Idris Deby Itno, Chef Suprême des Béri ?

 

L’appétit boulimique de Deby en matière des titres ronflants, n’a pas de limite. Deby en veut à mort aux bideyats de n’avoir pas désigné son vieux père comme chef de canton, et il en veut encore à ces mêmes bideyats d’avoir longtemps refusé de reconnaître en Timan Deby, décrété par son frère, leur chef de canton et ensuite leur sultan. En désespoir de cause, Deby s’autoproclama sultan des bideyats en espérant voir ceux-ci le suivre, alors que nenni… !! . Aujourd’hui, au pays Bilia, personne ne parle du chef de canton, moins encore de sultan. Terminé. Et pourtant, Deby aurait préféré qu’au lieu de « M. le Président », les gens s’agenouillent, rampent devant lui en tapant les deux paumes de la main l’une sur l’autre, accompagné de « Soultan Allah yansourak ». Mais ça ne vient pas. Les Bilia ont juré de ne pas dire cela à Deby, « ce n’est pas dans notre tradition,» lui répètent-ils inlassablement, tandis que les autres Béris disent ne pas être concernés par le titre de Deby. Alors le despote a décidé d’élargir le champ d’action de son sultanat.

En réalité, Deby poursuit un vieux rêve qu’il cogitait depuis l’arrivée de MPS au pouvoir, celui de rattacher certains cantons qu’il a créés et qui sont de Kobe au Bilia.  Il convient de rappeler que certains ressortissants de ces cantons ont des relations de proximité et des liens de parenté très poussés avec les Bideyats. Alors, prenant au mot quelques agités, Deby avait  voulu vers la fin des années 90 sauter le pas mais quelle ne fut pas sa surprise de constater une résistance farouche de ceux-là mêmes qui l’ont poussé à la faute. Rattacher le Dar Kobe au Bilia veut dire tout simplement les rendre les subordonnés de Bideyats, alors les kobés ont préféré leur situation.  Le projet a été retiré mais jamais enterré et Deby mettra progressivement son pulse en place, loin des regards curieux.

Première étape, qui est passée inaperçue dans le milieu des non-initiés, la nomination en son temps de Gal Mahamat Saleh Brahim, semi-alphabétisé, pourfendeur de la République, ayant  mis en coupé réglée la GNNT, comme Gouverneur de l’Ennedi en remplacement d’un cadre.  Personne ne s’en est ému. Car ça été un ouf de soulagement pour ceux qui voyaient ce dernier quitter Ndjamena, mais c’est sans compter avec les calculs de Deby. Le fameux Gal, durant son séjour à Fada, a fait subir à ses populations, en particulier aux cadres de la région, toute sorte d’humiliations dignes de l’époque coloniale. Dernière tentative en date est celle de faire déplacer le chef-lieu du Gouvernorat à Kalaît et vider Fada de toute substance. Au grand soulagement de la population de Fada (car de l’Ennedi, sous peu, il en restera peu),  le Gal s’est momentanément déplacé à Amdjeress pour des missions bien précises de son Chef.

Deuxième étape, Deby nomma un second parent Gal, analphabète, moins subtil et plus bébête administrativement que le premier comme gouverneur dans le Wadi Fira. Vous l’auriez compris, il s’agit de Gal Mahamat Delio. Il est chargé de s’occuper des Béri de Kobe. Pour ce dernier, les dociles tribus mimi, waddaï, abcharib, tama ne sont pas ses priorités. Pour ceux-là, il suffit d’un peu d’ordre afin que les Béri, les Borogat et accessoirement certaines tribus arabes leur laissent un peu de tranquillité. Pour les tribus arabes récalcitrantes, Deby s’en occupe à partir de Ndjamena, alors l’œil du cyclone de notre Gal gouverneur doit être tourné vers les Béri de Kobe.

Le moment étant venu, notre Deby s’adonna à son sport favori, un découpage administratif par ordonnance pour créer des préfectures et sous-préfectures et un gouvernorat et tout ça chez les Béri et à quel but ? Une autre question et non de moindre, est-ce possible de  créer des unités administratives par une simple ordonnance quand cela relève du domaine d’une loi organique. Mais bon, pour Deby, les lois, c’est lui….

Après avoir créé en son temps une multitude des cantons auxquels il plaça ses inconditionnels, il vient donc de créer des sous-préfectures dans ces cantons – sous-préfecture de Nanou, de Ouwé, de Serdeba ; et la préfecture de Matadjana. Et comble de ridicule, toutes ces sous-préfectures auront pour Chef-lieu Matadjana, dans le Kapka, délestant ainsi Iriba de tous les cantons. Le Sultan d’Iriba est ainsi un Gal sans troupe. Comme chez Deby rien n’est impossible, il lui restera de rattacher Matadjana et Oumchalouba/Kalaît à son Gouvernorat de l’Ennedi Est (Amdjeress).

Ainsi Deby, après vingt-deux ans de pouvoir et un autre mandat dans la perspective de 2017,  voudrait devenir le Chef Suprême de tous les Béris du Tchad, en élargissant substantiellement son terroir actuel. Deby s’est décrété Sultan des Bilia ; il espère sous peu devenir celui des Borogats; ce n’est pas difficile, car Deby est Borogat par sa mère et surtout le Chef autoproclamé des Borogats n’est autre que son propre cousin, le Gal Mahamat Saleh Brahim, nouveau Gouverneur de l’Ennedi Est (avec comme chef-lieu Amdjeress). De gré ou par une situation de fait accompli, sous peu, la majorité des Chefs des cantons des Borogats et ceux des Bilia vont s’aligner derrière le Sultan Deby d’autant plus qu’il a créé exprès et certainement par calcul des cantons des « non ayant droits, » qui sont largement majoritaires par rapport à ceux qui s’autoproclament  des « ayant droits » et qui lui restent très reconnaissants.

Malgré ses multiples contorsions, la situation sera un peu plus délicate avec les Kobe. D’abord le sultanat de Dar Zaghawa (Kobe) existe depuis bien longtemps avant la colonisation, il était sous la suzeraineté  du Grand Royaume du Ouaddaï. Après la partition du Pays Zaghawa par la colonisation, le Sultan Haggar était le premier à porter le titre du Sultan de Dar Zaghawa Kobe, il est à sa 3ème génération, connue de l’administration et de la communauté tchadienne. Et puis il n’est certainement pas dit qu’un Deby puisse être accepté comme Sultan par les Kobe, fut- il Président de la République. Il faut tout simplement signaler que si Nanou, Ouwé, Serdeba et Matadjana, acceptent Deby comme leur Chef Suprême, alors ce dernier s’en passera certainement du Sultanat Kobe d’Iriba.

Depuis la création des nouveaux cantons dans le sultanat de Kobe à l’entrée de MPS- ce qui était d’ailleurs la principale revendication de certains insurgés du 1er Avril- la situation socio-politique dans le Dar Kobe est complètement stabilisée et personne ne met en cause le Sultanat en tant entité temporelle de la communauté Zaghawa/Kobe.  C’est connu, Deby déteste la famille Haggar mais fais avec. Alors il utilisera l’agitation et le ronronnement de certains sur la mainmise et la prédominance de la famille Haggar dans le Kobe pour semer la zizanie afin d’atteindre ses objectifs.  Sur certains sujets, il n’est pas exclu qu’il se fasse des illusions car les relations inter Kobe sont ancestrales et par le biais d’une multitude des ramifications, elles sont solides et bien huilées. Par ailleurs, Deby sait pertinemment que ces cantons se reconnaissent dans le Kobe et leur rattachement à sa nouvelle préfecture de Matadjana qu’il impute de Kobe, est une vraie provocation. Après un moment d’agitation,  il leur dira tout simplement « si vous ne voulez ni Iriba, ni Matadjana, eh bien le Bilia vous accueillera à bras ouverts compte tenu de nos liens ancestraux ». C’est certainement l’objectif final recherché.

De la manière dont les ressortissants de Kobe transcenderont leur divergence et géreront cette situation inédite, en dira long sur la suite des évènements et permettra de tirer des leçons pour l’avenir.

 

N’Djamena – Correspondance particulière

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Commentaires sur facebook

20 Commentaires

  1. gabon

    bla bla bla sa rapproche avec ust

  2. Richelieu

    Histoire de beri là, c’est compliqué déééh. En tout cas merci de nous avoir partager un peu de votre connerie d’Histoire. Beau travail, on vois que le redacteur est un fin connaisseur des tribulations zoulou

  3. nanoub

    Quand on cree le gouvernorat de l’ennedi est et celui de l’ouest, moi, je me demande  ou est le gouvernorat de l’ennedi centre ? Pour les gens qui ne connaissent pas la région, l’ennedi centre est peuplé par des borogats. Présentement les cantons borogats n’ont pas de gouvernorat. Donc c’est surement ils seront rattachés à l’ennedi est. Cad sous la subordonnassions de sultanat d’amdjaress.

  4. erdikloune

    n’importe quoi tatouu ou nanou je sais pas,jamais au grand jamais le
    canton Borgade se rattachera a des parvenu de nulle part et ces intrus.

  5. kariam

    j’ai comme l’impression Tchadactuel parle trop des beris

  6. Gerard

    Au moment où le Tchad traverse une crise sociale sans précédent et se trouve menacé de disparition par le fait d’une bande de prédateurs sans foi ni loi dont la boulimie financière n’a d’égal que les Djoudja wama Djoudja, nous entretenir des manoeuvres de la mise en place d’un sultanat dans une partie du pays ressemble à une insulte au peuple tchadien. De grâce, dites nous quand est-ce vous, les Zag, allez arrêter de maltraîter le peuple tchadien? Tout le reste c’est des bla bla.

  7. mbarak

    la politique est different, de critiquee un tribus

  8. wal koureish

    La réaction de Mr Mansour Hassan est politiquement et intellectuellement incorrecte, en d’autres termes si jamais un individu a eu à travailler dans un système ou régime, il n’a pas le droit de s’en opposer, nest-ce pas? C’est une façon très biaisée des chose! non vous êtes à côté de la plaque! Deby et Djamouss n’étaient-ils pas des collaborateurs de H.Habré? le defunt Togoimi n’était-il pas le collaborateur de Deby? tsékedi n’était-il pas le directeur du Cabinet de Mobutu? . . . . . Les exemples sont légion. les gens de Tchadactuel ont été bien sûr les parents et les plus proches collaborateurs de Deby, dès lors que ce dernier a commencé à devier ils l’ont quitté. Ce qui est naturellement à leur honneur. il ne suffit pas seulement de rappeler le passé, il faut voir les sacrifices qu’ils ont consentis et continuent encore à le consentir tant que durera le système Deby.

  9. toto

    meme si divise en mille morces on ne suit pas peut etre administration
    gadafi il etait le roi de roi afrique est il?
    francois tamballaye etait roi du su ou est il? si tu suis les gens comme mahamt saleh tu va finir comme ca faut pas ingerer la sutuation

  10. ounou

    Merci pour les informations, mais je peux dire que dans l’Ennedi ou le BET en général, les décrets ne suffiront jamais à faire accepter par la population. Le BET restera toujous unis parceque les liens entre ces gens ne seront pas brisés malgré l’argent qui est mis au premer plan aujourd’hui dans toute démarche.

  11. Adoum

    Salut les amis. Au Tchad la politique machiavélique continue toujours a faire son chemin. Mais je pense qu’il faut peut être songer a un changement de stratégie. Au lieu de dépenser inutilement de l’argent pour diviser les gens, il est préférable d’investir pour des projets de production. Cela créera des emplois afin d’embaucher les jeunes diplômés sans emplois et autres  perturbateurs et contribuera aussi a améliorer l’economie du pays. En ce qui concerne le BET, comme disait mon frere Ounou, il restera quelque soit les circonstances un et indivisible. Les ressortissants de cette region ont des liens de sang très approfondis et les liens de sang c’est sacré. Pour terminer, je suis a la recherche de mon cher ami SAO. Sincèrement je suis inquiet. Fait moi signe mon ami. A très bientôt. 

  12. toto

    deby est il conscient de ce qu’il fait moi jai sais que le president a plus de pouvoir que le roi il ne pas compris Dieux ne donne pas tout le president et le roi tous zakhawa s’il cherche beaucoup risque de perdre sa presidence

  13. mahamat abdelkerim sem

    Svp aulieu parler aix ethnies  ils trops choses a discuté  prenons par exemple l’enseignement au tchad

  14. hassan ateib

    Jamais entendu parler d’ourda, ouee attendez vous que deby s »éternise pour pouvoir vous décrété un sultanat ? comme on dirait que ces gens là n’ont rient compris Deby lui avec l’argent du pays a fais son royaume dans une région ou sauf les serpent arrivent a s’adapter. Oh pauvre tchad même l’histoire se decrete 

  15. alio

    J’ai lu toutes vos interventions bout à bout mais mes sœurs et frères ,vous qui écrivez ,sachez vous que nous sommes sur la terre tout va passer,certains d’entre nous aurons la chance de vivre même ce changement de passage aussi, je demande à ceux derniers là de mieux faire leur tour.
    merci

  16. Mahamat Saleh

    Excusez moi je suis un peu hors sujet; Mais je lance un sujet de débat qui est: La tolérance, c’est admettre chez autrui une manière de penser ou d’agir différente de celle qu’on adopte nous même. Mais peut-on tout tolérer ? Y-a-t-il des limites à cela et si oui, quelles sont elles ? Ces questions peuvent constituer de grands débats philosophiques, mais notre sujet étant centré sur la société Tchadienne et ses uses et coutumes, il s’avère qu’au-delà de notre conscience il y a la loi qui nous fixe ces limites. Puisque qu’elle définit avant tout l’intolérable dans notre société, elle constitue une limite de la tolérance. Comment fonctionne-t-elle? Comment évolue-t-elle? Représente-t-elle une bonne limite ? Voilà quelques exemples de questions auxquelles vous allez essayer de répondre. En attente de votre participation…

  17. MAHAMAT ALI MOUSSA

    QUOI QUE VOUS PASSIEZ LES BERIS NE SERONT PAS DIVISéS

    • Hamid Ibrahim Adam Bechir

      Ont pas donne de l’importence aux Trois Royaumes qui fonderent ce qu’on appelle Tchad d’ou aujourd’huit devenu une sombre petite partie du Monde dans la quelle certain les couches sociale sont opprimee,depouiller de leurs bien pres que reduits a l’eclavage,d’autres cante des louange que la Republique du Tchad na jamais connu dans sont histoire.j’espert que cela ne fera pas du Tchad le Tchad.s’y n’etais pas Tchad au paravant.
      Dans les situation socio-politique du Tchad.comme nous le savions tous,les chefs des Etats s’identifie de leurs tribus,en particulier les clans.
      cela est devenue une maladies psyco,que la pluspart des Tchadien souhaitaient cette vilaine maladie mentale,afin d’imposee des influences,qui ne reveille meme pas,les sentinelle des verges.
      alors quelle est la definition de l’histoire proprement dit:
      celon mon peut de connaissance,de ce que j’ai appris comme definition du mot Histoire:Est le recit du passe pour ce servire du present….
      -peut ont change le passe avec ces pires ou meilleurs?
      a ceux qui pensent de change le passe de leurs histoire,ou a ceux qu’ils veulent qu’ils veulent ecrire leurs passe en ignorent ce qui etaient,que pensent t’ils etre au present,s’il n’ont pas pense d’ecrire leur future dans le sense meilleurs…..!