Sale temps pour les opposants aux deux régimes

Il n’est un secret pour personne que depuis la fin du soutien de Khartoum à la rébellion tchadien, le régime de Khartoum remet par paquet, au régime de N’Djamena les opposants à ce dernier. Beaucoup des opposants tchadiens croupissent dans les différentes prisons soudanaises : Khartoum, Nyala, Eldjeneina, Extrême Nord, etc. Les services des renseignements soudanais dressent la liste de tous les prisonniers, suivie d’une description détaillée de la biographie de chaque détenu, le rôle de ce dernier dans la rébellion. Cette liste est transmise à la police politique de N’Djamena qui à son tour trie à sa convenance et dresse la liste ceux qu’elle veut voir extrader vers N’Djamena. La suite est connue : les malheureux choisis sont embarqués dans des vols  spéciaux, ligotés et les yeux bandés et transmis nuitamment et très secrètement à N’Djamena. L’ANS réceptionne le colis, soit elle le fait disparaître, soit elle le garde dans une de ses nombreuses prisons. Ni vu ni connu. « Ce trafic » était assez régulier jusqu’à l’évasion du Cl Daoud Ali Bouyenéou et d’Adoum Erdimi des cellules de l’ANS et de leurs témoignages. Le régime de Khartoum piqué au vif avait mis un frein à cette opération craignant la réaction des ONG et des humanitaires. Apparemment l’opération a repris depuis le Jeudi dernier, car des témoins ont vu au moins deux rotations des vols spéciaux soudanais où on débarquait des prisonniers tchadiens ligotés et yeux bandés, ils seraient au nombre d’une soixantaine au total.   On ne connaît absolument rien pour le moment de leurs identités, ni de quelle prison soudanaise on les a extirpés ; cependant des témoins ont pu identifier les Commandants Moussa Younous et Abdelkerim Hamad, responsables des secteurs à l’Etat-major de l’UFR.

Parmi les illustres disparus dans les conditions similaires, il y a le cas  Adouma Hassaballah, Président de l’UFCD et 1er Vice-Président de l’UFR, disparu depuis plus de deux ans entre Addis-Abeba- Khartoum – Ndjamena ; et celui de  Djibrine Assali Hamdallah, ex SG de l’UST, la plus importante centrale syndicale du Tchad,  et bien d’autres combattants de l’opposition armée.

Correspondance particulière – N’Djamena

 


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