La société tchadienne dans la tourmente : jusqu’où ira le régime du Président Idriss Deby ?

Comme vous l’avez peut être remarqué, ces derniers mois, les nouvelles se font rares, et nous sommes devenus comme des observateurs de la vie politique de notre pays. Pourtant, cela ne veut pas dire que l’espoir a cédé  la place à l’échec. Bien au contraire!

Nous avons devant nous  un régime autoritaire qui dispose d’un bilan déplorable et fait tout pour éviter un débat serein et multiplie.

Les provocations ! Nous les avons tant évitées. Les menaces et les intimidations sont devenues nos lots quotidiens. Nous leur avons posé la  question qui reste d’actualité : qu’avez-vous fait pendant 21 ans de règne sans partage ?

Comment peut-on comprendre que le  Tchad qui dispose des terres arables exceptionnelles,  des ressources animales qui le place  en tête du peloton  en Afrique et d’un sous sol immensément riche, n’arrive pas à réaliser son autosuffisance alimentaire ?

Selon l’ONG Oxfam,  la famine frappe à la porte du Tchad et le pays appelle  la communauté internationale à une aide humanitaire. Une situation aussi honteuse que révoltante. Surtout, on sait que pendant ce temps, Deby et ceux qui gravitent autour de lui, spolient les biens publics. De plus,  selon le correspondant de la chaîne de Télévision Aljazeera au Tchad : « si les dispositions ne sont pas prises avant le mois de juillet, la situation risquerait d’atteindre le niveau de la famine que connaît la Somalie ».

Le paradoxe est que dans cette affaire, les Tchadiens sont restés silencieux devant le contrat de plusieurs mariages pharaoniques successifs de leurs dirigeants à coup des millions de dollars alors que le peuple meurt de faim,  de soif et du manque criard des soins médicaux dans nos hôpitaux.

Au niveau de l’opposition tchadienne, nous  espérons et croyons en la convergence des objectifs de toutes les forces vives de la nation à travers  le renforcement du consensus qui doit  rassembler l’immense majorité d’entre elles. Cette stratégie, nous  conduira vers la libération de notre peuple.

Cette opposition qui sera construite autour de la jeunesse tchadienne,  finira  par emprunter une route extrêmement pénible et au prix des vies humaines détruites ou brisées, pour atteindre ses objectifs.

Un jour, peut-être, l’histoire pourra faire le bilan des innombrables occasions perdues. Mais la lutte  pour les libertés et la dignité contre les inégalités sont une course de fond sans fin.

Notre pays a soif  de paix et de démocratie. Nous sommes donc convaincus que les deux sont indissociables.

Nous voulons construire au Tchad, une société axée sur les besoins et les aspirations de l’être humain. Cela implique le rejet de l’idéologie inhumaine, tribaliste et régionaliste appliquée par le régime en place que nous combattons avec nos dernières énergies.

Nous devons nous dissocier des politiques qui font des  êtres humains des objets manipulés par un dictateur   au profit de quelques privilégiés ou bien des membres de son clan.

Le président Idriss Deby,  son clan et ceux qui gravitent autour de lui, ignorent totalement que le changement et  la réalisation d’un grand dessein qui fait avancer les Tchadiens vers plus de liberté, de développement, de créativité, et de joie de vivre,  lui assurerait une place honorable dans l’histoire du pays. Malheureusement, ils restent réfracteurs à tous changement dans la société tchadienne.

Pour eux, la seule victoire qui compte à leurs  yeux est d’être au pouvoir et d’y rester à vie afin qu’ils jouissent toujours  de tous ses privilèges à la manière d’une sangsue et tant pis pour le reste des Tchadiens.

Il nous est permis de remarquer,  ces derniers temps que plusieurs ministres du régime, ont été mis aux arrêts pour détournements des biens publics et malversations financières. Pourtant, nul n’est au dessus de la loi. S’il est avéré que ces derniers sont coupables.

Mais, nous constatons qu’aucun membre du clan ou proche de Deby, n’a été indexé ni interpellé par la justice. Ce qui nous laisse penser qu’il y a au Tchad, deux catégories de citoyen. Pourtant, les proches de Deby sont également  associés aux pillages de nos ressources.

Sans être l’avocat de ces  ministres mis en cause, on aimerait qu’au moins un membre du clan Deby fasse l’objet d’une poursuite, même par hypocrisie. Malheureusement, il n’en est pas le cas !

Le chapitre ralliement, intéresse notre réflexion. Depuis la normalisation des relations entre le Tchad et le Soudan, plusieurs responsables politiques de l’opposition en exil, rallient sans conditions le régime de  N’Djamena.

Mais, nous savons que l’exil est une contrainte infernale, ceux qui y  restent sont peu nombreux. Ils font d’énorme sacrifice et de dépassement pour résister. Par contre certains d’entre nous, n’ont pas pu supporter les dures conditions et ont fini par rebrousser chemin vers Ndjamena où ils  retrouvent le même régime qu’ils ont dénoncé à travers leurs écrits, de les avoir persécutés et contraints à l’exil. Que peuvent-ils attendre d’un tel régime qu’ils ont tant décrié ?

On se pose la question : Est-ce que ce régime a changé ? Assurément non ! Car Idriss Deby reste égal à lui-même !

Face à la gravité de la situation qui prévaut au Tchad, nous lançons un appel solennel à nos compatriotes de l’opposition dite « démocratique » de l’intérieur d’arrêter de faire le jeu du régime en place. Ils doivent penser au moins,  une fois dans leur vie, à la mère patrie, au sang de nos martyrs versé injustement pour assouvir les appétits de quelques prédateurs.

Et s’ils sont dépassés, ils doivent passer le flambeau de la lutte pour le changement à la jeunesse qui sera capable de relever le défi.

La société tchadienne est confrontée à d’énormes difficultés, il est temps de  libérer ce peuple opprimé par une dictature féroce et abominable.

 Abdelmanane Khatab


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