Les Brèves de N’djaména: N’djaména sous l’eau, la population dans la rue et l’Etat absent : Le Pschitt de la politique du « tout infrastructures » de Deby

C’est tout le Sahel qui est inondé : du Cap Vert au Djibouti, on ne parle que d’inondations, mais la situation au Tchad dépasse l’entendement : depuis presque plus de 10 ans, le régime a rabâché les  oreilles des tchadiens avec les investissements sur les infrastructures. Bitumages, canalisations, constructions des nouveaux bâtiments scolaires, des hôpitaux, des résidences administratives, etc., les infrastructures sont les priorités n°1 du gouvernement. Déjà, au début de la mise en place de cette politique de « tout infrastructures », avec la nomination d’un Super Ministre et la mise à sa disposition tous les revenus pétroliers, beaucoup ont vu  une façon maladroite de s’accaparer, de détourner tous les revenus pétroliers. Aujourd’hui,  les conséquences du « tout infrastructures » de Deby s’étalent à perte vue comme un cinglant désaveu d’une politique criminelle et  anti nationale.

Les pluies qui viennent de s’abattre sur la majeure partie du pays  viennent de mettre à nu, de mettre sur la place publique, l’étendue des dégâts, des détournements  opérés par le système Deby. Dès les premières pluies, le système de canalisation n’existant plus, l’eau a stagné, les goudrons, de qualités les plus mauvaises, parce que réalisés par une entreprise des Deby,  ont commencé à s’effriter. Les bâtiments, dont les plans ont été imaginés par les Généraux de Deby (ce sont eux qui détiennent les marchés) et réalisés par les meilleurs bergers des chameaux, s’effondrent comme du sel dans l’eau. Résultat ; tout le Tchad est dans l’eau avec toutes les conséquences malheureuses et désastreuses sociales et économiques.

C’est aussi cette politique qui met aujourd’hui dans la rue les travailleurs du secteur public et bientôt suivi du secteur privé. Ça  fait plus d’un mois que le Gouvernement refuse obstinément à trouver une solution aux revendications des travailleurs ; non seulement ces revendications sont légitimes, mais elles étaient préalablement acceptées par le régime au cours des laborieuses négociations avec les syndicats. Le régime refuse de les appliquer. Dans un pays normal, on ne laisse pas trainer une grève, on ne répond pas par du mépris et du dédain les revendications des travailleurs, mais au Tchad de Deby, on s’en fout : « Il est tout à fait normal que la grève soit reconduite, Deby ne voulant rien entendre. Le Tchad est son champ, les travailleurs, ses esclaves. Les siens sont tous bien casés. Ils vivent bien, se soignent en Europe, aux USA, où ils veulent. Comment voulez-vous qu’il augmente les salaires? Il est bien armé pour tuer massivement les tchadiens. Les bachéliers ont vu sa démonstrations de force. Nadingar n’est qu’un pantin. On lui met les mots à la bouche et il les prononce. D’ailleurs, il n’est pas un fonctionnaire et cela ne le préoccupe pas. Mais, le sang des tchadiens est en train d’aveugler Déby; son pouvoir va bientôt tomber.” Dixit un internaute. Et ceci résume bien l’état d’esprit de ceux qui nous gouvernent  par rapport à la situation des travailleurs. Deby ne répète-t’il pas que “si on mange tout (allusion à l’augmentation des salaires), alors il ne restera rien pour investir.”En d’autres termes, si on augmente les salaires, il ne restera rien  pour moi et les miens”  Car on sait où va l’argent destine soi-disant à l’investissement c.à.d. le “tout infrastructures”.

Beremadji Félix
N’djaména – Tchad

 


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2 Commentaires

  1. Kassis

    N’importe quoi dans des pays développer mieux organiser que le Tchad ont connu des inondations et autres méfaits naturels. Alors arrêter de dire des sottises.