Deux notables de l’est du Tchad "enlevés" par les autorités (association) – Afp

Deux responsables de l’est du Tchad, le sultan du Dar Tama et le préfet de Guéréda, ont été démis de leurs fonctions puis « enlevés » par les autorités tchadiennes, à la suite de nouvelles tensions dans cette région, a dénoncé jeudi une association de défense des droits de l’Homme.

Ces deux responsables du département du Dar Tama ont été limogés le 30 novembre par les autorités à la suite d’accrochages, dans la zone de la localité de Guéréda, entre l’armée et d’anciens rebelles du Front uni pour le changement (Fuc) entrés à nouveau en dissidence en octobre.

Le préfet déchu est issu du Fuc et le sultan était accusé de sympathie à l’égard de ces dissidents.

« Ils ont été enlevés de manière extrajudiciaire le 30 novembre par l’Agence nationale de la sécurité (ANS, services de renseignement) », a affirmé à l’AFP le président de la Ligue tchadienne des droits de l’Homme (LTDH) Massalbaye Tenebaye.

« Selon certaines sources, ils ont été emmenés à Abéché (principale ville de l’est du Tchad), puis à N’Djamena, mais sont détenus au secret », a-t-il déploré.

« Aucun motif n’a été rendu public », a-t-il ajouté, soulignant que le sultan était « une autorité très importante au Tchad », et demandant leur « libération immédiate ».

Interrogé par l’AFP, un haut responsable tchadien a reconnu que les deux hommes, après avoir été relevés de leurs fonctions, avaient été « arrêtés et amenés à Abéché », sans préciser les raisons de cette mesure.

Le Dar Tama a été le théâtre en octobre d’affrontements meurtriers entre ethnies tama et zaghawa. A la suite de ces violences communautaires, le gouvernement a décrété l’état d’urgence, toujours en vigueur, dans l’est et le nord du Tchad.

Le Fuc est majoritairement composé de Tamas, et ses relations ont toujours été tendues avec les Zaghawas, l’ethnie du président Idriss Deby Itno.

Selon des sources gouvernementale et du Fuc, les deux responsables ont été arrêtés en même temps que cinq officiers de l’ex-rébellion et d’un frère de son chef, Mahamat Nour Abdelkerim.

Ce dernier avait été nommé ministre de la Défense en mars après avoir signé un accord de paix mais a été limogé samedi et s’est réfugié à l’ambassade de Libye à N’Djamena.


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