On ne décrète pas un pays émergent, s’il vous plait !

Un pays peut il devenir émergent, même si l’eau, l’énergie, les services de base de santé et d’éducation  font cruellement défaut ?

Cette question surgit car depuis quelque temps, j’entends ici et là les perspectives des autorités de faire du Tchad un pays émergent à horyzon de 2020.

Comment définit-on les pays émergents ?. Le dictionnaire HACHETTE Edition 2008 définit les pays émergents comme des pays en cours de développement rapide. La même source définit le développement  comme un processus de transformation sociale, culturelle, économique qui rend un pays capable de satisfaire les besoins de consommation des populations.

Alors de ces deux définitions, il ressort clairement qu’un pays émergent doit déjà disposer d’un certain nombre de signaux forts de croissance économique soutenable et de bien être social. Il faut satisfaire les besoins vitaux et minimaux de populations tels que l’accès à l’eau potable, la disponibilité de l’énergie.

Qu’en est-il du Tchad ? Est ce que les seules routes bitumées, les nouvelles constructions des hôpitaux et des écoles suffisent pour donner le caractère rapide au développement dans le cas du Tchad ?  Sin on reconnait ces ouvrages, quelle est leur qualité ? savez vous que certains bitumages au Tchad ont une durée de vie ne dépassant guerre 2 ans ? Que dire de ces écoles et de ces hôpitaux nouveaux construits qui ont connu même des fissures avant leur inauguration officielle. je vous assure que depuis 4 semaines, nous n’avons jamais vu d’clair d’électricité dans notre quartier nous obligeant à charger nos portables que dans les bureaux.  Le réseau électrique ne dessert qu’une infirme partie de la population 5% alors que des millions de personnes ont de l’argent et ne demandent que la couverture et le payement des factures. L’eau potable issue de la STEE qui est seulement disponible pour moins de 10% de la population Ndjaminoise n’est accessible que de manière accidentelle et de fois, il faut se réveiller tard la nuit pour avoir la chance de la  voir couler.

De quel pays émergent, les autorités tchadiennes veulent nous parler dans un horizon  de 20 ans ? C’est encore de la comédie débyenne. Le Tchad ne sera jamais émergent avec des hommes politiques inintelligents, assoiffés de pouvoir et d’argent.

Mr Deby, tout ne se fait pas décret et malheureusement, on ne va jamais décréter le Tchad émergent. Emerger, c’est un long processus de développement économique fait de rigueur, de discipline, de responsabilité et de sérieux. Ca ne se décrète pas s’il vous plait !

Au lieu de parler de Tchad émergent, réfléchissons au contraire sur les stratégies pour empêcher la disparition du Tchad.

A mon avis, après longue réflexion, les seules actions qui peuvent épargner le Tchad de disparition  peuvent être:

1)      Mettre fin à un régime incompétent, opportuniste, clanique qui n’ a que trop duré

2)      Reformer l’administration publique en licenciant tous les fonctionnaires et réorganiser un concours d’entrée à la fonction publique comme SIRLEF a eu à le faire au Libéria. Les anciens fonctionnaires n’ayant pas réussi au concours bénéficieront d’un gigantesque programme de réinsertion sociale. Un accent particulier sera mis sur le recrutement du personnel soignant et personnel enseignant car il existe aujourd’hui des enseignants avec des niveaux d’instruction et des compétences très inquiétants pour le devenir du Tchad.

3)      Moraliser la gestion de la chose publique en punissant sévèrement et durablement les coupables et en leur interdisant toute autre fonction administrative le reste de leur vie. Il est absurde  et injurieux pour les dignes travailleurs que les voleurs et multi récidivistes sont les plus promus au Tchad.

4)      Rendre l’armée véritablement républicaine où sont  représentées toutes les couches ethniques du Tchad

5)      Créer un comité de formation citoyenne et civique à charge d’aider les populations les plus exposées à l’alcool de sortir de leur état car il est établi que l’excès d’alcool retarde le développement dans tous les sens. Or ce fléau prend des dimensions inquiétantes au Tchad, surtout dans les zones sudistes.

6)      Formaliser le secteur informel au Tchad aidera à renflouer de manière importante les caisses de l’Etat.

7)      interdire tout monopole commercial.

Cette liste n’est pas exhaustive et les lecteurs peuvent communiquer leurs stratégies de sauvetage du Tchad

Daniel Hongramngaye


Commentaires sur facebook

1 commentaire

  1. Sauvageot

    Il y a un problème très sérieux de la langue française au Tchad. Les intellectuels tchadiens utilisent des mots qui ne conviennent pas à leur contexte, des qualificatifs qui sont en réalité des antonymes, etc. Ainsi donc, tous les immeubles construits par l’Etat (Généralement dons du Chef de l’Etat, le gouvernement n’existant pas ou n’ayant pas un programme de développement), sont des « joyaux architecturaux », la capitale N’Djaména devient la « Vitrine de l’Afrique », etc! Et cela fait honte! Si ceux qui ne sont jamais sortis du pays pour voir ce qui se passe ailleurs tenaient de tel langage, ils seraient excusés. Mais malheureusement plutôt honteusement ce sont ceux-là même qui ont étudié à l’extérieur et qui parcourent l’Afrique, l’Asie, l’Europe et l’Amérique tous les mois qui s’emploient à parler ainsi. A quel dessein, Dieu seul sait. Est-ce pour endormir la population pour lui faire croire qu’elle a une meilleure vie? Le Gouvernement tchadien, pour parler de lui, est incompétent et chaque ministre rivalise en griotisme et le culte de personnalité devient un fonds de commerce. Dans un pays normal, le gouvernement traduit en actes, le programme politique sur lequel le président de la république a été élu. Le programme donne lieu à des plans de développement socio-économique. On parle de plan quinquennal, etc. Au Tchad, il n’en existe plus! Il suffit que quelque arrive à faire comprendre au Chef de l’Etat que tel village a besoin de l’eau ou d’une école, il appelle son directeur général de projets et lui intime l’ordre d’aller y construire un château ou un école sans que cela soit contenu dans un plan de développement global. La question posée par le commun des tchadiens est de savoir comment les ministères des infrastructures et des finances se prennent pour réaliser toutes ces acrobaties. Et les régions sont alors dotées de ces infrastructures suivant l’accès de leurs ressortissants auprès de son Excellence. C’est dommage!