Arche de Zoé: manifestation à N’Djamena pour un procès au Tchad – Reuters

Une centaine de manifestants sont descendus dans les rues de N’Djamena pour réclamer que les journalistes français et hôtesses espagnoles rapatriés dimanche retournent au Tchad pour y répondre de complicité dans l’affaire de l’Arche de Zoé.

Certains brandissaient des affiches critiquant Nicolas Sarkozy, qui est allé chercher les sept Européens.

Le président français a promis de revenir au Tchad chercher les six autres Français qui y sont inculpés et écroués pour enlèvement après avoir tenté de faire sortir du pays 103 enfants d’un à dix ans présentés comme des orphelins.

« Nous protestons contre Sarkozy, qui veut extrader ces personnes en France », a déclaré l’un des manifestants rassemblés devant le palais de justice de N’Djamena aux cris de « Justice au Tchad ». « Ces coupables doivent être jugés ici », a-t-il dit.

Les rassemblements de protestation spontanés sont rares au Tchad, où les manifestations sont plutôt organisées par le gouvernement.

Les six membres français de l’Arche de Zoé détenus à N’Djamena comparaissaient jeudi devant un juge d’instruction avec les quatre ressortissants tchadiens également inculpés dans le dossier.

Un procureur a indiqué que les autorités judiciaires décideraient dans les 48 heures si le groupe doit être poursuivi au pénal ou au civil.

L’Arche de Zoé a déclaré vouloir sauver des orphelins du Darfour soudanais mais les responsables de l’Onu au Tchad ont relevé que la plupart des enfants avaient au moins un parent et venaient de la zone frontalière entre le Tchad et le Soudan.

Quatre autres Européens sont écroués au Tchad dans cette affaire: les trois membres d’équipage espagnols masculins de l’avion qui devait évacuer les 103 enfants ainsi que le pilote belge d’un autre appareil, qui est âgé de 74 ans.

« AVOCAT DES TRAFIQUANTS »

Deux jours après sa visite-éclair à N’Djamena, où il a assuré son homologue tchadien Idriss Déby que la France respecterait le Tchad et son système judiciaire, Nicolas Sarkozy a déclaré mardi à propos des six Français qu’il irait « chercher ceux qui restent, quoi qu’ils aient fait ».

Plusieurs membres du gouvernement tchadien ont réagi vivement à ces propos, qualifiés d’inopportuns par le ministre de la Justice Albert Pahimi Padacket.

Son homologue de l’Intérieur, Ahmad Mahamat Bachir, qui qualifie les suspects de « bandits », a souhaité qu’ils soient jugés au Tchad où « les faits ont été commis ».

Pour les manifestants, le président français « s’est transformé en vrai avocat des Français trafiquants d’enfants mineurs ».

« Nous demandons à Nicolas Sarkozy de ramener les sept complices pour qu’ils soient jugés au Tchad ensemble avec les autres trafiquants qui resteront au Tchad », a déclaré un manifestant lisant une déclaration.

Les avocats des six membres français de l’Arche de Zoé, qui encourent jusqu’à 20 ans de travaux forcés au Tchad, ont plaidé la bonne foi de leurs clients, déclarant qu’ils n’avaient pas d’autre intention que de sauver des enfants et qu’ils avaient agi dans un but humanitaire.


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