Declaration Tom Erdimi

TOm En décembre 1990, quand les forces commandées par Deby ont chassé H. Habré du pouvoir ; nous avions légitiment salué cette victoire.Nous avions fondé en cette victoire deux espoirs : celui de la fin d’une dictature et celui de voir le Tchad s’engager véritablement dans la voie de la justice et du progrès. Alors nous nous sommes mis corps et âme aux services du nouveau régime, entraînant dans notre sillage toute l’intelligentsia tchadienne. Nous avons aidé le nouveau pouvoir à relancer l’appareil administratif et mettre en place les structures institutionnelles, légitimant ainsi le pouvoir de Deby. Dès lors nous avions fait partie intégrante du régime. Deby a eu toujours une conception clanique du pouvoir. Il a toujours pensé qu’après lui c’est l`un des siens qui le remplacera, corroborant ainsi sa non croyance aux institutions démocratiques dont il se targue d`être l initiateur au Tchad. Sur la nature du pouvoir Deby et le personnage Deby, tout a été étalé sur la place publique et donc il ne sert à rien de s’y attarder.

Deby a une conception particulière du pouvoir, celle de satisfaire ses caprices matériels et moraux par tous les moyens et
particulièrement par des moyens illégaux : détournements massifs des biens publics, activités mafieuses, aliénation des intérêts publics aux intérêts personnels, etc.

Pour mener une telle politique, Deby devrait donc se débarrasser de tous ceux qui ont servit de bouclier à ces tendances néfastes pour le pays. Vous, (ses compagnons de route) et nous (les autres tchadiens), avions fait les frais. Le résultat fut catastrophique : paupérisation poussée des différentes couches sociales, déstructuration de l’appareil administratif, clochardisation des cadres civiles et militaires, insécurité et impunités généralisées, tensions permanentes avec les États voisins, utilisations des militaires tchadiens comme mercenaires dans des conflits lointains en échanges des espèces sonnantes et trébuchantes, etc.

Cette accaparation personnelle et personnalisée de l’État a sa limite : La faillite totale de l’État.
Aussi, quand le pays a cessé de fonctionner à cause de sa politique, les boucs émissaires sont vite trouvés, en la personne des partis d’opposition, des collaborateurs, des parents et plus récemment des bailleurs des fonds qui l’ont mis toujours en garde contre sa mauvaise politique dans tous les domaines.

Certes les pesanteurs socio-ethniques pour ne pas dire claniques ont été longtemps un handicap majeur pour une prise de position politique plus tôt, contre Deby; mais mieux vaut tard que jamais, n’est ce pas? Aujourd’hui, nombreux sont les tchadiens qui luttent par divers moyens et différentes voies contre le régime de Deby, nous nous intégrons dans cette logique sans état d âmes, ni aucun sentiment de culpabilité et sans privilégier telle ou telle voie du moment que le régime ne
laisse aucun choix. Aussi la lutte armée que les insurgés d’octobre 2005 et toutes les autres forces et individus qui les ont rejointes par la suite, mènent depuis l’Est et à laquelle nous apportons tout notre soutien et appui, rentre directement dans cette logique.

Il est extrêmement important et indispensable que l’opinion tchadienne sache que le mouvement des Forces de Changement d’octobre 2005 est un des éléments des forces politiques qui concourent à l’avènement, à l’instar des forces démocratiques de l’intérieur, d’un régime véritablement démocratique et non comme un n-nième remake des rebellions ayant pris le pouvoir en venant de l’Est. Face à l’affaiblissement et l’émiettement de l’opposition démocratique sous les coups du pouvoir, l’alternance démocratique ne pourrait être réalisée que sous l’action conjuguée des forces de l’intérieure et de l’extérieure.
Le Mouvement des forces du Changement se situe dans la droite ligne de la Constitution de mars 1996 issue du verdict populaire et le départ de Deby sera géré conformément aux dispositions de cette même constitution.
L’appui des pays amis et les partenaires en développement est plus que jamais demandé. L’appui massif et multiforme que les uns et les autres apportent au Tchad et qui disparaît dans les méandres mafieuses du régime de Deby, n’aura aucun impact que s’il est mis fin à ce régime ; c’est pourquoi les amis du Tchad doivent directement ou indirectement contribuer au départ de Deby.

Le départ de Deby, la mise en place d une transition consensuelle incluant toutes les forces vives du pays de l’intérieure comme de l’extérieure avec à la main une feuille de route élaborée de manière toujours consensuelle et indiquant de manière précise les pourtours de la transition, et enfin des élections libres et transparentes, comme objectif ultime, l’avènement d’ un Tchad apaisé, viable, vivable et débarrassé définitivement des démons de la guerre, tels sont les buts de notre démarche et nous contribuerons activement pour leur réalisation avec l’aide de Dieu et du peuple tchadien./.

Cette déclaration est faite par

TOM ERDIMI
Ex-Directeur de Cabinet Civil du Président de la République
Ex-Coordonnateur National du Projet Pétrole

Au nom des cadres civiles et militaires restés au Pays et de:

Timane ERDIMI
Ex-Directeur de cabinet, Ex PCA de la Coton Tchad

Mahamat Abdelkerim Hanno
Ex-DG de l’Office National de Sécurité Alimentaire
Ex-DAAFM à la Présidence de la République

Abakar Tolli
Ex DG de l’Ecole Nationale de l Administration et de Magistrature

Issakha Koty Yacoub


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