Déby juge "important" le déploiement d’une force de l’UE dans l’est du Tchad – AFP

PARIS – Le président tchadien Idriss Déby Itno, en visite à Paris, a jugé « important » jeudi le déploiement d’une force que les Européens s’apprêtent à installer dans l’est du Tchad afin de protéger les civils affectés par le conflit du Darfour.

La guerre civile dans cette province occidentale du Soudan et ses conséquences sur le Tchad voisin, soutenu militairement par la France, a été au coeur de l’entretien jeudi après-midi à l’Elysée de M. Déby avec Nicolas Sarkozy.

Le président français s’est personnellement impliqué pour tenter de trouver une issue à ce conflit qui a fait plus de 200.000 morts et 2 millions de déplacés depuis quatre ans, des chiffres d’organisations internationales contestés par Khartoum.

Les 27 de l’Union européenne devraient autoriser lundi le lancement de préparatifs pour l’envoi, à la demande de l’ONU, de soldats européens au Tchad et en Centrafrique. La taille de la force européenne reste à préciser mais pourrait être composée de 1.500 à 2.500 soldats et son déploiement commencer en octobre, selon des diplomates à Bruxelles.

« C’est une idée qui est en discussion. Nous n’avons pas encore terminé, mais le Tchad pense important, d’une manière ou d’une autre, la présence de la communauté internationale pour sécuriser les réfugiés (du Darfour), pour sécuriser les déplacés (tchadiens) », a déclaré M. Déby à la presse.

Selon lui, la force devrait aussi « permettre d’éviter les incursions de la milice janjawid à l’intérieur du territoire national ». Les janjawid sont des milices arabes armées, alliées de Khartoum contre les rebelles du Darfour.

Les réfugiés du Darfour dans l’est du Tchad sont estimés à 200.000 et les déplacés tchadiens à quelque 150.000.

La France conduit depuis le 17 juin un pont aérien pour transporter l’aide aux déplacés et réfugiés de l’est du Tchad.

Le porte-parole de l’Elysée David Martinon a qualifié ce pont aérien de « succès », soulignant que, « jusqu’ici, les forces françaises ont assuré 72 rotations aériennes de gros porteurs qui ont amené plus de 360 tonnes de vivres au profit du Programme alimentaire mondial ».

M. Deby n’a pas évoqué à sa sortie de l’Elysée le meurtre de son fils aîné, Brahim, retrouvé asphyxié le 2 juillet dans le parking de son immeuble de Courbevoie (banlieue de Paris). Les meurtriers n’ont pas été retrouvés.

En juin 2006, Brahim Deby avait été condamné à six mois de prison avec sursis pour « port d’arme » et « détention » de drogue par la justice française.


Commentaires sur facebook