Tchad : dans la région du Kanem, les populations craignent une pénurie alimentaire -Rfi

Dans la région sahélienne du Kanem dans l’ouest du Tchad, les populations doivent une nouvelle fois se préparer à une période de soudure qui s’annonce difficile. Ce laps de temps, entre la fin des précédentes récoltes et l’épuisement des stocks de production, devrait avoir lieu entre juin et septembre et les habitants sont inquiets.

A Mao, dans le chef-lieu du Kanem dans l’ouest du Tchad, peu d’enfants rêvent de devenir agriculteurs. C’est pourtant l’activité principale de la région mais cette année encore, la récolte a été médiocre. « Ça fait plus de dix ans qu’il n’y a pas de bonne pluie, explique une femme de paysan découragée. On n’arrive même pas à avoir trois ou quatre sacs. Même pour les animaux, il n’y a pas les herbes qu’ils doivent manger pour donner le lait, etc. Et des fois, ils meurent de faim ».

Et c’est bien connu, ce qui est rare et cher. Sur le marché, le prix du mil a triplé depuis la récolte : « Lui, explique une homme, il a calculé : un sac de mil par exemple, il l’achète à 30 000 francs Cfa. Avant, il payait un sac de mil 10 000 francs Cfa ! »

Alors pour faire face à cette spéculation dans le village de Tchila, une banque de céréales vient d’être mise sur pied par l’ONG Action contre la faim (ACF). Un petit entrepôt en banco [terre sèche], au milieu une porte bleue et dedans 65 sacs de mils et de maïs, achetés par ACF lorsque les prix étaient au plus bas. Ils seront revendus à prix coûtants aux adhérents. « Le membre paie 2 000 francs Cfa et quand on ouvrira la banque, il pourra acheter le mil moins cher, explique Omar Abdoulaye, le secrétaire du comité de gestion. Il n’aura pas besoin d’aller au marché. Ensuite, avec les cotisations, on pourra racheter du stock ».

La porte bleue est refermée soigneusement. Dans l’idéal, elle ne sera rouverte qu’en juin ou juillet prochain. Reste à savoir si le comité de gestion patientera jusque-là.


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