changement politique véritable.

Nous avons en effet à cette occasion pris date et engagé notre parti dans la voie du changement par la lutte démocratique. Notre participation aux élections présidentielles du 20 mai 2001 a constitué en effet l’événement majeur de cette élection. Nos adversaires ne s’y sont pas trompés, car comme vous avez eu à le constater et à le vivre dans votre chair, nous avons été la cible principale du MPS et de son président lors de cette élection. La vraie nature du pouvoir qui nous gouverne est alors apparue au grand jour : une dictature implacable qui veut se perpétuer au pouvoir par tous les moyens et principalement par la force des armes.

Camarades Militantes et Militants
Chers invités ;

Ce sont des gens réfractaires à la démocratie que nous avons en face de nous ! « Les blancs nous imposent la démocratie » et cela est intolérable. cette dimension n’a pas disparu des discours officiels. Bien sur, ils ne l’avancent pas devant les ministres venus d’Europe ou d’Amérique car cela ferait mauvais effet pour demander de l’argent. Mais quand ils se trouvent entre eux, ils n’en démordent pas, c’est : « le Blanc nous impose la démocratie ». Les régimes de type parti-Etat sont porteurs d’une fausse démocratie. Ils sont contraints d’avoir une apparence démocratique avec des institutions et ronronnent « la démocratie, chacun à son rythme » ou bien »démocratie à l’africaine »…

Il n’y pas de démocratie colorée ! On est démocrate ou on ne l’est pas.

Ils voudraient bien balayés d’un revers de la main les conquêtes des luttes populaires. Ces conquêtes, ces acquis indestructibles, ce sont les libertés : la liberté d’organisation et la liberté d’expression dont l’exploitation judicieuse a permis à notre peuple de tenir et de saper, à sa base, le système perfide du MPS et de M. Deby.

La conservation de ces acquis ne s’est pas faite sans difficulté, loin s’en faut. C’est le lieu de saluer les journalistes de la presse privée qui, en dépit des harcèlements, menaces, sévices et emprisonnements arbitraires, n’ont de cesse stigmatisé les dérives autocratiques du régime.

Les autres acteurs de la vie publique n’ont pas été du reste. Les partis politiques à l’instar du PLD ont dû faire face à toutes sortes de menées déstabilisatrices : débauchage des militants, intimidations, privation des droits, injures, etc.… étaient le sort à eux réservé. Les associations de défense des droits de l’homme et les syndicats ont eu leurs parts d’injures et de persécutions.

La tenue de la Conférence Nationale Souveraine est ainsi la résultante de multiples et incessantes pressions. Elle a constitué un nième espoir d’en finir avec la confiscation du pouvoir par des moyens non démocratiques. Elle se voulait également le rendez-vous de la réconciliation nationale et celui du redressement national.

C’était sans compter avec la ténacité maléfique de Monsieur Deby et son manque total de vision patriotique.

Mois après mois, années après années, les orientations définies furent vidées de leurs substances. Tout fut mis en œuvre pour instaurer un régime de type Parti-Etat ; tout fut entrepris pour instrumentaliser toutes les institutions de l’Etat.

Usant à la fois de la tromperie, des manipulations, de la corruption, M.Deby développa une stratégie de main mise absolue sur les organisations politiques et de masse. Il afficha une nette volonté de neutraliser tous ceux qui peuvent oser avoir des avis sur la gestion du pays. Le choix était fait de s’incruster au pouvoir, vaille que vaille ; question de vie ou de mort.
Finies les apparences démocratiques et d’ouverture.

Ainsi, le pays s’est installé dans une crise aiguë et multidimensionnelle :

  • La mauvaise gouvernance endémique se traduit par l’incapacité du pouvoir à assurer la sécurité des personnes et des biens ; les braquages en ville, dans les campagnes et sur les routes ; la prolifération des groupes armés ; les rackets de l’Administration civile et des forces dites de sécurité ; la gestion calamiteuse de l’économie et des finances publiques ; le tout couronné par une appropriation exclusive des richesses par une minorité suivant des réseaux mafieux, et des détournements systématiques faisant du Tchad le pays le plus corrompu du monde. Comment expliquer autrement le drame des 103 enfants que vient de vivre l’est de notre pays ? Deby semble ignorer que quand on gouverne, on est responsable de ce qu’on a fait mais aussi de ce qu’on n’a pas fait et c’est en particulier le cas avec la non-assistance à personne en danger !
  • Au niveau de l’Administration territoriale, s’est développée une anarchie totale, un découpage basé sur des préoccupations politiciennes et électoralistes, des chefs de circonscription non compétents et franchement partisans ayant des rapports tendus et hostiles avec les populations.
  • L’Administration publique et les services sociaux de base, en proie à des dysfonctionnements pernicieux, du fait des recrutements et nominations partisans sur fond de clientélisme.
  • Sur le plan de la pratique démocratique, la politique de Deby se caractérise par l’instrumentalisation et l’avilissement du parti au pouvoir, des efforts effrénés pour déstabiliser les partis de l’opposition démocratique, de la création et du soutien des partis politiques fantoches.

Cette crise et ces déficits structurels, sous-tendus par la logique crapuleuse de la course effrénée à l’enrichissement rapide, au niveau individuel et clanique, ont engendré des incertitudes sur les plans politique et institutionnel, avec les facteurs aggravants et accélérateurs que sont :

  • Le coup de force du 16 mai 2004 et les répercussions et les convulsions qui en ont découlé,
  • les désertions au sein de l’Armée et les offensives répétées des groupes politico-militaires,
  • les désillusions de la population, la démystification des tenants du pouvoir, le discrédit de l’action politique, du pouvoir et de l’Etat,
  • La lassitude de la communauté internationale.

C’est donc la rupture par rapport à la classe politique la plus représentative et l’isolement par rapport à des pans entiers du MPS originel et du « Clan ».

Au niveau de la sous-région, le Président Idriss Deby a réussi la prouesse de transformer la sympathie dont il jouissait de la part de ses pairs en circonspection, voire en animosité.

Le coup d’Etat perpétré en République Centrafricaine, les ingérences dans la crise soudanaise, le soutien diplomatique et militaire apporté aux rebelles du Darfour, le blocage de la signature par ces rebelles de l’accord de paix d’Abuja. Le Tchad comme tout le monde a eu à le constater est devenu un acteur majeur de la crise du Darfour, partie prenante du conflit avec les Toroboros qui faisaient la loi dans tout l’est du pays. Cette situation a mené à des tensions intercommunautaires qui sont loin de s’apaiser.

Le Président Deby dont la seule obsession est la conservation du fauteuil présidentiel sans se soucier des indicateurs économiques, sociaux et politiques, convaincu du rejet total dont il est l’objet de la part de toutes les couches de la population, n’était manifestement pas en mesure de s’engager dans la voie de solution des crises nées de sa gestion calamiteuse ; surtout après les désertions massives au sein de l’armée nationale et la défection de la quasi-totalité des cadres du pré-carré.

Considérant que toute transparence, aussi bien dans le domaine économique que dans le domaine politique, est synonyme d’éloignement du pouvoir et un rapprochement de la galère, pour ne pas dire plus, la politique de la fuite en avant et du passage en force, était fermement maintenue envers et contre tous. Dès lors, il n’était plus surprenant que :

  • le référendum du 06 juin 2005 et le scrutin présidentiel du 03 mai 2006 soient boudés par tous les partis politiques un tant soit peu soucieux de la situation du pays et de son devenir, et par la quasi-totalité des populations, sur toute l’étendue du territoire ;
  • et les désertions des unités entières de l’Armée s’intensifient, renforçant la contestation armée du pouvoir.

Ce qui devait arriver arriva, le pays s’est installé dans la guerre ! Une guerre qui en 2006 a atteint le cœur de la capitale, mais la leçon n’est pas tirée, refus de prendre à bras le corps la question de la paix en recherchant plutôt des ralliements, torpillage des médiations sérieuses, refus de prendre en compte les rapports de l’Union Africaine et de l’ONU.

Mesdames, Messieurs,
Camarades,

Face à cette situation et conformément aux résolutions de notre dernier Congrès, le PLD s’est résolument engagé dans la recherche d’une unité d’action avec les autres acteurs de la vie publique.

Au niveau de la société civile dans la recherche de la paix et au niveau des partis politiques pour une lutte commune. C’est ce qui explique notre engagement au niveau de la CAD (Convention pour une Alternance Démocratique) en 2003 et de la CPDC (Coordination des Partis politiques pour la Défense de la Constitution en 2004. Il est vrai que le pays avait besoin d’un large front pour faire face à la modification de la Constitution de 1996. Cette manœuvre qui a rompu le consensus national issu de la Conférence Nationale Souveraine (CNS) peut-être considérée comme le point de départ de l’accélération de la crise qui perdure.

Les difficultés étaient énormes, la CPDC a néanmoins réussi à contraindre le régime Deby à dialoguer et a pu arracher, grâce aussi à l’appui des partenaires, l’accord du 13 août 2007 (souvenez vous les chiens aboient, la caravane passe…). Cet accord, mis en œuvre, constituerait une avancée significative dans la lutte que nous menons pour des élections transparentes et démocratiques. Il permettra une alternance au Tchad. L’hypothèque à lever étant l’état de guerre persistant.

L’unité d’action de l’opposition démocratique est une nécessité absolue pour la poursuite de la lutte afin d’amener le pouvoir à tenir ses engagements. Nous devons également être prêt pour toute opportunité tant les problèmes que nous connaissons exigent un consensus large pour les surmonter.

Aujourd’hui comme hier le PLD estime que la recherche d’une paix juste est la condition sine qua non d’un retour à la stabilité et à toute entreprise de développement. Tous ces accords signés par ci par là ne peuvent résoudre la crise si tous, nous ne nous retrouvons pas pour une harmonisation de l’ensemble, car seul un consensus fort peut nous permettre de jeter les bases de la paix véritable. Telle est la vision du PLD si l’on veut sortir de la profonde crise économique, sociale, politique et militaire, sur fond de crise de légitimité, que traverse notre pays.

Dans cette perspective, le PLD, avec les patriotes sincères de notre Pays est une fois de plus prêt à constituer un pôle pour une opposition démocratique dans notre pays.

Tous ces éléments nous donnent la certitude que le processus démocratique conquis de haute lutte par notre peuple demeure fragile, d’où la nécessité d’aiguiser notre vigilance, car la démocratie, comme toute chose, est une conquête de tous les instants. Notre parti a le devoir de poursuivre le combat aussi bien pour le maintien des acquis que pour le renforcement et l’élargissement de la démocratie.

Pour remporter le maximum de succès, il doit avoir une bonne intelligence de la situation internationale, de la situation nationale, de ses forces et de ses faiblesses.

Camarades militantes et militants ;
Chers sympathisants ;

Ce Congrès est donc une occasion pour approfondir les questions qui intéressent au plus haut point le peuple tchadien. Ainsi donc, nous serons amenés pendant ces quelques jours à :

  • approfondir notre analyse de la situation tant nationale qu’internationale,
  • faire le bilan du Parti,
  • dégager les valeurs fondamentales de progrès et d’espoir afin que le PLD continue de rester une force de changement.

Pour transformer et créer l’espoir, notre Parti doit accomplir certaines transformations, nous nous devons donc, à partir des leçons dictées par l’expérience, de réviser nos textes.

Permettez moi de remercier les partis frères et amis qui ont bien voulu, à travers leurs représentants, rehausser par leur présence l’éclat de la présente cérémonie.

En remerciant l’ensemble des structures du Parti, l’ensemble des militantes et militants pour leur abnégation et le soutien sans faille apporté au Parti, je déclare ouverts les travaux du 2ème Congrès du PLD.

Vive le PLD pour que vive le Tchad dans une Afrique unie et prospère

ALLOCUTION DU PRESIDENT DU COMITE D’ORGANISATION DU DEUXIEME CONGRES DU PARTI POUR LES LIBERTES ET LE DEVELOPPEMENT

DU 2 au 4 novembre 2007 AU PALAIS DU 15 JANVIER.

  • Monsieur le Secrétaire Général du Parti pour les Libertés et le Développement ;
  • Messieurs les Présidents et Secrétaires Généraux des Partis Politiques,
  • Messieurs les Présidents et Secrétaires Généraux des Syndicats et Associations de la Société Civile,
  • Chers militants et militantes du Parti pour les Libertés et le Développement,
  • Mesdames et Messieurs les Sympathisants du PLD,
  • Chers invités.

Le Comité d’organisation du deuxième congrès du Parti pour les libertés et le Développement (PLD), par ma voie, vous souhaite la bienvenue à ces assises et vous remercie très vivement pour votre présence dans cette salle.

Mesdames et Messieurs !
Le deuxième Congrès du PLD qui se tient aujourd’hui devait avoir lieu du 14 au 17 mai 2004 dans cette même salle. Mais pour des raisons inavouées, il n’a  pu se tenir à cette date. Il a fallu trois années  plus tard pour  qu’il se  tienne.

La tenue de notre congrès ce jour-ci est la preuve que le PLD respire correctement et que ses militants sont rompus à son idéologie résumée par sa devise : « Travailler Pour la Justice ».

C’est aussi la preuve qu’il existe des Tchadiens conscients des enjeux Politiques et Economiques que vit leur pays et pour lesquels seuls les Tchadiens eux-mêmes, dans la compréhension mutuelle, par le travail et par la justice, peuvent trouver des remèdes.

Aussi, pour renforcer notre militantisme et notre détermination pour l’aboutissement de notre lutte, le Comité Exécutif et le Conseil Politique National ont-ils décidé que le thème central du deuxième congrès soit : « PLD : Mobilisation Citoyenne Pour un Changement Démocratique ».

Tel sera l’axe majeur de notre réflexion pendant ces trois jours de travail.

Pour finir, je voudrais remercier tous ceux et toutes celles qui ont contribuer à l’organisation de ce 2ème Congrès.
Je souhaite à toutes et à tous bon travail.

Je vous remercie


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