Faux dinars du Bahreïn: le tribunal correctionnel se déclare incompétent – AP

Le tribunal correctionnel de Paris s’est déclaré mardi incompétent pour juger une affaire portant sur 350 millions d’euros de faux dinars du Bahreïn, quatre des huit personnes poursuivies l’étant pour des faits relevant de la cour d’assises.

L’ordonnance saisissant la 12e chambre du tribunal visait les faits criminels de « transport, mise en circulation et détention de signes monétaires contrefaits ou falsifiés en bande organisée » et ceux, délictuels, de « blanchiment de fonds en bande organisée« .

Le président de la 12e chambre, Dominique Pauthe, a estimé qu’il ne pouvait disjoindre les deux séries de faits, ceux de blanchiment étant totalement liés à ceux mise en circulation de fausse monnaie.

Le parquet s’était prononcé pour la disjonction des faits criminels.

De source judiciaire, on précise que le ministère public doit saisir la chambre criminelle de la Cour de cassation d’une requête en règlement de juges. La Cour, constatant que les faits sont criminels, renverra le dossier devant la cour d’assises.

Mardi, quatre des huit protagonistes de ce dossier étaient absents, l’un d’eux, Hassan Fadoul, ressortissant tchadien résidant au Togo, se voyant refuser un visa pour venir en France, selon son avocate, Me Marie-Laure Barré, malgré les interventions du président du tribunal et du ministère public.

Me Barré avait plaidé un renvoi de l’affaire à une date ultérieure afin que M. Fadoul puisse obtenir les documents pour venir en France avant de se demander si ce refus de visa ne cachait « pas une volonté politique » au regard des longues relations franco-tchadiennes. M. Fadoul a affirmé lors de l’instruction avoir agi sur l’ordre du président tchadien Idriss Deby qui souhaitait financer sa campagne électorale.

L’enquête a démontré que ces billets, au total 140 millions de dinars, ont été imprimés en Argentine par Ciccone Calcographica, une société spécialisée dans la fabrication de billets de banque. Ce, à la demande d’une personne se faisant passer pour un mandataire de la banque centrale du Bahreïn. Ce que celle-ci dément fermement, ses billets étant fabriqués à Londres.

Une fois imprimés, ces vrais fausses coupures de 20 dinars vont transiter par le Niger et le Tchad avant d’être échangés via différentes filières et autant d’intermédiaires en Europe, dont la France, et au Moyen-Orient. L’équivalent de 3,5 millions d’euros seront changés.

L’enquête n’a pas identifié les véritables commanditaires de cette affaire sans précédent. Si Idriss Deby a été présenté comme l’un des organisateurs potentiels, d’autres prévenus ont vu dans cette déstabilisation de l’économie du Barheïn la main de certains membres de la famille royale du pays. Certains parlant même d’un opération montée par l’Iran.


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