Tchad: les rebelles en "état de belligérance" avec l’armée française – Afp

Les rebelles tchadiens de l’Union des forces pour la démocratie et le développement (UFDD) ont déclaré vendredi être en « état de belligérance » avec l’armée française ou toute autre contingent étranger, alors qu’une force européenne doit se déployer dans l’est du Tchad.

Dans un communiqué reçu par l’AFP à Libreville, « l’UFDD condamne fermement l’attitude de l’armée française pendant les rudes combats » de jeudi, entre rebelles et forces gouvernementales tchadiennes dans l’est du pays.

« Dorénavant, l’UFDD se considère en état de belligérance contre l’armée française ou toutes autres forces étrangères sur le territoire national », affirme son porte-parole, Mahamat Hassane Boulmaye, accusant les avions français d’avoir « survolé » jeudi les positions rebelles.

L’armée française dispose de plus d’un millier d’hommes et de plusieurs avions au Tchad, qui font notamment de la reconnaissance et fournissent des renseignements aux autorités de N’Djamena.

L’Union européenne doit déployer prochainement une force d’environ 3.500 hommes dans l’est du Tchad et le nord-est de la Centrafrique, mais son arrivée est retardée notamment par l’insuffisance de moyens aériens.

Les rebelles tchadiens ont toujours accusé la France de soutenir le président Idriss Deby Itno, qu’ils veulent renverser. Mais ils n’avaient jamais été aussi loin dans leur dénonciation de la position française.

Selon l’UFDD, « apporter un appui diplomatique, stratégique et logistique au tyran Idriss Deby est un acte d’hostilité et sera traité comme tel ».

La rébellion appelle par ailleurs les Tchadiens à « se mobiliser » contre la France, qualifiée de « puissance néocoloniale » et accusée de maintenir au pouvoir « un dictateur ».

Depuis lundi, UFDD et armée tchadienne se sont affrontés à trois reprises dans l’extrême-est du Tchad, près de la frontière soudanaise, lors de combats d’une intensité et d’une violence rares dans la région.

Les deux camps affirment avoir infligé de lourdes pertes à l’adversaire, mais ces bilans contradictoires ne sont pas vérifiables de source indépendante. Des responsables rebelles et de l’armée reconnaissent toutefois, sous couvert de l’anonymat, avoir subi des pertes importantes.

Joint sur téléphone satellitaire, le chef de l’UFDD Mahamat Nouri a confirmé que les combats de jeudi, à environ 150 km au nord-est d’Abéché, principale ville de l’est tchadien, avaient été « très durs ».

« Vers 12H30 (11H30 GMT), alors que le Bréguet français n’avait cessé de survoler nos positions, les hélicoptères tchadiens nous ont bombardés, et pour la première fois nous avons été obligés de laisser le champ de bataille », a-t-il expliqué à l’AFP, précisant avoir perdu davantage de véhicules que d’hommes.

Comme par le passé, les autorités tchadiennes accusent elles le Soudan d’avoir « armé » les rebelles en vue d’une « agression » visant à « déstabiliser » le Tchad.


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