Par pure méchanceté ?

Pourquoi cette misère ambiante, malgré le flux important des ressources financières ? Il n’y a jamais eu autant d’argent au Tchad, et pourtant les tchadiens n’ont jamais été aussi pauvres, pourquoi? Un proche de Deby a donné l’explication, simple et terre à terre.

Deby a compris qu’il n’est pas aimé des tchadiens, il ne l’a jamais été. Les tchadiens lui ont été reconnaissants d’avoir fait partir Habré ; mais cette reconnaissance fut de courte durée. Pour toutes les élections, les tchadiens ne l’ont jamais plébiscité. Tout a été acheté; le bourrage des urnes, le traficotage des procès verbaux des votes, etc. les griots, les bouffons, les tambourinaires, les foules en liesse, tout ça, c’est pour et à cause de l’argent. Deby croyait fermement qu’il est adoré, adulé, refusait d’écouter les rares conseils qui allaient dans le sens contraire, les auteurs ont été écartés sans ménagement. Jusqu’à cette triste journée du 16 mai 2004, où sa propre garde rapproché a tenté de faire exploser son avion en plein vol. Pour beaucoup d’observateurs, ce fut un tournant dans la vie privée et publique de Deby. Ce fut comme un homme qui se réveilla après un long sommeil fait des rêves mirifiques, bref le coup de massue. Deby n’a jamais imaginé que quelqu’un ne l’aime pas au Tchad, quelqu’un est contre lui. Les opposants politiques, juste des kleenex utilisables à satiété! Et pourtant, le referendum sur le changement de la constitution confirma ce qu’il refusait de croire, rebelote aux élections présidentielles. Alors la décision fut prise par le cercle restreint : protégeons notre pouvoir, buvons et mangeons jusqu’à ce que Dieu décide autrement. Le Tchad, les tchadiens, on s’en fout.

Ainsi Deby décida de punir les tchadiens pour leur ingratitude, individuellement et collectivement. Le délabrement de l’administration publique et territoriale, le refus de payer régulièrement les salaires, les pensions, le refus de résoudre des problèmes simples mais cruciaux, tels le problème énergétique, l’eau potable, les infrastructures de télécommunication et des transports, etc., rentrent dans le cadre de la punition collective. Quant à la punition catégorielle, elle concerne des communautés, des régions, etc. La communauté arabe est la première victime de cette punition catégorielle. Alliée inconditionnelle du régime aux premières heures, Deby par ses incohérences habituelles, a poussé les arabes à prendre leur distance. De toutes les communautés, les arabes sont les derniers à prendre leur distance vis à vis du régime. Aujourd’hui Deby les pousse à la vindicte internationale en la qualifiant des djandjawids à la solde d’El quaïda.

L’autre victime de la punition collective est la région du Ouaddaï, les ouaddaiens et surtout la ville d’Abéché. Deby n’a jamais porté les ouaddaiens dans son cœur et ceux ci le savent, mais il aime Abéché, car cette ville aux minarets lui rappelle ses frasques de jeunesse : le quartier ben djedid, le kidi gorane à coté du Raad dringuel, les nanas, le kondrong, le cochatt, etc. ; quelle belle époque !! Alors il a décidé d’investir à Abéché. Mais Abéché et ses ouaddaiens sont des ingrats : lors du passage des éléments de l’UFDD, les abéchois ont décidé de démolir la villa présidentielle et d’y mettre le feu. Depuis Deby ne met plus pied à Abéché.
Ainsi donc toute l’activité privée et officielle de Deby et de son régime tend à appliquer cette ligne de conduite : protéger le pouvoir en mettent tout en œuvre pour combattre la rébellion et faire des provisions pour l’avenir au cas où. Les tchadiens, leur souffrance ? On s’en fout, ça leur apprendra d’être ingrats à celui qui leur a apporté la démocratie et le pétrole.

Et pourtant ce n’est pas l’argent qui manque, dans les comptes bancaires du trésor public, à la date du 30 mars 2007, la position nette du gouvernement était de 171 milliards de CFA ! En plus d’ici fin avril, 14 milliards f CFA sont attendus sans parler des 371 milliards qui ont été dépensés pour faire la guerre et autres détournements. Sur ces 371 milliards, 30% ont fait l’objet d’un virement régulier vers des banques suisses, françaises et israéliennes; le reste étant transporté en espèces par les différents porteurs qui sont bien connus du public tchadien. Mais entre temps, l’administration tchadienne se délabre et les tchadiens meurent de la chaleur, parce que leur président par pure méchanceté, a décidé de les faire payer pour leur refus du faux, pour leur lutte contre la gabegie et l’injustice.

Beremadji Félix
N’djaména


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