Au Tchad, la grève du secteur public continue – humanite

Le bras de fer sur les salaires qui oppose l’Union des syndicats du Tchad (UST) au régime d’Idriss Déby se prolonge depuis juillet. Le moins que l’on puisse dire du despote tchadien Idriss Déby Itno, c’est qu’il n’a pas du tout le sens de ce qu’il est convenu d’appeler « le dialogue social ». En réponse au mouvement de grève du secteur public entamé le 17 juillet dernier, son ministre de la Fonction publique a tout bonnement « annulé », la semaine dernière, l’accord entérinant des augmentations de salaires signé en novembre 2011 entre le gouvernement et les centrales syndicales, mais jamais appliqué. Vécu comme une provocation, ce geste n’a fait que renforcer la détermination des grévistes, et le mouvement menace désormais de s’étendre. « Le gouvernement prétend qu’il ne peut financer les augmentations de salaires que nous revendiquons, pourtant il dilapide les recettes pétrolières. Les travailleurs n’ont pas à payer les conséquences de la mauvaise gestion et de la corruption. La situation sociale qui règne dans ce pays est alarmante », fait valoir Michel Barka, le secrétaire général de l’Union des syndicats du Tchad (UST), principale centrale syndicale du pays.

Au cours de ce bras de fer concernant la destination de la rente pétrolière, ce dirigeant syndical a subi les foudres du régime, en septembre dernier. Pour avoir fait circulé une pétition disant « Non à la privatisation du pays », il a écopé d’une peine de dix-huit mois de prison avec sursis et d’une amende d’un million de francs CFA (1 500 euros). Le vice-président de l’UST, Younous Mahadjir, et son secrétaire général, François Djondang, ont été condamnés à la même peine. Le texte de la pétition incriminée ? « Tous les Tchadiens subissent, la mort dans l’âme, le népotisme, la mauvaise gestion, l’impunité, la cherté de la vie, la paupérisation sans précédent de la population, bref, l’arbitraire du pouvoir Déby. (…) Toute la population vit dans une précarité absolue. Il manque de l’eau potable, de l’électricité, des médicaments, des produits de première nécessité. » Les juges y ont vu de la « diffamation » et de « l’incitation à la haine ». En toute indépendance, bien sûr.


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4 Commentaires

  1. Gerard

    Que Dieu sauve le Tchad! Personne ne sait où donner de la tête.

  2. TOGOUMBAYE

    ca fait barder kw