Mgr Mathias Ngarteri Mayadi: Homme de Dieu ou Homme de Deby?

Le sieur l’Archevêque de N’Djaména, Mathias Ngartéri Mayadi, n’est ni ministre, ni secrétaire d’Etat. Mais il dirige le Tchad en secret aux côtés du roi Idriss. C’est le Richelieu de Déby, à la seule différence que Richelieu n’agissait pas dans l’ombre pendant le règne du roi Louis XIII. Ngartéri n’a jamais élevé la voix contre le pouvoir dictatorial de Déby. Avec le roi Idriss, c’est un mariage gay idyllique. L’archevêque est en parfaite harmonie avec Déby quant à la gestion des affaires de l’Etat sur tous les plans : détournements, concussions, dilapidations inutiles des ressources, emprisonnement arbitraire, tortures… Ngartari (et non Ngartéri) se permet même, lors de ses tournées dans le monde, de rencontrer les opposants Tchadiens au régime de Déby, et de leur demander de rentrer au bercail. Il leur promet de veiller personnellement sur leur sécurité, voire leur nomination à des postes de responsabilité !?!? On peut bien se poser la question de savoir ce qui unit réellement les deux hommes, Déby et Ngartéri, adeptes de deux religions différentes. Déby est musulman et Ngartéri est chrétien. Mais en fait, leur relation intime pourrait simplement s’expliquer ainsi : les deux hommes aiment deux choses : le pouvoir absolu et l’argent. Inimaginable de la part d’un homme de Dieu, mais Mathias Ngartéri aime beaucoup l’argent. Il n’a pas eu son ascension au sein de l’Eglise catholique par hasard. C’est un fin calculateur. Dans l’Eglise catholique, il ne faut pas ouvrir la bouche et exprimer son opinion. Surtout pas. Tous ceux qui osent ouvrir leur bouche sont systématiquement écartés et éloignés au maximum. » Qui veut atteindre le sommet dans l’Eglise catholique n’ouvre pas sa bouche ». N’gartéri l’a très bien compris dès le début de son sacerdoce.: c’est le premier évêque Tchadien.  Il a été muté de Sarh à Moundou à la disparition tragique de Mgr Gabriel Balet lors de l’accident du DC10 d’UTA en 1989. Sarh et Moundou sont deux diocèses indépendants. Le diocèse de Moundou est aîné à celui de Sarh. Il y avait à l’époque, plus de prêtres dans le diocèse de Moundou, susceptibles de remplacer feu Gabriel Balet,  que dans le diocèse de Sarh. Mais le Vatican, du moins ses relais locaux, ont jugé utile de muter Ngartéri à Moundou où la cagnotte est plus grosse par rapport à Sarh. Et ils ont muté cet énergumène à Moundou en laissant Sarh sans évêques pendant plusieurs mois. L’Eglise catholique n’aime pas les hommes honnêtes qui disent ce qu’ils pensent. Un séminariste qui dit ouvertement ce qu’il pense est tout de suite exclu du séminaire. Pour devenir prêtre, il faut être hypocrite jusqu’au bout des ongles. Mathias Ngartéri Mayadi est aujourd’hui archevêque de N’Djaména parce qu’il a su joué le jeu jusqu’au bout. Aujourd’hui qu’il a tout le pouvoir, il fait ce qu’il veut.
Rappelons qu’avant d’être archevêque de N’Djaména, il était évêque de Moundou. En tant que tel, l’homme s’est comporté à Moundou comme un colon. Il a tout amené de Sarh y compris les batteurs de tam-tam et de balafon qui animent les messes, et ces gens étaient payés par l’Eglise de Moundou. Il a mis le diocèse de Moundou sens dessus-dessous. Comportement étonnant pour un homme d’Eglise.
Quand l’homme a appris sa nomination à N’Djaména comme archevêque, il a vidé les caisses du diocèse de Moundou avant de partir.
Revenons à ses rapports avec Déby. Il n’y a jamais eu de mésentente, ni de malentendu, ni de débat d’idée, entre l’archevêque de N’djaména et Idriss Déby. Ils sont d’accord sur tout. Ou plutôt, N’gartéri approuve tout ce que Déby fait. Déby l’envoie parfois comme négociateur, chargé de faire rentrer au bercail les mécontents. Ngartéri ne se gêne pas dans cette basse manoeuvre. Il obéit à Déby au doigt et à l’oeil. Il reste insensible à la misère du peuple tchadien. D’ailleurs l’archevêque ne connaît pas ce qu’on appelle misère : bien logé, bien nourri, il roule dans une voiture de luxe, dernier cri ! C’est le véritable marchand du temple que Jésus pourrait chasser de l’église s’il revient sur terre. Ngartéri veut que Déby reste au pouvoir à vie. C’est le seul président qui l’arrange, lui le Ngar et Déby le Sultan. Mgr Russo, un Italien,  a été expulsé de Doba pour avoir critiqué la gestion calamiteuse des revenus du pétrole. On n’a jamais entendu l’archevêque de N’Djaména sur cette expulsion. Normalement c’est lui qui devait critiquer le gouvernement de la sorte. Mais non. Même un Imam, musulman donc, a osé critiquer la politique de Déby, au risque d’être emprisonné. Ngartéri est resté muet à ce sujet. La cagnotte est si énorme que le ngar ne peur réagir. En attendant un autre archevêque qui puisse les défendre, les Tchadiens intègrent la misère dans leur quotidien.
Mathias Ngartéri Mayadi est bien l’homme de Déby et non de Dieu. Il s’est affiché clairement lors de la célébration de la dictature du 1er décembre à Biltine.
Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi ce silence alors que les hommes mentent en ton nom ?
BELEMGOTO Macaoura

Commentaires sur facebook

11 Commentaires

  1. Gerard

    Je ne comprends pas pourquoi est-ce que l’on veut faire porter à Monseigneur Ngartéri la responsabilité de la misère des Tchadiens. En quoi, lui l’homme de Dieu, est-il responsable de la gestion politique du pays? Si l’on veut régler des comptes à Monseigneur, qu’on l’attaque sous d’autres angles, mais pas en le rendant responsable des actes du pouvoir politique. Le Tchad est un Etat laïque où le pouvoir politique est séparé du pouvoir spirituel, même s’il n’est pas exclu que, dans la pratique, le premier soit tenté de se servir du second à des fins politiques. Cet acharnement contre Monseigneur semble cacher autre chose que ce qu’on lui reproche. Comme c’est plus facile de s’attaquer à Mgr qu’à Deby, Ngartéri devient la proie facile. De grâce, évitons d’accuser à tort et à travers juste par méchanceté pour nuire à l’image d’un homme aussi intègre et respecté qu’est Mgr Mathias Ngartéri. G.K

    • MACAOURA

      Gerard, personne n’a dit que Ngartéri porte les responsabilités de la misère des Tchadiens. Je veux dire simplement qu’il peut, à partir de sa position, changer l’orientation de la politique de Déby au Tchad. Il a également le devoir de défendre l’Homme sur terre. IL ne s’agit pas d’un acharnement contre la personne de Ngartéri. Dès lors que l’homme va s’afficher aux côtés de Déby pour célébrer un 1er décembre, synonyme de la dictature, de la confiscation du pouvoir par Déby, Ngartéri est coupable de complicité de crime contre le peuple tchadien oppressé. Rien ne l’oblige à répondre favorablement à l’invitation de Déby à Biltine. S’il veut rester à l’écart, mener uniquement ses activités ecclésiastiques, eh bien il n’a qu’à le faire. On ne l’accuse pas par méchanceté. Par contre, c’est méchant de sa part, de ne rien dire par rapport à la disparition de Ibni Oumar. C’est cruel de ne rien dire par rapport à la modification de la constitution pour permettre à Déby de briquer n mandats. Pour ne citer que ces exemples. Les hommes d’Eglise sont influents et ils peuvent faire changer positivement la situation politique de leur pays. Au Tchad, l’archevêque est lâche, corrompu. Il a accepté une voiture offerte par Déby. Qu’est-ce à dire ? Rien que ça le rend corrompu. N’en déplaise à ses amis et parents, mais c’est la triste vérité.

      • zizi

        Macaoura,que dire alors de l’Imam de la grande mosquée de n’djam qui selon les infos traiterait Ibni de kirdi parcqu’il défendait la cause de tous les tchadiens(nordidtes comme sudistes);je dis cela pas pour inculper ou disculper quelqu’un mais juste pour apporter une lumière

      • Gerard

        Demander à Ngartéri de changer l’orientation de la politique de Déby revient à lui demander de jouer un rôle qui n’est pas le sien par définition. G.K

      • Wilfried

        Dire que Mathias est lâche, Macaoura exagère! Que faites vous pour changer la situation de vos compatriotes ? Ailleurs on voit les jeunes gens sortis du  »néant » et se mettent au devant pour provoquer la révolution. Que faites vous particulièrement en ce sens ? Nous sommes tous lâches. Les Tchadiens n’arrivent pas à s’unir et défendre leurs intérêts commun. Ils ne parlent ou n’agissent qu’en faveur de leur ethnie, leur région. Dans tout ça tu ne vois que Mathias. Je comprends mieux ce qui se cache derrière votre tête. Vous ne savez rien de la vérité. Votre imaginaire et vos idées reçues vous empêchent de voir plus loin.

  2. Hamid Neby Sougoumi

    Selon le principe de la laïcité qui est une separation des pouvoirs religieux et politiques, un archeveque n’est pas sensé s’ingerer dans les affaires politiques moins encore la gouvernance, à la limite au social, tout comme les politiques aux affaires religieuses. Donc il n’est pas dans l’obligation de critiquer la gestion des revenus du pétrole, car c’est à la population elle-meme, aux sociétés civiles, aux hommes politiques d’opposition ou autres de réagir. Et paradoxalement, souvent les religieux (archeveques ou imams) se hasardent en se mettant dans la politique pour influencer la masse à s’aligner sur les opinions politiques des regimes en place qu’ils ne cessent de caresser dans le sens du poil en vue de gagner leurs pains: ils attendent des hommes ( pour le luxe de ce monde) au lieu de Dieu (en oubliant la vie future)… Macaoura tu as raison!

    • CANDIDE

      Macawra n’a pas du tout raison, lorsqu’il agit par émotion. On dirait qu’ il a un problème particulier avec le Monseigneur Ngartéri. Il pourrait se mettre aussi autrement pour critiquer le Régime, mais pas penser en esperant qu’ avec le conseil d’ un individu que le PR changera.Son plume le servira beaucoup mieux en changeant de camp d’attaque

    • Wilfried

      La mauvaise gestion d’un bien public peut concerner le social et c’est normal que l’Imam ou l’archevêque critique.

  3. acyle saleh bedey

    Tous ca se de la politique mtna il est chez lui il va dir tous ce qu’il veux.

  4. Je suis d'accord que nous sommes un pays laic et qu'il doit y avoir separation de pouvoir entre politique et affaires religieuses. Mais disons nous la verite tout de meme. A l'allure ou vont les choses surtout considerant la misere dans laquelle la nation

    Je suis d’accord que nous sommes un pays laic et qu’il doit y avoir separation de pouvoir entre politique et affaires religieuses. Mais disons nous la verite tout de meme. A l’allure ou vont les choses surtout considerant la misere dans laquelle la nation est plongee c’est bien dommage que les chefs religieux au nom de la religion sombrent dans un silence complice comme celui de Mr Ngarteri. Au fait il est tchadien avant son titre de chef religieux avant tout. Et en realite, ce serait sage pour L’archeveque de se mettre  a l’ecart s’il voulait eviter ce conflict politique/religion. Mais regarder sa presence notoire au cote du president  ( recemment a Biltine lors des festivites; sa participation aux negociations entre syndicats des travailleurs et le gouvernement dont le seul message etait de convaincre les travailleurs a reprendre le travail sans gain de cause). Tout cela met de doute sur les vraies motivations de l’archeveque Ngarteri. Le fait que l;homme soit toujours a cote du president montre qu’il le soutien dans tout malgre les derives du pouvoir. Je pense que Dieu est contre l’injustice et je souhaiterais que les chefs religieux fassent des prieres pour que Dieu transforment les coeurs de Deby et autres  politiciens. Ils doivent etre francs dans leur prieres et messages comme l’archeveque de Doba qui a ete expulse et comme l’iman  Nasradine Mohamed de Ndjamerna.  

  5. yaya ray maximes

    mon cher Makawra, je te fait lire simplement ce vieux article.

    « Afrique Education Du 16 au 30 Novembre 2003)

    L’archevêque de N’Djaména, Mgr Mathias Ngarteri, vient de demander au président du Tchad, le général Idriss Déby, de tenir ses promesses concernant la gestion transparente du pétrole tchadien qui fait l’objet de beaucoup de convoitises de la part du clan présidentiel. Vous devez respecter votre  » parole d’officier « , lui a-t-il indiqué, se rappelant qu’en d’autres occasions, le président tchadien avait parfois fait exactement le contraire de ce qu’il annonçait. Il faut dire que les performances de l’économie tchadienne, dopées par le début de l’exportation du brut, ne sont concurrencées, au niveau de la sous-région, que par celles de l’économie équato-guinéenne. Le conseil d’administration de la Banque africaine de développement, vient de le constater, après la Banque mondiale et le Fonds monétaire international, lors de l’examen du Document de stratégie par pays du Tchad : une forte croissance du PIB réel est attendue cette année, après les 10,9% de 2002 et les 8,5% de 2001.