Affaire Hissene Habré – Promesse aux avocats des victimes : Début de l’enquête dans le court terme – Le Quotidien

Les victimes des exactions de Hissène Habré, à travers leurs avocats, ainsi que les organisations de défense des droits humains ne cessent de mettre la pression sur l’Etat du Sénégal pour un jugement de l’ex-président Tchadien. Des avocats de ces victimes, qui ont rencontré hier le directeur de cabinet du ministre de la Justice, indiquent que l’instruction de cette affaire va démarrer dans quelques mois.

Le dossier Hissène Habré est, à nouveau, relancé. Les avocats des victimes, qui ont rencontré hier le directeur de cabinet de Cheikh Tidiane Sy Garde des Sceaux, ministre de la Justice, ont eu l’assurance selon laquelle l’enquête qui devrait mener au jugement de l’ex-président tchadien pour «crime contre l’humanité» sera ouvert «dans quelques mois». Ces investigations se feront «dans moins d’une année, dans quelques mois, peut-être au début de l’année prochaine», selon Me Demba Ciré Bathily.

Le cas échéant, ce serait une première qu’un ancien chef d’Etat africain soit jugé par une juridiction africaine. Un test qui tarde à se réaliser de l’avis des avocats des victimes, qui ne cessent de réclamer la tenue de ce procès. «Nous attendons une confrontation entre Hissène Habré et les victimes, entre Hissène Habré et les archives de la Direction de la documentation et de la sécurité (Dds)», a déclaré hier un de ces avocats, Me William Bourdon, lors d’un point de presse tenu à Dakar.

En fait, Me Bourdon estime que «trop de temps a été perdu». En effet, des organisations de défense des droits humains ne cessent de dénoncer les lenteurs concernant la procédure de jugement de l’ex-président tchadien. En exil au Sénégal, depuis bientôt deux décennies, Hissène Habré, âgé de 65 ans, a été inculpé au Sénégal en 2000 pour complicité de crimes contre l’humanité, actes de torture et de barbarie. A défaut de le juger, son extradition vers la Belgique avait été demandée en 2005, car les demandes de poursuites formulées depuis 2001 sont restées sans suite.

Après que les juridictions sénégalaises ont eu à se déclarer incompétentes pour juger Habré, cette affaire a connu un autre rebondissement en juillet 2006 : l’Union africaine (Ua) avait désigné le Sénégal pour accueillir, «au nom de l’Afrique» le procès de celui qui a dirigé le Tchad de 1982 à 1990. A cet effet, le Sénégal avait annoncé en novembre 2006 la création d’une commission chargée d’organiser le procès et la révision de la législation sénégalaise pour permettre de juger Habré. Il s’agissait d’une réforme de la Cour d’assise, qui pour l’instant est à l’état de projet de loi. Une réforme sans laquelle le procès en question ne peut se tenir.

Ensuite s’est posée la question du financement de ce procès qui s’avère coûteux. Estimé d’abord à 44 milliards de francs Cfa par le ministre de la Justice Cheikh Tidiane Sy, ce chiffre sera revu à la baisse et fixé à 18,9 milliards. Hier lors de leur point de presse, les avocats des victimes de Hissène Habré ont annoncé qu’une «ligne budgétaire» est prévue dans la loi de finances 2008 pour les besoins de l’instruction.

Selon l’Agence de presse française, «une mission d’experts européens -un Français et un Néerlandais- est attendue dans la deuxième quinzaine de janvier à Dakar pour fournir une assistance financière et technique».

Aminatou M. DIOP


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