Habré, commanditaire de l’assassinat du fils de Deby ?

L’information vient de Deby lui-même. Au cours d’une rencontre avec une délégation soudanaise venue lui rendre condoléances, Deby a cité nommément l’ancien Président tchadien comme étant le commanditaire de l’assassinat de son fils. D’où détient-il l’information ?

Quelques heures avant la rencontre avec ladite délégation, Deby avait informé son entourage que la police française a arrêté cinq individus dont des sénégalais et des algériens et que l’enquête continue. Alors d’où sort cette brusque révélation ? De la police française ? On en doute.

17 ans de régime de Deby ont appris aux tchadiens de se méfier de ses accusations, car le Président tchadien est le spécialiste n°1 en la matière, surtout des fausses accusations. Sans aucun fondement ou sans aucune preuve, Deby est capable de dire qu’il a entendu quelque chose sans jamais l’avoir entendu, qu’il a vu sans jamais l’avoir vu. Deby vous regarde droit dans les yeux et charge un X ou Y, avec des « faits » et « preuves » invraisemblables, et pour le non averti, paroles de président, il le croira net ; or c’est du pur mensonge, du dénigrement. Ainsi, les informations ou les affirmations de Deby, c’est à manier avec beaucoup de précaution.

La famille de Dochi Koreydo a identifié depuis belle lurette l’assassin, et elle n’attend que l’occasion se présente pour dire au grand jour le nom de la personne qui a commis le forfait.

Les us et coutumes en matière de vendetta chez les populations du BET sont très codifiés et tous les paramètres pris en compte, la mort de Brahim est tout sauf une vendetta. Mais Deby a plus d’une raison d’orienter les soupçons vers Habré et les parents de Dochi. D’abord il a un besoin urgent de desserrer l’étau autour de Hinda, cela est d’autant plus urgent que la famille de Deby, excepté Deby lui-même, fait un bloc compact contre Hinda ; la sécurité de Hinda est menacée et cela embête au premier degré Deby. L’autre raison est que la mort de Brahim est intervenue dans des circonstances très peu glorieuses. Dès les premiers instants, unanimement, tout le monde a regardé vers les milieux de la pègre. Même si les relations entre le fils et le père sont très distendues, il n’en demeure pas moins que la vie et la mort de Brahim laisseront des taches indélébiles sur l’image du père. Par contre, Brahim assassiné par les sbires de Habré, c’est plus glorieux. Deby est bien capable de ces genres de calcul. Alors ne nous pressons pas, attendons la conclusion de l’enquête et la divulgation des résultats. Pour le reste, c’est de la pure spéculation.

Mahamat Ahmat
N’djaména


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