Tchad: confrontation entre le président de l’Arche de Zoé et les 4 Tchadiens – Afp

Les quatre responsables tchadiens inculpés au Tchad dans l’affaire de l’Arche de Zoé étaient confrontés jeudi au palais de justice de N’Djamena avec le président de cette association, Eric Breteau, a-t-on appris de source judiciaire.

Par ailleurs, le président de la République Nicolas Sarkozy recevra ce jeudi après-midi à l’Elysée les familles des six ressortissants français détenus au Tchad, a annoncé l’Elysée dans un communiqué. L’entretien aura lieu à 14H30, a précisé l’Elysée.

Trois des quatre responsables de l’est du Tchad, incarcérés à N’Djamena, ont nié mercredi, lors de leur audition sur le fond devant le juge d’instruction, avoir collaboré avec l’association française qui a tenté d’emmener en France 103 enfants, selon une source judiciaire.

Le sous-préfet de Tiné, localité tchadienne frontalière du Soudan, a expliqué que des membres français de l’Arche de Zoé n’avaient fait que lui rendre « une visite de courtoisie » et qu’il n’avait pas été question du projet d’emmener des enfants en France, a-t-on ajouté de même source.

Le maire et le secrétaire général de la mairie de Tiné nient avoir jamais rencontré les membres de l’association.

Le quatrième inculpé tchadien, un chef de quartier de cette même localité, a reconnu avoir eu affaire à l’Arche de Zoé, mais il a assuré que ses responsables lui avaient dit chercher des enfants en vue de les scolariser à Abéché, principale ville de l’est du Tchad, à environ 250 km au sud-ouest de Tiné.

N’Djamena et Paris ont tenté de désamorcer la polémique sur le lieu d’un futur procès de l’affaire de l’Arche de Zoé, mais le dossier demeurait sensible mercredi en l’absence d’un consensus sur la possibilité ou non d’extrader les Français incarcérés au Tchad.Devant le palais de justice de la capitale tchadienne, une petite cinquantaine de manifestants ont dénoncé mercredi matin les propos de Nicolas Sarkozy, qui avait promis la veille d’aller « chercher » au Tchad les six membres de l’association française « quoi qu’ils aient fait ».

La déclaration du président français « nous complique la vie », a affirmé l’avocat français de l’Arche de Zoé, Me Gilbert Collard, en sortant du palais de justice. « Nous sommes obligés de travailler avec cette maladresse narcissique », a-t-il ajouté. Ses clients « préféreraient (…) que M. Sarkozy respecte la souveraineté de la justice tchadienne », a-t-il insisté après les avoir rencontrés à la maison d’arrêt.

« La justice se fera ici au Tchad » et « il n’est pas question pour le moment que les juridictions tchadiennes se dessaisissent du dossier », avait insisté le président tchadien Idriss Deby Itno.

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Me Philippe Housseini, le 6 novembre 2007 à N’Djamena
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L’avocat de l’Etat tchadien, Me Philippe Housseini, avait pour sa part considéré que l’extradition des Français était « impossible » au vu d’un accord de coopération judiciaire de 1976, alors que le président Sarkozy avait estimé dimanche que ce texte ouvrait la voie à un éventuel procès en France.

Mercredi, le ministre tchadien de la Justice Albert Pahimi Padacké a également joué l’apaisement, assurant qu’il n’y avait « jamais eu de polémique ». « Notre lecture de l’accord de coopération de 1976 est qu’il ne permet pas l’extradition si les infractions ont été commises sur le territoire tchadien », a-t-il affirmé.

« Mais il ne faut pas anticiper. Il faut que les juridictions française et tchadienne puissent se rapprocher pour donner leur interprétation commune de l’accord », a-t-il ajouté, sans exclure totalement qu’elles puissent au bout du compte « donner un feu vert à une éventuelle extradition ».

Les six bénévoles de l’association française, inculpés d' »enlèvement de mineurs en vue de compromettre leur état civil » et « escroquerie » pour avoir tenté le 25 octobre de transporter en France 103 enfants, sont restés mercredi dans leur cellule.

Même traitement pour les trois Espagnols de l’équipage de l’avion qui devait transporter les enfants et le pilote belge qui a acheminé une partie des mineurs depuis la frontière tchado-soudanaise à Abéché, dans l’est du Tchad.

Seuls les quatre responsables tchadiens inculpés, à l’instar des Espagnols et du Belge, de « complicité » ont été entendus par le juge d’instruction. Trois d’entre eux ont nié avoir collaboré avec l’Arche de Zoé.


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