Les Brèves de N’djaména: Deby, la tête dans la farine

Dans le microcosme politique du Tchad y compris dans les chancelleries, personne ne sait où va Idriss Deby. Bon nombre de personnes se demandent d’ailleurs si le monsieur a toutes ses facultés mentales. Plusieurs faits et actes amènent les uns et les autres à se poser des multiples questions et de tenter de trouver des réponses qui, en fait, ne sont que des suppositions.  Le dernier en date est son déplacement  en fin de semaine passée à la douane du pont Nguéli.  Deby,  accompagné de tout son staff politique et juridique,  après avoir inspecté les dégâts occasionnés par l’incendie du parc des douanes de pont Nguéli,  a déclaré la guerre aux douaniers fraudeurs qui se sont enrichis sur le dos des citoyens. Il déclara tout de go que ceux qui ont construit des villas à 500 millions f CFA -pour certains plusieurs -, verront les services du ministère de la justice et de l’assainissement débarquer chez eux sous peu.

La radiation des centaines des douanes suivies du discours musclé de Deby au Pont Ngueli ont été salués par l’opinion publique.  Le citoyen lambda a applaudi de deux mains à cette déclaration du premier magistrat.

Mais dans le milieu des nouveaux riches chacun allait de son commentaire, affirmant qu’il s’agit là des déclarations habituelles sans lendemain de Deby!!

Ces derniers ne se sont pas fait démentir, Deby signa 24h après sa sortie hargneuse  les décrets de réhabilitation de ces mêmes fraudeurs.  En effet, tous les douaniers radiés ont été reversés dans leur service d’origine. Donc aucun n’a été laissé dans la rue. Et il ne sera  pas surprenant de voir d’ici peu les mêmes à la douane faisant la pluie et le beau temps. D’ailleurs, il faut également signaler qu’il a été demandé aux militaires radiés de se faire enregistrer au niveau de B1 dès ce lundi 16 avril 2012

Il faut rappeler que dans ses moments d’égarement, les décrets signés  ont frappé en même temps que  ses parents, bon nombre des fonctionnaires réguliers des finances affectés aux douanes. Comme ces décrets sont contraires aux textes portant statut des fonctionnaires de la République, les victimes maîtrisant bien lesdits  textes se sont regroupés en corporation syndicale et ont tapé fort avec avocats à l’appui pour se faire entendre. C’est en ce moment que les parents de Deby ont découvert l’importance d’une corporation syndicale et ont rejoint ce groupe assurant du coup l’intendance et le reste. Ayant enfin découvert l’importance du syndicat, ne soyez donc pas surpris de voir  l’un d’eux à la tête d’un des syndicats sous peu.

En réalité d’où viendrait cette agitation qui aura mobilisé inutilement toute la République ? En fait Idriss Deby a voulu s’émanciper de l’emprise des Zaghawa, il s’est trompé, il s’en est aperçu à ses risques et périls. Salay Deby a répété à celui qui veut bien l’entendre qu’il exécute les instructions de son grand-frère, à savoir les zaghawa sont devenus trop riches,  trop puissants et incontrôlables il faut les ramener  donc  à leur point de départ. Le schéma a été tracé depuis  le début de l’année et les premières mesures ont été prises sur les militaires, ensuite les douaniers, les policiers les intégrés fictifs ou sans diplômes  et les Daafm devraient être la dernière étape.

Or Deby l’a compris tardivement et à ses dépens que les douaniers sont des gens  trop puissants entretenant une clientèle clanique très étendue.

L’opinion publique ignore ce qui s’est passé réellement  dans le milieu « BERRI » entre vendredi et samedi derniers, tellement que la circulation de l’information y est très compacte.  En effet les douaniers avaient prévu  une démonstration des forces ce lundi 16 avril au risque d’embrasement provoquant la chute de Deby;  pour ce faire ils ont pris contact avec les anciens militaires démobilisés et pour garantir leur sécurité, ils ont  envoyé des équipes à la gendarmerie et à la police pour  tester

leurs réactions au cas où on leur donnerait  l’ordre de  mâter la manifestation ;  la réponse était sans équivoque : les deux corps qui sont eux-mêmes menacés par des  décisions incongrues de Deby, ont déclaré fermement qu’ils ne bougeront pas d’un iota. Ensuite  une petite équipe très restreinte conduite par un des très proches de Deby s’est rendu aux commandements de l’Escadron Général  et de deux compagnies de sécurité rapprochée ; là aussi la réponse est satisfaisante : éviter de nous provoquer en venant  directement à la Présidence, pour le reste on s’en mêle pas tant que la Présidence n’est pas attaquée ! Dernière corporation à être consultée, les commerçants ! Pareil, comme dans les films de fiction où nait toujours une passion amoureuse entre l’otage et son bourreau, les commerçants de N’djaména ont pris fait et cause pour les douaniers depuis le déclenchement de cette affaire, ils ont donc décidé de fermer le marché tant que dureront les manifestations !!

Mais il reste un point très important à régler : et . . . après Deby ? D’aucuns ont suggéré d’informer tel ou tel  cadre, ou pourquoi pas faire appel aux exilés au cas où . . . ? Mais la majorité a refusé de se verser dans les conciliabules politiques et politiciennes et a déclaré que Deby veut nous faire agenouiller, on va le faire tomber, mais le pouvoir  est entre les mains de Dieu qui est libre de remettre entre les mains de celui qu’il aura choisi ! Un point c’est tout. !  Cette attitude consistant à faire partir Deby sans pour autant chercher à le faire remplacer par un autre zaghawa,  est une première et une évolution dans les mentalités des zaghawa qui sont au pouvoir depuis 21 ans et qui ont toujours considéré que le pouvoir  leur appartenait à eux et à eux seuls.

Ceci dit, comme le pyromane et le pompier sont de la même espèce, dès la fin de la réunion les mêmes très proches se sont rendus ensemble chez leur parent pour lui signifier sans retenue et avec effrontément ce qui s’est passé et ce qui s’est dit. La suite est connue et le feu est éteint par la reculade immédiate et sans vergogne de Deby.

Conséquence de ce retournement de la situation, le Pm peine à former  la fameuse commission d’enquête contre ces mêmes douaniers ; tous les membres pressentis ont catégoriquement refusé d’y faire partie arguant d’ailleurs à juste titre qu’ils vont pas se salir inutilement les mains  pour être demain la risée de ces mêmes douaniers parce que les conclusions de leur travail n’ira nulle part, d’autant plus que Deby est capable de dire qu’il n’ a jamais ordonné une telle enquête et qu’il est même capable de remettre les copies de ces rapports aux intéressés.

Que retenir de ce charivari ?  Que Deby est très touché par la fronde de ses parents, comme en mai 2004 où un groupe des rapprochés a voulu réellement l’assassiner.  En voulant toucher aux biens mal acquis de ses parents, il a senti réellement la menace venir.   Deby  qui a toujours fanfaronné qu’il n’est pas le Président des  Zaghawa, qu’il est le Président élu de tous les tchadiens vient de montrer ses limites, en fait plus qu’il n’en pense les zaghawa le tiennent bel et bien. Pourtant, l’opinion tchadienne aurait bien voulu que Deby ne reculasse pas, pour d’abord sa propre  crédibilité et pour la justesse de la décision de poursuivre les propriétaires des biens mal acquis.

Après s’être plié sans honte au diktat de ses parents, il lui serait désormais très  difficile, voire ridicule de fanfaronner sur les autres. Naturellement rien ne sera comme avant. Pour un homme normal, ce sera une démission pure et simple après un tel camouflet, mais cela ne ressemble pas à Deby, il fera comme si rien n’a été. Pour le moment  Il est en train de ruminer sa rancœur et  ne soyons donc pas  étonnés de voir  d’autres actes inimaginables de sa part dans les jours qui viennent, accentuant ainsi la désintégration de l’appareil de l’Etat.

Entre temps les victimes des Deby  d’Oum Hadjer prient Dieu.

Mahamat Ahmat
N’Djamena- Tchad

 


Commentaires sur facebook

20 Commentaires

  1. abakar ali

    par cet acte, le PR vient de nous prouver qu’il est faible face à ses parents.désormais ils n’auront plus peur de personne. ils se voient deja au dessus du president

  2. ADOUM

    Slt les amis. Pourquoi ce silence pour une information aussi importante à debattre. Pour ma part, sincérement ça m’a fait d’abord rigoler. Ensuite il m’est arrivé l’idée de debattre avec vous sur le fond de la decision de reculade. Est-ce qu’il y a une menace réelle, ne serait ce que minime, politiquement ou juridiquement? Toute prise de decision a ses consequences. C’est pourquoi, je pense qu’avant de decider à faire quoi que ça soit, mieux vaut bien reflechir sur les consequences à venir. Une fois decider, on doit s’assumer quelque soit son ampleur. Cette manière de ceder toujours aux menaces discrédite l’image des hauts responsables du pays. Et cela va de soit pour tous les Tchadiens. Parler mal de son président est au Tchad un plaisir pour certaines catégories mais en diagnotiquant ce comportement n’a rien de positif. Au pays de Toumai, la notion de patriotisme a completement disparu. Quelque soit notre position sociale, le Tchad nous appartient à tous sans distinction. Aidons nos autorités dans l’accomplissement de leurs taches pour qu’on puisse beneficier des fruits du travail bien fait. Le peuple Tchadien a sa part de responsabilité dans cette impasse du pays. Il a apparemment un goût de mal de son prochain. Si d’aucuns applaudissent sur une decision prise par le gouvernement, en analysant le fond, il se trouve qu’une communauté ait été visée. Soyons consequent avec nos consciences. Ne souhaitons pas le mal à quelqu’un ce que nous ne voulons pas pour nous-même. SOYONS UNIS ET QUE DIEU NOUS AIDE A ALLER DE L’AVANT. VIVE LE TCHAD

    • abakar banda

      Cher Compatriote je suis d’accord avec toi en grande partie mais j’ai mes réserves :

      Parler mal d’un homme qui confisque le pouvoir du peuple par les armes et à coup des mascarades électorales ne peut être que du patriotisme. Cela fait bientôt 22ans que nous vivons dans la dictature et le despotisme absolu, donc se défouler un peu sur les conneries du despote ne peut être que juste.

      Nous ne pouvons pas être fières de nos institutions tant que ces dernières ne sont pas à la hauteur de l’attente du peuple tchadien.

      Nous voulons aller de l’avant certes, mais sans Deby. 21 ans c’est assez. Le peuple y’en a marre

    • lalekoumaafé

      Cher Adoum, tu nous exhorte à bien de IDi et de son clan? Ok on n’en disconvient pas, on est certes tous des tchadiens mais n’avons pas les memes droits. Pendant que les jeunes zoulous comptent les milliards, les autres jeunes tchadiens quemendent pour vivre, pardon pour survivre et tu nous demande de bien parler des Zagawas? Cette notion du patriotisme n’a pas sa place ici Monsieur Adoum. Excuses moi.

      • Adoum

        Slt cher ami. En fait je pense que vous avez mal interprété mon message. Je ne demande a personne de parler de bien d’un individu ou d’un clan. Essayer de parcourir la plupart d’intervention sur tous les sujets évoqués, il se trouve que plus de 90% parle que de négatif. Critiquer dans le sens positif est un apport très précieux. Mais quand on veut donner un avis, il faut une démonstration du problème en question. Expliquer avec détails le mal et proposer les solutions adéquates. Si nos interventions pourront être lu par les autorités du pays et qu’ils peuvent les prendre en compte, je crois que cela leur apportera une nette amélioration dans l’accomplissement de leur tache. La situation actuelle que vit notre pays peut être comparer a peu près la même situation qu’à vécu l’occident il y a de cela un siècle. Et même a nos jours, l’injustice dont on évoque le plus souvent dans nos débats, existe d’une autre manière beaucoup plus sophistiquée en occident.  Prenons l’exemple de la France, d’Israel et des États-Unis ( avant 5 ans ). Est-ce que sincerement il y a la justice comme on la pretends. Les enfants de pauvres et des immigrés n’ont jamais eu les mêmes droits que ceux des riches.  Quand on vit a l’étranger, on peut voir beaucoup des choses au clair. Souhaitons la paix pour notre pays. Le développement est lié avant tout a la paix et peut être très rapide. Et enfin je vous remercie de vos remarques et crois vous avoir éclairci de ce dont je voudrais transmettre comme message. A +.

  3. ARISTIDE DINGAMDOUM

    Meme si on ne doit pas souhaiter le malheur à quelqu’un, pour ceux là, je peux le faire.Ca fait déjà 21ans que le peulple tchadien souffre entre les mains d’un clan, d’une seule ethnie…C’est trop!! mes frères.Moi entant que tchadien jai la rage au coeur du moment où je me bats pour le devellopement de mon pays, il y a un autre qui s’offre le luxe de detourner le bien public, personne n’est à mesure de le reprimander..celà prouve clairement que Deby est le président des zaghawas, que ça fasse mal mais personne ne dira le contraire..

  4. sao

    Si l’INJUSTICE continue au Tchad, nous n’allons jamais change ce pays.
    Les clivages ethniques existaient avant l’arrivee de Deby et existerons apres son regime. Il faut eviter d’utiliser la clanisme, le regionalisme, L’ETHNOCENTRISME comme moyen d’acceder au pouvoir.

    Quelle est l’ethnie de « Toumai » si nous croyons a l’histoire?

    Nous sommes tous egales car nous descendons tous d’un meme origine:Toumai:) or plus loin Adam and Eve.

    Soyons JUSTE envers TOUS LES TCHADIENS SANS EXCEPTION(Zaghawa, Beri, Sara, kanembou, gorane, arabe….les 300 groupes ethniques), en effet Dieu dans le Saint Coran dit:

    « Ô vous qui croyez ! Pratiquez avec constance la justice en témoignage de fidélité envers Dieu , et même à votre propre détriment ou au détriment de vos pères et mère et de vos proches, qu’il s’agisse d’un riche ou d’un pauvre, car Dieu a la priorité sur eux deux. Ne suivez pas les passions au détriment de l’équité, mais si vous louvoyez ou si vous vous détournez, sachez que Dieu est bien informé de ce que vous faîtes ».
    *
    (Sourate An-Nissâ’ – Les Femmes – verset : 135).

    Bref si Les Tchadiens refusent de changer, si nous sommes PRESQUE tous anime de mauvaise foi( la course au pouvoir comme moyen de s’enrichir et d’acceder aux biens mal acquis), ce n’est pas la faute a Deby.

    « Si on veut changer le monde, il faut changer la société,
    si on veut changer la société, il faut changer les hommes,
    si on veut changer les hommes, il faut leur donner envie de changer »

    A. Einstein

    Si nous ne manifestons pas l’envie de changer par des ACTES concrets, personne ne nous changera ( ni un President, ni encore un Opposant politique), c’est une responsabilite collective, commune, je dirai globale de tous les tchadiens.

    • Adoum

      Impeccable. Vous raisonnez bien mon Frere. Sincèrement je tire un réel plaisir de discuter avec des gens qui argumentent. Nous devons changer pour le bien être de tous. Nous, intellectuels, devons nous sacrifier pour laisser des bonnes traces aux générations futures. J’espère que ces écrits existeront pour toujours même si on parle a l’anonymat. L’essentiel est le service que cela peut rendre a ceux auront a parcourir. A +.

      • nékarmbaye oussoumel

        Je pense qu’il n’est jamais trop tard pour bien faire. Les biens mal acquis doivent soit revenir à l’Etat tchadien, soit purement être détruits pour qu’il n’y ait plus de trace pour les auteurs intouchables dés l’instant où nous savons tous de ce que c’est la poursuite judiciaire au Tchad. A bon entendeur salut !

  5. Samanja

    أعتقد أن الأمر لا يتطلب من أحدنا أن يكون بمستوى ذكاء أشنطاين حتى يدرك ما يصبو إليه الأخ محمد أحمد, و لكن هل أدرك هو ما أدركه الأخرون …

  6. Dering

    Salue chers compatriotes. Tout est dit mais pas tout. Si le peuple critique le president ou le gouvernement c’est pour l’exciter d;aller de l’avant n;est-ce pas? Alors laissons le peuple faire ses analyses et constant. Nul n’est infaible. Mercie.

  7. TCHADENLIGN.COM

    Pour que cesse l’humiliation du peuple tchadien…
                                                                

    « Tous les crimes sont venus de la tyrannie, qui fut le premier de tous. » Saint-Just
     
    En à peine vingt-quatre heures, la scène politique tchadienne s’est vue bouleversée par deux événements d’importance majeure. Le premier est survenu, avant-hier, dans la soirée, avec la disparation de Djibrine Dassert, des suites des tortures infligées par les sbires d’Idriss Déby. Ce Colonel, ancien chef d’Etat-Major du MPS, avait pourtant été un des compagnons de la première heure d’Idriss Déby, lui permettant d’accéder au pouvoir le 1er décembre 1990. Par la suite, révolté par l’injustice et l’oppression qui régnaient au Tchad, Djibrine Dassert avait pris le chemin de la rébellion, fondant son propre mouvement politico-militaire, le MPRD. Capturé au sud du Tchad en 2011, il avait été publiquement humilié par Idriss Déby en étant exposé, enchaîné, sur la place de la Nation à N’Djaména. Enfermé dans le camp de concentration de Korotoro, il avait été relâché il y a quelques semaines à peine, mais il ne parvint jamais à guérir des sévices prodigués par ses geôliers.  
     
    Et, le lendemain de la mort de ce héros de la résistance tchadienne, un deuxième séisme extirpa N’Djaména de sa torpeur : l’arrestation et la mise sous mandat de dépôt du Secrétaire Général à la Présidence, Mahamat Saleh Annadif (MSA). Bien qu’il ne faille nullement mettre sur un pied d’égalité le trépas d’un digne fils de la patrie et la neutralisation d’un des plus proches collaborateurs d’Idriss Déby, il convient tout de même de s’indigner devant l’arbitraire de cette dernière situation. Prenant pour prétexte une obscure affaire de détournement de fonds, Idriss Déby a précipité la chute de celui que nombre de fins connaisseurs de la vie politique tchadienne voyaient pourtant poursuivre sa course vers le firmament. Qu’importe… L’incarcération de MSA vient confirmer un état de fait, lancinant depuis vingt-et-une interminables années : au Tchad, nul ne saurait porter ombrage à la toute-puissance d’Idriss Déby. Ceux qui, par malheur, se sont hasardés à croire le contraire, se persuadant qu’ils pourraient changer ce régime dictatorial de l’intérieur, l’ont tous payé au prix fort. MSA, le transfuge du PLD, n’a pas dérogé à la règle. Au pays des Sao, sous le joug de la figure inquiétante du « boucher d’Amdjarass », nulle place n’est permise pour la justice, pour l’intégrité, pour l’espérance.
     
    Et pendant ce temps-là, loin des ors du pouvoir et des lambris dorés du Palais Rose, à des années-lumières des manipulations politiciennes et du machiavélisme d’Idriss Déby, la population tchadienne vit dans le dénuement le plus total. Le délestage et les moustiques sont le lot quotidien de millions de personnes, y compris à N’Djaména, que la rente pétrolière aurait dû pourtant transformer en un nouvel eldorado. A Farcha (un quartier huppé de la capitale tchadienne), des villas de cinq étages toutes plus extravagantes les unes que les autres tutoient les étoiles tandis que s’amassent sur le bord des routes en latérite des centaines de mendiants ou d’enfants des rues. Et que fait Idriss Déby pour remédier à cette situation intenable ? Comme toujours, rien. Il préfère manipuler, louvoyer, humilier, quand il ne tue pas.
     
    Mais, comme le dit si justement l’adage, l’aube n’est jamais aussi proche qu’au plus noir de la nuit. La tyrannie de Déby prendra bientôt fin. Toutefois, il ne faut pas à s’attendre à ce qu’elle boive elle-même la cigüe de sa déchéance. Il faudra lui administrer. Sans attendre. Et c’est l’appel que nous voulons lancer aujourd’hui. Fort de l’exemple de MSA, nous sommes persuadés que toute collaboration avec le sanguinaire Idriss Déby Itno sera inefficace et ne servira qu’à renforcer son pouvoir. La seule voie tangible reste et demeure l’opposition radicale au régime de N’Djaména. Il faudra donc lutter, lutter de toutes ses forces, le plus souvent au péril de sa vie,  comme le fit si courageusement Djibrine Dassert. Mais, nous en sommes convaincus, si nous consentons à tous ces sacrifices, la victoire sera inévitablement au bout du chemin. La communauté internationale, dont nous ne pouvons douter un seul instant de l’humanisme, ne pourra rester insensible très longtemps aux déboires de ce peuple tchadien martyrisé. Elle finira par voler à notre secours, comme elle l’a fait en Côte d’Ivoire, en Libye et en Syrie. Ainsi, après plus de deux décennies de souffrances et d’oppressions, après l’assassinat de personnages aussi illustres que Bichara Digui, Abbas Koty ou encore Ibni Oumar Mahamat Saleh, il viendra bientôt le jour où, n’en doutons pas, les loups s’enfuiront et le sirocco de la liberté soufflera à nouveau sur le plus beau pays du monde.
     
     Rédaction de TCHADENLIGN.COM

    • Alphonse

      La rédaction de Tchad en ligne,

      Merci pour votre apport dans ce débat d’idées mais à mon humble avis les tchadiens ne verraient pas de changement s’ils ne changent pas d’eux même. Espérer quelque chose de la communauté internationale n’est pas la meilleure recette. Prendre les armes n’est pas la solution non plus. Permettez moi de vous rappeler que Idriss Deby aussi est arrivée par les armes et regarder dans quelle situation misérable se trouvent 90 à 95% de la population tchadienne. La rébellion dont vous prônez ne serait qu’un mal supplémentaire; juste pour vous rappeler les évènements du 02 février 2008, la coalition de différentes forces rebelles étaient à 2 km du palais présidentiel mais comme aucun des leaders n’avait la bonne foi, ni la conviction de mener à bien ce pauvre pays, ils n’ont pas réussi à s’entendre et votre soit disant communauté internationale aurait fait revenir Deby car les rumeurs laissaient croire qu’il s’était fait exfiltré. Bref c’est pour vous dire que la rébellion n’est pas la solution. Au Tchad on a vu mille et un allers-retours en rébellion pour de postes de responsabilité ou moyennant une enveloppe. Deby semble compris ce jeu et, conscient du rapport de force actuel à son avantage, ne s’y prête plus. Juste pour dire qu’espérer sur la rébellion relève de l’utopie; il n’en demeure pas moins que parmi ces rebelles y a peut être des hommes de conviction et même ces derniers sont souvent voués à l’échec à cause des accords qu’ils doivent faire avec de gens de mauvaise conviction pour qui rébellion = revenir et s’enrichir en dilapidant les deniers publics.
      Un printemps tchadien est il envisageable? Peut être oui! Il n’y a que Dieu qui sait tout! Mais encore une fois, à mon humble avis, ce n’est pas réaliste car si vous faites une analyse objective de la population tchadienne, force est de constater que, malheureusement, tribalisme, géopolitique, ethnocentrisme et surtout IGNORENCE prévalent sur le bon sens, le patriotisme et la bonne foi. La population tunisienne qui s’est soulevée n’a pas connu de rébellion précédent ce soulèvement et est presqu’à 65 -70%, si ce n’est plus, alphabétisée et elle s’est soulevée spontanément et de façon unanime sans distinction d’ethnie, ni de régionalisme et ça a porté fruit. Est-ce faisable au Tchad?
      C’est quoi le remède alors?
      J’aborde dans le même sens que le commentaire de notre compatriote «sao». Tant que chaque tchadien ne fait pas son examen de conscience, qu’il ne se remette pas en question et surtout s’il ne se forge pas la droiture, notre situation risquerait de ne pas changer. J’utilise le conditionnel parce qu’il n’y a que Dieu qui prédit l’avenir.
      Deby est à l’image de la population tchadienne et chaque peuple ne mérite qu’un dirigeant qui est le reflet de sa société. Certes, le président est le premier responsable de la situation de son pays mais il y a une responsabilité collective. Des exemples simples : Il y a au Tchad des domaines où Deby n’a aucune expertise et dans ces domaines, les soit disant cadres tchadiens peuvent faire avancer les choses sans la politique. L’exemple de l’enseignement supérieur est patent; est ce qu’on a besoin de Deby pour changer les choses? Certains me diront oui car c’est lui qui nomme les ministres. A l’enseignement supérieur non, du moins pour certaines choses. S’il n’y avait pas de lobbies d’enseignants du Nord, du Sud, les querelles assassines, mesquines et minables, entre professeurs, qui dit-on, exercent un des métiers les plus nobles, on peut changer les choses dans ce domaine et former davantage de futurs cadres. Un autre exemple c’est le cas des médecins. Comment peut-on imaginer dans un pays comme le Tchad où il y a un ratio médecin par habitants je ne sais de combien, un médecin qui finit ses études et qui rentre chez lui pour exercer ce noble métier doit faire face à une muraille de médecins pour se faire une place quelque part. Est-ce que Deby est responsable de tout ça mes chers interlocuteurs? Les exemples n’en finissent pas; c’est juste pour illustrer qu’il y a une responsabilité collective.
      Rien de plus pire que l’hypocrisie des intellectuels! Et les tchadiens de la diaspora le savent je pense. On critique Deby, certes il est très mauvais et a beaucoup nui à mon cher pays, mais beaucoup d’intellectuels ne veulent pas changer les choses.
      Le comble est que même une bonne partie de la population encourage au faux. Quelqu’un vient de se faire nommer à un poste de sa responsabilité et c’est son propre entourage ou même sa propre famille lui dit «saisis l’occasion, profites en! » Imaginez!!!!!!!!!!!!
      Un autre constat amère est que même certains tchadiens qui étaient à l’étranger, prônaient la justice et qui étaient septiques envers le régime de N’djamèna, une fois de retour au bled, sont rentrés dans le système comme le disent les tchadiens.
      Hélas et Hélas encore,
      Peut être que vous me trouverez assez pessimiste chers frères mais je ne vois pas autre solution que le questionnement individuel et l’examen de conscience collectif.

      Vive le Tchad!!!!!!!!!!!!!!!!

      • sao

        Mon cher frere Alphonse,

        Je me sens coupable en faisant une « autocritique », il faut avoir le courage de faire un rapport critque a soi-meme pour discerner et reconnaitre ses propres limites.

        Il est facile de critiquer les autres mais il est important de se regarder soi-meme avant d’indexer les voisins pour ceux qui ne va chez soi.
        A titre d’exemple, j’etais au Commissariat de police pour faire une piece d’identite; le policier qui m’accompagnait est un cousin qui m’a demande de donner de l’argent pour accelerer le processus. Je lui ai dit qu’il n’y a pas de difference entre « le corrupteur et le corrompu », et apres avoir rate mon vol, deux semaines plutard, une dame qui a l’air tres gentille m’a fait comprendre que mon dossier n’a pas bouge depuis le premier jour , j’ai compris le message et mon passport a ete delivre le meme jour a 16H30…

        Si tous les tchadiens luttent contre la corruption, le pays de Toumai n’occuperait pas le rang de 168/183.

        (http://www.journaldutchad.com/article.php?aid=2637)

        Pour vous dire que tous le systeme, de la TETE au PIED est malade.

        Mon cher Alphonse, je partage votre pessimisme, tant que les tchadiens refusent de changer, Dieu ne va pas changer leur destin. Il n’ y a pas de remede « magic ».

        J’ai lu sur le site de la presidence du tchad, Les Sao du Tchad version HandBall Homme remporte la 3ème édition du tournoi international de Handball.

        C’est avec une réelle volonté et détermination que la sélection nationale tchadienne s’est défendue pour maintenir le trophée de la 3ème édition du tournoi international de Handball dénommé « Trophy N’Djaména 2012 ».

        Le President de la Republique Son Excellence IDI etait au Stade Idriss Mahamat Ouya tres satisfait de brandir le « Trophy ». Une equipe qui gagne fait l’honneur de tous les tchadiens, je ne pense que IDI va nommer demain quelqu’un de sa famille pour etre « capitaine » de cette equipe de Handball!!!
        Je voudrai tous simplement dire cette volonte et cette determination de SAO doit etre un exemple a suivre sur tous les plans. Ce n’est ni un clan ou une ethnie mais simplement des jeunes tchadiens. Nous devons faire confiance a nos jeunes a les aidant a realiser leurs reves sans chercher a savoir leur origine.

        Nous devons conjugue nos efforts pour un Tchad nouveau qui gagne.

        Dieu ne change que le destin de ceux qui veulent changer leur destin. N’attendons rien du ciel mes freres et soeurs car tout est dans nos mains y compris notre destin.

  8. Sauvageot

    Je crois que l’on vilipende trop le président de la république. Il est un homme et peut avoir ses faiblesses, faire des erreurs. Normalement ce sont ceux qui l’entoure qui peuvent le conseiller et lui éviter de ces erreurs. A la lecture de l’article et de tous les commentaires qui s’en suivent, on dirait que l’autorité de l’Etat est entrain de s’effriter, ce qui n’est pas du tout normal. L’autorité est à respecter. C’est comme dans une famille. Si un père de famille n’a plus de respect de la part des membres de sa famille, femmes, enfants et autres domestiques, si ses décisions n’ont plus de valeur, aurait-il le respect des voisins et des gens de l’extérieur? Le président a bien dit lors d’une interview que son aide de camp lui a dit qu’il a triomphé de toutes les guerres sauf des zagawas et de l’armée. Pourquoi ne lui donne-t-on pas le respect dû à son autorité de chef d’Etat? L’exposer tout le temps ainsi et montrer à la face du monde qu’il est plutôt asservi par une communauté n’est-il pas honteux? On sait qu’en Afrique chacun de nous est soumis à l’autorité de sa famille, de son clan et de son ethnie. Mais c’est sa famille, son clan et ethnie qui doivent lui accorder tout l’honneur pour qu’il soit honoré par la suite de la part des autres. Lui donner du respect, et respecter ses décisions, ce n’est pas se soumettre à une personne, mais plutôt à une institution. 

    • Armaguedon

      C’est vrai que chacun/chacune de nous, le peuple tchadien est responsable de ce qui s’est passé et qui se passe actuellement, seulement à des degrés differents. On peut reprocher au peuple tchadien sa torpeur et sa passivité, aux intellectuels la vente de leur conscience(pas des diplomés car intellectuel implique une certaine responsabilité vis-à-vis de la société). Que reprocheriez-vous au pauvres paysans et aux pauvres femmes et enfnts des confins de’arrière-pays qui souffrent malheureusement de ces gabegies , nepotisme et de cette in justice? Mais le 1er responsable est bel et bien le President de la Republique. Je dis cela parce qu’il est le 1er Magistrat, le Chef Suprême des Armées et le garant de la Constitution qui lui confère le pouvoir redresser tout ce qui va mal et qu’il ne le fait pas. Ou s’il le fait , c’est d’apparence trompeuse de l’opinion nationale et internationale. Pourtant, il en a les moyens et le pouvoir.Regardez ce qui se passe dans les passations des marchés publics ou le clan en place s’octroie tous les marchés et s’enrichit enormement au detriment d’autres operateurs economiques. Et le Codes Des Marchés Publics prend de la poussière quelque part alors qu’à un certain montant le President doit donner son accord.. Qui doit veuiller à l’application des textes de la Republique? Pas le 1er Magistrat? Ce regime doit partir s’en est de trop! Les Tchadiens ont trop souffert et continue de souffrir. Nous sommes victimes de l’argent du petrole au lieu d’en etre beneficiaires; ça sert à acheter les armes pour tuer les autres tchadiens et les manquent d’un coté de nouriture, d’eau potable, de soins besoins vitaux d’un peuple. Nous importons du riz alors que la moitié du territoire est une rizière entière. L’argent du petrole doit servir d’abord à developper l’agriculture avant d’en acheter les armes. Les Zagawas ne peuvent pas tuer tout le peuple en un jour, detrompons nous. Courage et que Dieu soit avec nous!

  9. Issa Justin

    je pense avoir analysé les points précédents et je n’appuie pas ceux qui pensent qu’en parlant de la division ethnique on ne pourra sortir du gouffre actuel. Les tchadiens dans leur grande majorité n’ont jamais porté Deby dans leur coeur. Il s’est amintenu au pouvoir par la force à travers sa machine électorale. Et quand il y a une telle décision, nous aurions qu’il aille jusqu’au bout pour dire au tchadien réellement qu’il est le père de la nation tchadienne et il protège les intérêts de tout le monde mais quand il recule, cela nous renvoie à nos vieux démons. Ceux qui comparent l’Europe d’il y a un siècle au tchad, n’ont jamais étudié l’histoire puisque notre situation acteulle ressemble au Moyen age Européen et non au 20ème siècle moins encore au 18 ème. Tâchons dire la vérité puisque ce peuple minoritaire de 30 milles ammes prend en otage 11 000 000 de tchadiens et que ce peuple se resaississe un jour puisque la vie est une roue et quand celle-ci va tourner les zaghawa deviendront des vendeurs du thé au marché. Il est donc temps qu’ils réflèchissent qu’ils disent qu’ils ont obligation de collaborer avec les autres.

  10. Adoum

    Mr Justin, t’a prouvé par tes analyses que tu es un vrai moyen âgé. Tes complexes d’infériorité t’ont apparemment aveuglé. Les réalités Européennes actuelles en terme d’injustice sont beaucoup plus mauvaises que ce qu’on vis dans notre pays. Si tu connais ou tu vis en occident, jette un coup d’oeil dans les HLM. Tu ne trouvera aucun occidental de souche. Ils ont leur propre quartier. Des villas espacés et luxueux dans lesquels ils se trouvent a deux ou au plus a trois avec un enfant.  Alors que dans les HLM, se trouvent  des Français d’origines Africaines ( Arabes ou Noires ). Dans Les Grandes ecoles   prestigieuses se trouvent toujours les enfants des bourgeois. Les aventuriers et les autres d’esprit court qui ont cru trouvé tous en occident, se trouvent dans la rue sans domicile fixe. Tous ces problèmes sont d’actualités. Je parle bien au présent. Vous qui parlez de moyen âge la situation qu’on vit au pays actuellement, donne des exemples concrets et convaincants. Si non réveille  toi et regarde autour de toi. La souffrance qu’à traverser  l’occident pour se developer, est un long parcourt. Le mal qu’ils se sont fait subir les uns  les autres n’est comparable a aucun de nos problemes. Ils se sont sacrifiés pour obtenir  la liberté et non  parler des divisions ethniques et des propos haineux.  Votre manière de raisonner nous enfonce dans l’obscurite. Si ta vérité consiste a dire que 30000 âmes ont pris en otage le destin de 11000000 de personnes, cela ne convaincs personne. Comparaison n’est pas raison mais s’il faut analyser de ta maniere, que pouvons nous dire de la position des juives par rapport aux 7 milliard d’ etre humain de part le monde? Le probleme du Tchad, nous en avons evoque a plusieurs reprises dans nos  interventions. Il n’est pas lie aux hommes politiques. Il est plutot dans l’ignorance de la  majorite de la population. La solution est d’eduquer et de sensibiliser celle-ci  afin qu’elle   accepte son prochain avec ses différences et vivre ensemble. Faire des prévisions lointaines dans tous les domaines et prendre toutes les dispositions a appliquer les  engagements pris. C’est ça ce qu’on peut appeler solution a un problème quelconque. Si ça été  prise en  compte, tant mieux. Dans le cas échéant, nous avons apporté notre contribution. A bon entendeur salut. 

  11. Moyalbaye

    Adoum, je comprend ta position et j’y adhere. Le probleme reel reside au niveau de nos mentalité. Le tchadien aime voir le mal partout, il aime critiquer mais n’est disposé à proposer des solutions sages. Ces pratiques de bien mal acquis recomenceront meme avec un autre regime. IDI n’est pas le probleme, Zagawa n’est pas le probleme, le reel prbleme c’est notre maniere de voir le probleme. Desolé pour ceux qui ne comprennent pas, ouvrons les yeux et les esprits avant qu’il ne soit tard. La haine nous aveugle et entre temps notre vrai probleme continue son chemin. On ne fait pas baisser la fievre en cassant le thermo. Regardons de plus pres la situation et nous allons decouvrir ce qui ne vas pas.

  12. adjid

    Le regime de Deby est entrain de s’éffondrer seul.Mes chers frères,tous ensemble sans distinction d’ethnie de penser comment construisons le Tchad de l’après Deby.