Transcrit de l’interview de Yorongar Ngarléji par Tchadactuel

Yorongar NgarlejiLa ministre française déléguée à la Coopération, Brigitte Girardin, a rencontré vendredi 16 juin durant plus d’une heure “les partis crédibles“ de l’opposition tchadienne. Ngarléji Yorongar n’a pas été invité à cette rencontre.

Le président du FAR, un des “partis crédibles“ de l’opposition, Yorongar Ngarléji avait accordé une interview à RFI.

Rfi : Ainsi va le Tchad. Le régime du président Idriss Deby et la crise qu’il traverse, Ngarléji Yorongar est ce que vous allez saisir la main tendu par le chef de l’état qui propose un dialogue politique ?

Ngarléji Yorongar : Malheureusement Idriss Deby a ouvert la porte au dialogue et il l’a aussitôt refermée. Nous ne somme pas parti prenante de son dialogue dans la mesure où il veut amuser la galerie, dialoguant uniquement avec les partis politiques en excluant la rébellion et la société civile. Pour nous le dialogue suppose que tous les leaders d’opinions tous les leaders des partis politiques de la société civile ainsi que les rébellions armées puissent se retrouver autour d’une table pour pouvoir dialoguer. Le dialogue en soit même n’est pas une sinécure il faut une fois pour toute qu’on arrive à trouver une solution définitive dans la mesure où la crise tchadienne n’a que trop duré. Si les occidentaux veulent aider les tchadiens à résoudre définitivement cette crise il faut que tous les acteurs assistent à ce dialogue.

Rfi : La ministre française déléguée à la Coopération, Brigitte Girardin était en visite au Tchad jeudi et vendredi, et vendredi elle a reçu une délégation de la coordination des partis de l’opposition au Tchad, est ce que vous faisiez parti de cette délégation.

Ngarléji Yorongar : Oui Rire ! J’ai été écarté dans la mesure où Mr. Jean-Pierre Berçot ambassadeur de France croyait que la présence de Yorongar allait peut-être empêcher les autres acteurs de dire la vérité, mais mon absence a plutôt renforcé la position commune que nous avons prise. Donc Mr l’ambassadeur est passé a côte de la plaque. Cet ainsi la CPDC et la société civile ont réaffirmé avec force que le dialogue proposé dans les officines de Mr. Jean-Pierre Berçot et que Deby a déroulé ça au conseil de ministre ne peut pas régler définitivement le problème tchadien et qu’il faille aller à un dialogue, un véritable dialogue avec toutes les chances de réussir la paix au Tchad. Donc je suis exclu mais ma voix était présente à la réunion.

Rfi : La France va accorder 130 million d’euro en cinq ans au Tchad. Comment analyser vous ce soutient de paris a N’djamena ?

Ngarléji Yorongar : La France a certainement mis dans un tonneau de danaïde cet argent là, tout en sachant que cet argent ne profitera pas aux tchadiens que cet argent sera purement et simplement détourné par Idriss Deby. Une partie certainement va être mise sur des comptes en Europe, Amérique ou en Asie, et une partie pour lui permettre d’acheter des armes ça la France le sait. Donc ce n’est pas une aide qui puisse profiter aux tchadiens ou profiter au développement du Tchad.

Rfi : La ministre française déléguée à la Coopération, Brigitte Girardin qui avait justement fait le déplacement a N’djamena, a dit que cet apport ira aux secteurs de développement comme l’agriculture et l’éducation vous ne la croyez pas?

Ngarléji Yorongar : Je ne la croix pas dans la mesure où au nom du développement économique et social, au nom des secteurs prioritaires que sont la santé l’éducation et les infrastructures, Idriss Deby a englouti beaucoup d’argent. Mais cet argent là, se trouve ailleurs. Les routes à N’djamena complètement défoncé avec des gros trous. On a vu les routes goudronnées en direction du sud ou du nord complètement défoncés. Ou est passé cet argent là. Revenons par exemple à l’argent du pétrole il est clairement stipulé dans les accords internationaux que Idriss Deby a signé avec la banque mondiale, que l’argent du pétrole devrait être injecté dans les secteurs prioritaires que je viens de citer notamment la santé, l’éducation… Malheureusement dans les écoles les élèves sont assis a même le sol pour étudier ils écrivent sur leurs genoux, s’agissant de la santé pour peu qu’un tchadien attrape qu’on appelle la malaria il en meure alors qu’on en meure plus de cette maladie la. Alors que le pétrole a coulé cela fait déjà quelques années.

Rfi : Une mission conjointe de l’ONU et de l’union africaine a rencontré vendredi le président Deby pour évoquer l’éventuel déploiement d’une force de l’ONU au Darfour dans l’ouest du soudan voisin. Quelle influence le conflit du Darfour a eu sur le pouvoir d’Idriss Deby selon vous ?

Ngarléji Yorongar : Idriss Deby est un pompier pyromane il a crée les rebellions du Darfour le MLS le MJE en fonction de leur donne ethnique avec le bonus pétrolier de 25 Million de dollars que la banque mondial a fait accordé par le consortium en 2000. Aujourd’hui le retour de la manivelle risque de lui être fatal et cet ainsi qu’il internationalise ce conflit.

Rfi : Est-ce que Idriss Deby n’a pas raison l’ors qu’il accuse Khartoum d’aider certains mouvement de rébellion contre son pouvoir ?

Ngarléji Yorongar : Mais quand Deby crée le MLS, le MJE c’est-à-dire les rébellions du Darfour c’est tout à fait normale aussi que de l’autre coté les gens envisage l’anti quiné. Je crois que c’est ça la réalité, ce n’est pas les casques bleu qui vont régler le problème, tant qu’on ne règle pas les deux problèmes en même temps, je doute fort que la paix revienne au Tchad et au Soudan.

Ecoutez Yorongar Ngarléji au micro de Rfi.


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