Tchad: le Soudan a "armé" les rebelles et "violé" l’accord de paix – Afp

Un haut responsable tchadien a accusé mardi le Soudan d’avoir « armé » les rebelles impliqués dans les combats de lundi dans l’est du Tchad et d’avoir « violé » l’accord de paix signé le 25 octobre par N’Djamena et quatre groupes armés tchadiens, dont il est un des parrains.

« Le Soudan a violé l’accord de paix », a déclaré à des journalistes le général Ismaël Chaïbo, directeur général de l’Agence nationale de sécurité (ANS), les services de renseignement tchadiens.

« Il a pris des engagements par rapport à cet accord concernant le cantonnement et le désarmement des rebelles. Malheureusement il n’a pas voulu respecter ses engagements. Il les a armés (les rebelles), il les a chassés » de son territoire, a-t-il ajouté à Abéché, principale ville de l’est du Tchad.

Quatre rébellions hostiles au président tchadien Idriss Deby Itno ont signé le 25 octobre à Syrte, en Libye, avec les autorités de N’Djamena un accord de paix parrainé par Khartoum et Tripoli.

Cet accord prévoyait notamment le « stationnement » des rebelles sur la position où ils se trouvaient au moment de la signature du texte, c’est-à-dire, selon le gouvernement tchadien, au Soudan.

Dans des communiqués officiels publiés ces derniers jours, le Tchad accusait déjà les rebelles de l’Union des forces pour la démocratie et le développement (UFDD), qui se sont violemment affrontés lundi à l’armée à 90 km à l’est d’Abéché, de venir du Soudan.

Dimanche, le gouvernement prévenait que Khartoum porterait « une grande part de responsabilité dans la reprise inéluctable des hostilités si l’incursion des éléments armés venant du Soudan ne (s’arrêtait) pas immédiatement ».

Les rebelles accusent pour leur part les autorités tchadiennes de n’avoir rien fait pour appliquer l’accord de Syrte, et avaient décrété que le cessez-le-feu serait caduc un mois après sa signature, soit dimanche 25 novembre.

Le général Chaïbo a assuré que les rebelles avaient « pris la fuite vers la frontière » tchado-soudanaise, située à une soixantaine de kilomètres à l’est de la localité d’Abou Goulem où se sont concentrés les combats de lundi.

« On est en train de ratisser le terrain », a-t-il poursuivi, expliquant qu’il restait « une petite poche de résistance ».


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