L’heure de grincements de dents – La voix No 0151 du 24 Avril au 1er Mai 2012

Avec l’arrestation du secrétaire général de la présidence, Mahamat Saleh Annadif, le microcosme politique tchadien de la haute sphère ressemble de nos jours à une zone de turbulence où ceux qui avaient une sorte d’immunité, à cause de leur notoriété vacillent et chavirent. Ceux qui étaient soit vénérés, redoutés ou soit adulés commencent par tomber un à un comme des fruits mûrs, rattrapés par le passé ou bouleversé par leur aura. Aux dernières nouvelles, l’actuel directeur de cabinet adjoint du chef de l’État et l’un des ex-ministres le plus en vue des précédents gouvernements, Ahmat Mahamat Bachir serait actuellement sur les sellettes, il pourrait, si les supputations s’avèrent probantes, suivre la cohorte des gros bonnets de ce pays déjà au gnouf, pour des raisons qui dépassent l’analyse de citoyen lambda. Mais, beaucoup se demandent déjà à quelle catégorie de citoyens s’adresse spécifiquement la “guerre déclarée“ à la faveur de l’incendie de la douane de Nguéli. Surtout, avoir choisi des manières aussi anticonstitutionnelles, pour payer en monnaie de singe, ceux-là mêmes qui ont fait allégeance au chef de l’État quelles que soient les casseroles qu’ils trainent?

 Le texte : aucun document de fond

 

Les analystes sociopolitiques les plus doués ont de la peine à décrypter la véritable raison ayant motivé l’arrestation de Mahamat Saleh Annadif et compagnie. Car toutes les étapes les plus élémentaires en matière d’instruction ont été foulées aux pieds. Rien ne dit qu’une simple audition d’un citoyen ne doit déjà constituer une preuve suffisante pour inculper et mettre sous mandat de dépôt un présumé coupable, surtout quand il s’agit des plus hautes personnalités. Mais, en refusant de suivre les procédures régulières, en matière judiciaire et en ignorant les cours spécialisées et la police en charge des crimes financiers, censées monter les dossiers d’inculpation en bonne et due forme, il y a anguille sous roche. Soit l’on craint de laisser du temps aux mis en cause pour préparer leur défense, soit les dossiers sont vides : dans ce cas, la seule chance d’humilier la “cible” est de passer par un détour extrajudiciaire. L’emprisonnement préalable devient ainsi une procédure idoine de règlement de compte aux amis fidèles devenus gênants, encombrants ou portant ombrage aux “affaires” de certains caciques du régime.

Le prétexte

 

Les arrestations de Mahamat Saleh Annadif semblent trouver un prétexte au coup de gueule du chef de l’État, lors de son passage à N’Guéli et naturellement de ses précédentes déclaration selon lesquelles, l’heure de renaissance rime avec l’arrestation de tous les fossoyeurs de la république. Mais, l’incendie de la douance de NGuéli n’est qu’une échelle et une perche supplémentaires, pour atteindre ceux qui n’étaient pas encore à la portée du « cannibalisme politique ». C’est notamment le cas d’Annadif, de Ahmat Mahamat Bachir, d’Adoum Younousmi et de bien d’autres. En écrouant aujourd’hui le secrétaire général de la présidence, en fonction, en menaçant sérieusement ses inconditionnels tels que Bachir et Younousmi (dont les dernières nouvelles ne sont bonnes pour lui), la grande porte de la pêche tous azimuts est ouverte avec fracas. Bientôt, l’embastillement de tous les fretins de la république à qui l’on dira simplement de se taire, car mêmes les plus puissants sont passés par le gnouf. Ce qui est sûr, le grand théâtre de règlement de compte sur la base des faits simplement déclarés au juge par n’importe quel quidam de la République. L’on se retrouverait alors face à ce qu’on appelle délit de faciès, où ne seront éligibles dans cette vaste compagne de représailles que des citoyens probablement désignés, pour répondre de leurs actes, plutôt minimes que ceux des faits à reprocher à des vrais nouveaux riches de ce pays.

Le contexte
Les arrestations ou les projets d’arrestation de ces jours se passent au moment où la justice tchadienne est sur la sellette de la communauté internationale dans la retentissante affaire Gali. Est-ce une manière de diluer le cas Gali dans des affaires plus rocambolesques que la sienne? Ce qui est sûr, cette vague de mise aux arrêts survint au moment où les multiples crises et grognes sociales peinent à voir le bout du tunnel. Toutes les lanternes multisectorielles sont au rouge.

 Le danger d’une telle pratique
Le fait de procéder à de tels schémas pour arrêter certains caciques du régime est une erreur monumentale. Car, cette façon de faire révolte et enlève en nos institutions leurs valeurs sacrées. Autrement dit, c’est le recul d’une démocratie qui a déjà fait du chemin. Qu’est ce qui dit que ces instigateurs ne trouveront pas un jour devant eux une résistance autour d’un présumé détourneur dont la famille se sera prête à le livrer en pâture?

Paul BianzeuFoba
Pfoba @yahoo.fr


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2 Commentaires

  1. abdalhadi

    tu as raison faux juge

  2. abdalhadi

    ANNADIF  un homme puissance un homme pour demain