Soudan: 150 soldats tués dans des combats à la frontière

KHARTOUM (AFP) – Les rebelles soudanais ont annoncé mardi avoir tué 150 soldats de l’armée régulière lors de combats le long de la frontière disputée avec le Soudan du Sud dimanche.

L’armée soudanaise a démenti ce bilan et affirmé avoir tué « un nombre très important » de rebelles lors de ces combats que Khartoum accuse le Soudan du Sud d’avoir organisés, menaçant Juba d’une riposte.

Ces morts sont survenues dimanche, lors d’une « attaque surprise » contre la base militaire de Jau, a déclaré Arnu Ngutulu Lodi, porte-parole du SPLM-N, la branche Nord du Mouvement populaire de libération du Soudan (SPLM), les ex-rebelles sudistes.

Les rebelles ont recensé les cadavres au sol, a-t-il ajouté à l’issue de cette attaque au cours de laquelle ils ont pris trois chars et des centaines d’armes et de véhicules.

Dimanche, le SPLM-N avait affirmé avoir mené sa première attaque conjointe avec le Mouvement pour la justice et l’égalité (JEM), groupe rebelle du Darfour, à Jau, dans une région riche en pétrole où la frontière n’a pas encore été clairement définie.

Ils avaient alors annoncé avoir pris la zone de Taruje, à 20 km au nord de Jau, ouvrant la voie aux réfugiés sudistes bloqués au Soudan.

Mardi, ils ont dit avoir repris l’avant-poste d’El-Ahmier, qu’ils avaient pris mi-janvier puis perdu au profit de l’armée, dans cette région où les autorités restreignent l’accès des humanitaires et des journalistes, empêchant de confirmer ces informations de source indépendante.

Le porte-parole des forces armées soudanaises, Sawarmi Khaled Saad, a démenti ces avancées, affirmant que les combats s’étaient déroulés à Jau seulement, et non à Taruje ni à El-Ahmier, situé à 30 km au sud-est de Kadugli, la capitale de l’état soudanais du Kordofan-Sud. Selon lui, « les forces armées soudanaises nettoient en ce moment la zone ».

Khartoum a affirmé que l’attaque à Jau avait été menée par des rebelles dirigés par des officiers sud-soudanais, à 6 km à l’intérieur des terres du Nord, en violation d’un traité de non-agression signé il y a deux semaines, se réservant le droit de répliquer.

« Jau est sur le territoire du Soudan du Sud », a déclaré mardi à la presse le ministre sud soudanais de l’Information Barnaba Marial Benjamin, ajoutant: « Nous n’avons pas franchi notre frontière ».

Si les liens politiques et militaires n’ont pas été totalement rompus entre les ex-rebelles désormais au pouvoir au Soudan du Sud et le SPLM-N, il s’agit de « deux entités distinctes avec des directions séparées », a estimé dans un rapport le Small Arms Survey, un projet de recherche suisse indépendant.

Depuis l’été 2011, de violents combats opposent l’armée soudanaise et le SPLM-N au Kordofan-Sud et au Nil Bleu, deux Etats limitrophes du Soudan du Sud où Khartoum cherche à asseoir son autorité depuis la partition en juillet. Selon l’ONU, ces combats affectent directement 360.000 personnes et la famine menace.

Un élu du Congrès américain, le républicain Frank Wolf, a accusé lundi le Soudan de se livrer à un « nettoyage ethnique » au Soudan du Sud et a plaidé pour une action humanitaire renforcée dans ce pays.


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