Les combats au Tchad montrent le danger de la mission de l’Eufor – Reuters

Les récents combats dans l’est du Tchad perturbent le travail des organisations humanitaires et aggravent l’insécurité dans une région où la mission européenne Eufor doit être déployée prochainement pour protéger les civils.

Des affrontements d’une violence sans précédent depuis des mois se sont produits lundi dans l’est du pays, limitrophe du Darfour soudanais.

L’armée tchadienne a annoncé que des centaines de rebelles avaient été tués lors de ces combats.

Les chefs militaires de l’Union des forces pour la démocratie et le développement (UFDD) ont fait état de leur côté de 200 victimes dans les rangs de l’armée et ont dit s’attendre à de nouvelles attaques des forces du président Idriss Déby.

Ces bilans n’ont pas été confirmés de source indépendante.

Des journalistes qui se sont rendus à Abou Goulem, à une soixantaine de kilomètres de la frontière avec le Darfour, ont vu des carcasses de voitures, dont cinq véhicules d’assaut blindés, joncher la zone où se sont déroulés les combats.

Les affrontements ont éclaté alors que l’UFDD et le Rassemblement des forces pour le changement (RFC), un autre groupe rebelle, venaient de suspendre l’accord de cessez-le-feu signé un mois plus tôt à Syrte, en Libye, avec le gouvernement tchadien.

Les diplomates étrangers, qui jugeaient depuis le début cet accord très fragile, soulignent que les récents combats illustrent les dangers qui attendent les 3.700 hommes de l’Eufor dont le déploiement devrait commencer au début de l’année prochaine.

MENACE DE NOUVEAUX COMBATS

« C’est un avertissement (…) Personne au sein de l’Union européenne ne va se sentir tranquille maintenant qu’il y a eu ces violents combats », a déclaré à Reuters un diplomate qui a requis l’anonymat.

Le déploiement de la force européenne, prévu initialement en novembre, a été retardé en raison du manque de soutien médical et surtout de moyens de transport, notamment d’hélicoptères.

Les organisations humanitaires dans la région demandent depuis plus d’un an à la communauté internationale de protéger les 400.000 réfugiés soudanais et déplacés tchadiens qui ont fui leurs foyers à cause des violences au Darfour et dans l’est du Tchad.

« Nous aimerions avoir cette protection dès maintenant mais nous allons devoir vivre avec (cette situation) jusqu’à ce qu’ils arrivent. Espérons que d’ici là les choses se seront calmées », a déclaré à Reuters Annette Rehrl, porte-parole du HCR (Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés) au Tchad.

Elle a expliqué qu’une centaine de travailleurs humanitaires étaient bloqués dans la région de Forchana, où le HCR gère deux camps de réfugiés, à cause des combats des derniers jours.

La porte-parole a ajouté que certains employés pourraient être évacués de la région si la sécurité continuait à se dégrader.

Le secrétaire général de l’UFDD, Abakar Tollini, a précisé que les forces rebelles se trouvaient toujours près d’Am Zoer, au nord-est d’Abéché, plaque tournante de l’aide humanitaire internationale.

« Ils vont sûrement essayer de nous attaquer encore (…) mais nous leur avons donné une leçon, », a-t-il dit à Reuters par téléphone satellitaire.


Commentaires sur facebook