Arche de Zoé: Breteau dédouane 3 Espagnols, 3 Tchadiens et un Belge – Afp

Le président de l’association française Arche de Zoé Eric Breteau a dédouané jeudi devant le juge les trois Espagnols, le Belge et trois des quatre Tchadiens incarcérés à N’Djamena pour la tentative de transport de 103 enfants en France, a-t-on appris de source judiciaire.

Lors de la confrontation entre les six membres français de l’Arche de Zoé et les quatre inculpés tchadiens, « Eric Breteau a mis hors de cause le Belge, les Espagnols et trois Tchadiens », selon cette source.

Concernant les trois Tchadiens – le sous-préfet Ama Adam Idriss Hori, le maire Simine Amadou Nassour et le secrétaire général de la mairie de Tiné frontalière du Soudan, Ahmat Harane – il a expliqué qu’il ne les avait jamais rencontrés, et les a qualifiés d' »innocents », a-t-on ajouté de même source.

Il n’a en revanche pas mis hors de cause le quatrième tchadien inculpé, Mahamat Arif, un chef de quartier de ce secteur.

Les trois Espagnols de l’équipage de l’avion affrété par l’Arche de Zoé pour emmener les enfants en France, ainsi que le pilote belge qui en a acheminés depuis la frontière tchado-soudanaise à Abéché, dans l’est du Tchad, tous également inculpés dans cette affaire, n’ont pas pris part à la confrontation devant le juge d’instruction.

Les avocats des six membres français de l’association Arche de Zoé incarcérés à N’Djamena ont par ailleurs déposé jeudi une requête pour requalifier les infractions imputées à leurs clients et ont demandé leur mise en liberté provisoire, a déclaré l’un d’eux à la presse.

« Nous avons déposé une requête pour requalifier les faits de crime en délit, si tant est qu’il y ait eu une infraction, ce que nous contestons », a affirmé Me Mario Stasi au palais de justice de la capitale tchadienne.

« Nous avons également déposé une demande de mise en liberté provisoire avec des motivations différentes pour chacune des six personnes », a-t-il conclu, sans fournir davantage de précisions.

Les autorités tchadiennes ont stoppé l’opération menée par l’Arche de Zoé le 25 octobre, au moment où les enfants allaient embarquer pour la France depuis l’aérodrome d’Abéché.

Selon un avocat tchadien de l’Arche de Zoé, Me Abdou Lamia, les membres de l’association « sont venus pour aider des enfants orphelins du Darfour », région de l’ouest du Soudan limitrophe du Tchad en proie à une guerre civile.

« Comme ils ne connaissaient pas les langues locales (de l’est du Tchad), ils se sont servis d’interprètes locaux qu’ils ont envoyé voir des chefs de village de l’autre côté (de la frontière tchado-soudanaise) », a expliqué à l’AFP l’avocat.

Ces interprètes « sont ensuite revenus vers eux avec des enfants » que « les membres de l’Arche de Zoé ont auditionné pour savoir s’ils étaient bien Soudanais et si leur état de santé n’était pas alarmant », a poursuivi Me Lamia.

Selon lui, quinze enfants ont finalement été renvoyés dans leur village d’origine par l’association.

Une enquête menée par des organisations humanitaires internationales auprès des 103 enfants, accueillis à l’orphelinat d’Abéché, a établi que la quasi-totalité d’entre eux venaient du Tchad et faisaient référence à au moins un adulte qu’ils considèrent comme un « parent ».


Commentaires sur facebook