Famine au Sahel : Appel urgent aux dirigeants

Famine au Sahel

2012 n’annonce pas de bonnes nouvelles pour les habitants du Sahel. La pluviométrie, qui conditionne l’existence des humains et animaux dans le Sahel, n’a pas été fameuse, et la conséquence prévisible est la famine. Mais pourquoi la sécheresse, qui était cyclique de mémoire de nos anciens, est devenue subitement récurrente dans le sahel ?

Les spécialistes du climat pointeront du doigt le dérèglement climatique dû aux activités industrielles des puissances mondiales, certains économistes se focaliseront sur l’inégalité et l’incohérence de la politique agricole mondiale,  d’autres, plus fatalistes, se satisferont des théories qui voudraient que l’on accepte la punition divine du fait de l’incapacité  de nos dirigeants à prévenir et gérer les aléas répétitifs malgré les moyens qui sont mis à leur disposition, etc… S’il ya autant de points de vues sur la résolution de la question de la sécheresse au sahel, c’est justement la preuve qu’examiner à la loupe les responsabilités sur une possible anticipation de ses effets néfastes sur les populations, met en lumière, dans une certaine mesure, celles de plusieurs acteurs, notamment  ceux qui chaperonnent  la gouvernance politique et économique des Etats du Sahel.

N’ayant point la prétention de nous appesantir  sur les diverses dimensions de ce problème qui mérite pourtant une ébauche plus conséquente de notre part, nous voudrions plutôt nous attarder sur l’urgence, celle-là même qui a poussé le PAM, l’UNICEF, l’ACF et bien d’autres organisations à lancer «  l’alerte famine » avant nos gouvernements, et les amène  à mobiliser la communauté internationale pour une réponse anticipée et urgente aux souffrances de nos parents qui vivent  déjà les effets néfastes de cette sécheresse dans le sahel. Quel constat font-ils concrètement pour  2012 ?

La Directrice exécutive du Programme Alimentaire Mondiale des Nations Unies(PAM), Josette SHERAN,  remarque, depuis décembre 2011, que la sécheresse frappe pour la troisième fois en dix ans les populations du sahel qui se remettent à peine de celle de 2010. Les pluies sur lesquelles comptent les populations sahéliennes pour produire leurs aliments et nourrirent leurs bétails sont arrivées tardivement  et de façon erratique.  Les cultures sont conséquemment détruites et les pâturages drastiquement raréfiés. Si, au Burkina, souligne le PAM, les petits producteurs attendent une baisse de 14% de leurs récoltes, en Mauritanie la baisse est de 46%. Au Niger, selon le PAM, le gouvernement annonce que plus de 5.5 millions de personnes sont menacées par la famine.  Tandis qu’au Tchad, indique-t-il, sur onze(11) régions de la bande sahélienne, six(6)  ont enregistré des taux critiques de malnutrition alors que les cinq(5) autres  font état de taux « sévères » de malnutrition.

Dans sa déclaration du 22 décembre 2011, le directeur général  de l’UNICEF, Anthony LAKE, attire l’attention du monde sur la famine qui menace particulièrement plus d’un million d’enfants au Sahel. Pour réveiller la conscience du monde et situer la justesse des efforts à fournir, Il souligne le fait que : « Les enfants aujourd’hui en danger au Sahel ne sont pas de simples statistiques permettant d’évaluer l’ampleur d’une crise humanitaire potentielle. Ce sont des filles et des garçons en chair et en os, qui ont tous le droit de se maintenir en vie, de grandir et de contribuer à leur société. Nous ne saurions les abandonner ».

Parlant toujours de la sécheresse au Sahel,  Action Contre la Faim (ACF), ONG international,  publie sur son site internet en date du 01/02/02 : « 2012 : l’année de tous les dangers au Sahel ? ».  Tout en rappelant les causes de la famine, l’ACF international indique qu’en février, date de la publication de l’article,  les prix de céréales sont déjà  plus élevés de 60 à 80% par rapport à ceux des cinq dernières années. Sommes-nous  conscients de ce que deviendront ces prix pour les populations d’ici trois mois ?

Si l’alarme est aussi retentissante dans les agences des Nations Unies et chez les ONGs, c’est parce qu’en face, l’absence de mesures rassurantes de nos gouvernements les interpelle, et par voie de conséquence interpelle aussi la conscience de nous autres citoyens. Il  est clair que nos semblables sont en danger au sahel. Sans aucune tergiversation idéologique,  politicienne ou partisane, les responsables du sahel doivent prendre les taureaux par les cornes. Doit-on, pour être plus audible, répondre à nos leaders  par des questions ? Si oui, très honnêtement, ya-t-il des projets plus importants à réaliser et mener à leur terme lorsque des millions de bénéficiaires mourront avant ? Ya-t-il une élection plus importante à tenir lorsque les électeurs risquent de mourir avant leur organisation ? L’heure n’est pas non plus pour nous de disserter sur la solidité de ces projets ou la transparence de ces élections. Sans vouloir pointer du doigt les fastes de nos dirigeants et de leurs familles, dont les coûts couvrent largement et plusieurs fois les conséquences de cette sécheresse, nous  supplions par la voie de la raison nos dirigeants de s’extirper de l’insouciance insolente dans laquelle ils se murent afin d’allouer urgemment les ressources nécessaires pour sauver ces paysans et ces éleveurs qui risquent de mourir, parce que leur seul tort aura été de les avoir comme dirigeants. Chers dirigeants, s’il vous reste encore une once de conscience tout court pour ne pas parler d’humanisme,  allouez les ressources dont ont besoin le PAM, l’UNICEF et tous les ONG qui se battent pour sauver ces paysans et éleveurs que Dieu vous a donné la chance de gouverner. Il faut urgemment allouer les fonds qu’il faut pour sauver ces enfants  qui sont l’avenir de vos Etats.

Houlé Djonkamla


Commentaires sur facebook