Micheline Calmy-Rey se rend dans un camp de réfugiés au Tchad – Tribune

La présidente de la Confédération s’est rendue dimanche dans l’est du Tchad pour visiter un camp de réfugiés. Cette région jouxtant la province du Darfour (Soudan) accueille quelque 380 000 réfugiés et déplacés issus de différents conflits.

Agrandir la taille du texte Réduire la taille du texte Imprimer l’article Envoyer par email Réagir sur l’article Recommander ATS | 15 Juillet 2007 | 21h55

Après un trajet sous lourde escorte militaire, la présidente de la Confédération a visité le camp d’Iridimi, au nord de la ville d’Abéché. Plus de 17 000 réfugiés du Darfour y sont entassés, certains depuis plus de quatre ans.

Mme Calmy-Rey a écouté leurs préoccupations et leur a exprimé la solidarité de la Suisse. Celle-ci a intérêt à la sécurité des réfugiés et à la stabilité de la région, a affirmé la cheffe du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE). Dépendants de l’aide
La survie des réfugiés dépend entièrement de l’assistance internationale. Accompagnée par Walter Fust, chef de la Direction du développement et de la coopération (DDC), Mme Calmy-Rey entendait discuter avec les autorités tchadiennes des moyens d’aider ces personnes sur place.
La Suisse participe actuellement à hauteur de 3 à 4 millions de francs par année à l’aide dans les camps de l’est du Tchad.
Depuis l’éclatement des combats dans la province du Darfour en 2003, quelque 230 000 réfugiés sont arrivés du Soudan. Une douzaine de camps ont été mis sur pied le long de la frontière. S’y ajoutent quelque 150 000 déplacés tchadiens chassés de leur villages par des combats entre milices et armée gouvernementale.

Manque d’eau

Cet énorme afflux a largement déstabilisé les populations locales, qui peinaient déjà à survivre. Le manque d’eau est particulièrement grave: «En ce moment, chaque personne n’a droit qu’à huit litres par jour», explique Djerassem Mbaiorem, du Haut commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR).
Vu les hautes températures, un seuil critique pourrait être rapidement atteint. Autre source de préoccupation, la violence persistante en-dehors des limites du camp.

Conflits avec les locaux

Le grand nombre de nouveaux venus provoque des conflits avec la population locale. «Quand les premiers réfugiés sont arrivés, les villageois ont partagé leurs maigres ressources», relève M. Mbaiorem. «Dans l’intervalle, même les locaux ont à peine de quoi survivre».
Le réchauffement climatique, et avec lui l’avancée du désert, attise également les conflits pour l’accès à l’eau, au bois de feu et aux pâturages. A cela s’ajoutent des rivalités entre ethnies.

Dès la mi-juillet – début de la saison des pluies – la majorité des pistes devrait être impraticable, y compris pour les convois militaires, ce qui devrait entraîner une diminution des violences. Mais celles-ci pourraient reprendre de plus belle à l’automne si aucun accord n’est trouvé entre parties en conflit.

Entretiens à N’Djamena

La situation régionale a figuré en bonne place du déjeuner de travail qui a réuni samedi Mme Calmy-Rey avec le premier ministre Delwa Kassiré Coumakoye et plusieurs membres de son gouvernement.

L’aide suisse au Tchad – «très appréciée» par N’Djamena – et la façon dont elle pourrait être encore améliorée a été au menu de ses entretiens avec une délégation ministérielle dirigée par Adoum Younoussoumi, ministre d’Etat en charge des infrastructures.

Les programme helvétiques d’aide au développement se concentrent principalement sur le soutien aux communautés rurales – 80 % de la population -, avec notamment comme points forts le développement durable de l’agriculture et la lutte contre l’érosion. Berne y consacre 11 millions de francs en 2007.


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