Déclaration de SÉLÉKA No. 0015 République Centrafricaine /SG/24/02/2013

QUI MAINTIENT BOZIZÉ AU POUVOIR ?

DAMARA (RCA), le 24 février 2013 – Le Bureau politique de la SÉLÉKA veut alerter, encore une fois de plus, le Peuple centrafricain et la communauté internationale du non-respect des accords de Libreville pourtant signés par François BOZIZE et du danger qu’il représente désormais pour la survie du pays.

Voici les constats majeurs identifiés par la majorité alors silencieuse des forces vives nationales qu’incarne SÉLÉKA :

Premier constat : François BOZIZE refuse au Peuple centrafricain son rendez-vous avec l’histoire pour la survie nationale, mettant ainsi le pays devant un désastre irréparable qui l’éloigne davantage de la paix souhaitée par tous;

Deuxième constat : le Peuple centrafricain dans sa grande majorité refuse BOZIZE et son régime d’oppression, népotiste, nihiliste, kléptocratique, dictatorial, sanguinaire qui lui fait tant souffrir.

Troisième constat : le départ de BOZIZE du pouvoir apparaît aujourd’hui comme l’unique moyen d’ouvrir un véritable dialogue pour la paix et le développement durable en République Centrafricaine, eu égard à son manque de parole, sa roublardise et son entêtement ;

Quatrième constat : Sous le règne de François BOZIZE, le manque de justice fait de la République centrafricaine, un Etat de non droit semblable à une prison à ciel ouvert où tout est régi à l’image de François BOZIZE et où règne la terreur.

Le compatriote et brave citoyen Gaspard ZANGBI n’a pas eu tort de le souligner lorsqu’il écrivit que :

« Au nom de Bozizé. Bozizé  un nom qui vaut à lui seul une décision de justice. Au nom de Bozizé un certain Dazoumi Yalo privatise l’OCRB et fait ses lois. Au nom de Bozizé un certain Alain Tolmo embastille illégalement des honnêtes citoyens sans problème. Au nom de Bozizé un certain Ianarelli fait ses lois. Au nom de Bozizé un certain Henri Bolanga asservit dans leur propre pays ses employés domestiques. Au nom de Bozizé les Libanais et arabes vivant en Centrafrique s’approprient le patrimoine national. Au nom de Bozizé sa nombreuse progéniture jouit des prérogatives et privilèges des princes dans une République. Au nom de Bozizé chaque membre de sa nombreuse famille dispose de sa propre prison. Au nom de Bozizé un certain Pierre Chrysostome Sambia transforme la SONATU en une entreprise familiale où ne bossent que ses copines gendarmettes et autres proches. http://centrafrique-presse.over-blog.com/article-post-libreville-pourquoi-bozize-ne-devrait-pas-avoir-le-departement-de-la-justice-par-gaspard-zangb-115268058.html

Cinquième constat : c’est à contrecœur que BOZIZE a accepté le Gouvernement d’Union Nationale de Transition (GUNT) issu des Accords de Libreville du 11 janvier 2013. Pour le rendre inopérant, il y a nommé ses suppôts éternels aux postes ministériels pour lesquels ils n’ont aucune compétence et ce, avec l’acquiescement docile du Premier Ministre, Me Nicolas Tiangaye. Et, dans ce processus malhonnête, les propositions novatrices de la SELEKA ont été rejetées sans explication.

Alors quels sont ceux qui maintiennent encore BOZIZE au pouvoir ? Il opprime, asservit et terrorise la population civile dans le seul but de se cramponner à son fauteuil présidentiel. Sous son règne et par son fait, plusieurs dizaines de milliers de maisons ont été brûlées et des centaines de civils innocents tués sans forme de procès ni réparation. Les populations privées de protection minimale errent dans la brousse sans protection au point de se réfugier dans les pays voisins. Quelle humiliation ? Quelle honte ?

Sixième constat : François BOZIZE s’agrippe au pouvoir en s’accaparant des ressources nationales qu’il dilapide pour acheter les consciences de certains fils du pays et payer ses mercenaires ainsi que ceux qui les encadrent. Bozizé considère, entre autres, que des revenus du secteur minier (diamants, uranium, etc.), forestier (bois) et des services des douanes du pays lui appartiennent en propre et il en utilise pour entretenir un réseau de gangsters-terroristes pour le maintenir au pouvoir et continuer à détourner sans scrupules les biens publics.

Bozizé, le patelin, se camouffle et abuse de l’amitié historique entre la République centrafricaine et l’ancienne puissance coloniale, la France qui est venue au secours de son régime moribond à plusieurs reprises, parfois sous le couvert des forces des pays membres de la CEMAC. Cette situation a causé beaucoup de malheur au Peuple centrafricain, Aujourd’hui l’un des plus pauvres de la planète en dépit de son potentiel naturel.

La République centrafricaine est trop riche pour que son peuple soit pauvre.

Septième constat : BOZIZE refuse le dialogue national pour darfouriser notre pays. Qui y gagne ?

Tout le monde voit avec indignation la souffrance du peuple de la ville à la campagne. Tous les secteurs sociaux sont au rouge après dix années de règne les fonctionnaires connaissent depuis quelques décennies un blocage de salaire ; les boursiers centrafricains tant en RCA qu’à l’étrangers connaissent des situations difficiles. Ils sont obligés de quémander pour survivre puisqu’ils reçoivent sporadiquement leurs bourses ; les écoliers sont abandonnés à eux-mêmes ; les hôpitaux sont délabrés ; les diplomates à l’étranger sont humiliés et faute de paiement de loyer etc…

La SÉLÉKA réitère qu’elle rejette tous les esprits qui visent leurs intérêts personnels, sectaires et pécuniaires et que ses priorités sont les intérêts nationaux au bénéfice du peuple centrafricain, plus particulièrement la jeunesse laissée pour compte par le régime de Bozizé.

Le régime de Bozizé crée une situation de désordre et d’insécurité tellement malsaine et néfaste en République Centrafricaine qu’il est pratiquement impossible d’attirer les investisseurs dans notre pays. La SÉLÉKA avise l’opinion nationale et internationale que les jours avenirs seront déterminants au Comité du suivi de l’application des Accords de Libreville d’apprécier à leur juste valeur ses doléances.

La SÉLÉKA est totalement mobilisée aussi bien sur le plan militaire que politique et tend la main à toutes les bonnes volontés nationales centrafricaines et leurs amis pour réaliser le vœu de toute la population : le départ de Bozizé du pouvoir, totalement incapable et indigne de diriger notre pays, la République Centrafricaine.

Fait à Damara (RCA), le 24 février 2013

Pour le Conseil Suprême
Le Secrétaire Général
Justin KOMBO MOUSTAPHA
É-mail :
zokoyzosozola@yahoo.com

 

 


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