Combats entre l’armée et les rebelles dans l’est du Tchad – Reuters

Des combats ont opposé forces gouvernementales et insurgés près des villes de Forchana et Hadjer Hadid, dans l’est du Tchad, près de la frontière soudanaise, où des rebelles avaient fait une brève incursion samedi.

Ces troubles soulignent la dégradation de la sécurité dans un secteur où doivent se déployer dans les prochaines semaines les premiers éléments de l’Eufor, la force de maintien de la paix de l’Union européenne qui comptera 3.700 hommes.

« L’armée nationale a commencé à nous attaquer à 9h30 (08h30 GMT) », a déclaré Mahamat Nouri, dirigeant de l’Union des forces pour la démocratie et le développement (UFDD), l’un des deux principaux groupes rebelles tchadiens.

« Nous avions reçu des renseignements sur l’imminence d’une attaque, alors nous étions prêts », a-t-il précisé à Reuters par téléphone satellite, alors que les combats se poursuivaient près des deux localités, à environ 70 km à l’est d’Abéché.

Le gouvernement tchadien a simplement confirmé qu’il y avait des affrontements dans ce secteur.

Ces combats ont éclaté alors que l’UFDD et le Rassemblement des forces pour le changement (RFC), un autre groupe rebelle, ont suspendu dimanche l’accord de cessez-le-feu signé un mois plus tôt à Syrte, sous l’égide de la Libye, avec le gouvernement du président Idriss Déby.

Samedi, des hommes de l’UFDD avaient mené une incursion à Hadjer Hadid, avant d’être pris en chasse par des hélicoptères tchadiens et français.

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Le groupe rebelle a affirmé que ses troupes n’étaient entrées dans la ville que pour se ravitailler en eau et qu’elles en étaient reparties rapidement sans avoir déclenché d’hostilité.

Les forces françaises présentes au Tchad ont sécurisé l’aéroport d’Abéché et les ONG ont suspendu leurs opérations dans deux camps de réfugiés proche de Hadjer Hadid, a déclaré un responsable de l’Onu.

A N’Djamena, le gouvernement a affirmé que les rebelles avaient opéré samedi de leurs bases arrière au Soudan « pour attaquer des gendarmes assignés à la protection de camps de réfugiés dans plusieurs petites implantations frontalières, dont Hadjer Hadid ».

« Le Tchad tient pour responsable le Soudan, qui a l’obligation de contenir les éléments armés de tous les signataires de l’accord de Syrte jusqu’à la mise en oeuvre de la clause centrale dudit accord, qui est le désarmement », a ajouté le ministre de la Communication, Hourmadji Moussa Doumgor.

Samedi soir, un autre incident s’est produit à Kou Kou Angarana, petite ville à 180 kilomètres au sud-ouest d’Abéché, où des hommes portant des tenues militaires ont fait irruption dans une enceinte utilisée par des ONG.

Un expatrié de Médecins sans Frontières et un autre étranger travaillant pour Oxfam International ont été battus à coups de crosse de fusil. Un agent de sécurité tchadien a reçu une balle dans la jambe. La plupart des humanitaires présents dans cette ville ont été évacués vers Goz Beïda.


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