Mise au point sur le communiqué de presse du MPS

Dans le foulée de la conférence de presse que j’ai animée le 14 aout 2012, et avant même que les medias n’en rendent compte, M. Mahamat Hissene, porte-parole du MPS, a diffusé un communiqué de presse truffé de contre-vérités à propos du statut de l’opposition. Cela m’amène à rappeler certains faits pour édifier l’opinion.

La Loi 20 portant statut de l’opposition a été promulguée le 4 aout 2009 par le Président de la République. La mise en œuvre de cette loi était conditionnée par l’organisation des élections législatives, d’une part pour avoir des règles de financement des partis politiques, et d’autre part, pour connaitre le Chef de l’opposition, issu du parti politique ayant le plus grand nombre de députés à l’Assemblée nationale.

En ce qui concerne le financement des partis, un décret de janvier 2012 l’a renvoyé à 2013, ce qui est simplement scandaleux. Il en est de même du Chef de l’opposition dont le sort a été lié, à tort, à la modification de la loi confiée au Comité de suivi. Ce qui fait cruellement défaut, c’est le décret d’application qui peut être signé à tout moment, si la volonté politique existe.

Depuis que les règles du jeu sont connues, le Président de la République n’a posé aucun acte, pour  mettre en œuvre cette Loi. Il s’est plutôt muré dans un silence étonnant, donnant ainsi libre cours à toutes les supputations. C’est pour y mettre fin que je lui ai suggéré, en juin 2011, de signer un décret d’application afin de mettre en place la structure. Dans la foulée, je lui proposai aussi l’envoi d’une mission dans deux ou trois pays similaires d’Afrique de l’ouest, pour y recueillir leurs expériences et en tirer profit. Je n’ai jamais demandé à être de la mission, et encore moins à en être le seul membre. Au final, je n’ai d’ailleurs fait partie d’aucune mission et ne m’en suis pas plus mal porté. Dire que « le chef de file croyait effectuer la mission seul pour en orienter le texte » relève donc de la pure médisance.

Le porte-parole du MPS s’est ensuite livré à des affirmations qui relèvent du mensonge. Le Chef de file de l’opposition, dans la loi de 2009 comme dans celle qui est en projet, n’a formulé aucune demande personnelle et aucune information ramenée de l’étranger n’a formellement établi que la loi de 2009 a été prise sur la base de fausses informations. M. Mahamat Hissène feint d’ignorer que la Loi de 2009, dont il est co-auteur, était préparée sur la base de documents qui n’ont pas changé et qui sont les mêmes que ceux ramenés par l’une des missions. Tout le long du processus, le Chef de file de l’opposition a insisté sur le caractère impersonnel et pérenne d’une loi. Il ne pouvait donc nourrir aucun calcul personnel au sein du Comité de suivi qui était loin de lui être entièrement acquis.

Au total, il faut se rendre à l’évidence. Nous sommes en 2012 et le pouvoir ne marque aucun empressement pour appliquer une loi qui date de 2009. Si la volonté politique existait, le bon sens voudrait qu’un décret d’application fût d’abord signé, quitte à ce qu’il soit ensuite modifié, pour tenir compte d’un contexte nouveau. Je crois en conclusion que c’est la personnalité de l’actuel Chef de l’opposition  -en l’occurrence Saleh Kebzabo- qui doit poser problème. La boutade selon laquelle il faut laisser la latitude à Idriss Déby Itno d’en désigner un à sa convenance n’est donc pas fortuite !

Le 20 août 2012
Saleh Kebzabo


Commentaires sur facebook

3 Commentaires

  1. Col. Togou

    Mahamat Hissein est une girouette.. A la decheance, il faut bien qu’il fasse de bruit pour se faire remarquer.

  2. M. Fodé

    Non, Mahamat Hissein est la personne la mieux indiqué pour faire tête à l’opposition.Le régime du MPS peut se précipiter  pour la signature du décret d’application de cette loi afin d’enrichir son propre opposition. Qu’elle galère un peut dans la misère du monde. Sa va leurs apprendre à ne pas s’opposer gratuitement au grand œuvre des hommes.

  3. djiguingar

    Notre probleme tchadien reside plus dans la gouvernance : le respect des règles éditées pour gerer les affaires de la cité. Aussi longtemps que nos gouvernants ne se conformeront à cette notion elemetaire de gestion, croyer moi rien de serieux ne peut se faire.