Les Brèves de N’djaména : Les Combats de Kapka

Jamais, depuis le début de la rébellion, les combats n’ont été aussi intenses, ni autant duré. Deby a mobilisé tout ce qu’il a comme force, comme moyens matériels et financiers. L’appui français a fonctionné à cent à l’heure. Depuis les bombardements de Kalaït jusqu’à cet après midi de la journée du mardi, il n’y a eu aucun répit, ni terrestre, ni aérien.

Tous les assauts de tous cotés ont été repoussés, tous les stratagèmes de Deby ont été déjoués. Les renforts frais sont venus de partout : de Tiné, de N’djamena, de Goz-Beïda, de Fada, etc. l’achat des consciences a fonctionné a plein rythme : des nombreux militaires qui avaient carrément démissionné ont été rappelé, même ceux qui avaient leurs propres frères de l’autre coté et qui refusaient d’aller se battre ont été mobilisés, pire même les cerveaux du 16 mai et qui sont restés jusqu’à là à N’djamena ont été mobilisés. Mais le RFC a tenu bon, repoussé tous les assauts infligeant des lourdes pertes tant humaines que matérielles, fait des nombreux prisonniers. Rien que la journée du lundi, 75 militaires furent prisonniers, mais le RFC n’a gardé qu’une dizaine. Au troisième jour des combats, càd ce mardi, Deby a ouvert un front par la sortie Est du massif et a fait venir les éléments débarqués de N’djamena, dirigés par Youssouf Bitangui et Houno Abakar. Les éléments de Deby positionnés par la sortie et qui ont été définitivement repoussés attendaient à cinq KM des positions du RFC dans l’espoir que les éléments de l’Est arrivent au bout de la résistance des combattants. C’est compter sans la détermination de ceux-ci. Le choc fut brutal, la colonne est mise en déroute, laissant sur place la quasi totalité des véhicules et armes lourdes (AML, SOL-Sol, RAM), etc. Les fuyards ont été poursuivi jusqu’aux environs de Guéréda ! Ceux de l’ouest dès qu’ils ont appris la défaite de leurs collègues ont pris la poudre d’escampette à pieds, laissant tous leurs véhicules, probablement la fuite est plus facile à pieds qu’en véhicule
Le bilan est très lourd ; le RFC pleure la mort de 7 valeureux combattants, les meilleurs parmi les meilleurs, dont Fadoul Becher Nime, tué par un sniper, exactement dans les mêmes conditions que son oncle le Gl Seby Aguid, Bokhit Adam Koudjoura, tué par un obus largué d’un hélico et Bokhit Bergou Anakaza. On dénombre plusieurs blessés légers, seuls deux combattants ont eu des jambes fracturées. Le RFC ne déplore aucune perte en matériel, c’est tout le contraire. Du coté gouvernemental, le massif est jonché des morts et des blessés, comme les billets craquant neufs y jonchent. Le RFC n’a pas trouvé nécessaire de compter les morts et les blessés de Deby. Du coté matériel, Deby a laissé dans le massif de Kapka, au bas plus de 250 véhicules, y compris les armes lourdes. Faute de pouvoir les prendre, le RFC les a détruits.

Après avoir libéré tous les issus et nettoyé les environs, le RFC a fait évacué ses blessés et les prisonniers faits lors des combats du mardi, et en même temps changé de position. Pour la soldatesque de Deby, le pire est à venir. Mais Deby peut convoyer des journalistes et montrer ses propres véhicules détruits.

Deby apprend à communiquer – Moussa Doumgor et son patron s’évertuent depuis un petit temps dans l’apprentissage de la communication, plus exactement de la désinformation, mais ils le font avec tellement de l’amateurisme et de la maladresse que ça produit l’effet contraire. En analysant les divagations de Doumgor, les tchadiens décèlent la vérité : quand il dit que les rebelles ont été chassés du territoire tchadien, c’est le contraire qui est vrai, quand on dit que l’UFDD a été définitivement anéantie et que Nouri a échappé seul et fui à pieds, il faut comprendre le contraire ; quand on dit que le RFC est encerclé dans le massif de Kapka, c’est encore le contraire qu’il faut comprendre, etc. Qui a dit que Doumgor a été un bon journaliste ?

La Force de l’argent – les combats de Kapka ont montré la magie de l’argent. Il n’y a que l’argent qui peut obliger certains individus à combattre les rebelles pour le compte de Deby. Dans ces combats, on a vu apparaître des individus jugés auparavant farouches opposants de Deby, achetés ; des individus dont toute la famille est en rébellion, etc. Le fait que tout le massif est jonché des billets de banque signifie que Deby a partagé l’argent à Abéché et chacun est venu combattre, son magot en poche. Un fait a été particulièrement remarqué : quand il a été demandé aux premiers prisonniers du lundi (libérés depuis), est ce qu’à cause de l’argent que vous vous battez pour Deby. La réponse a été ahurissante et c’était une des raisons de leur libération immédiate : « Deby donne de l’argent uniquement à une catégorie des militaires, car ceux là peuvent refuser de combattre et personne ne peut les obliger, par contre une autre catégorie ne reçoit rien et ne peut refuser de combattre, car elle sera exécutée. C’est pourquoi, aux combats, on ne se bat pas, on se rend ».

Beremadji Félix
N’djaména


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