Un avocat de L’Arche de Zoé dénonce "une précipitation à rendre la décision" – Le Monde

Alors que la troisième journée du procès de L’Arche de Zoé a débuté lundi 24 décembre, Me Gilbert Collard, l’un des avocats des membres de l’ONG, a dénoncé l’apparente volonté des magistrats tchadiens d’accélérer le procès qui s’est ouvert vendredi.

« On sent peser une précipitation à rendre la décision, un empressement des magistrats à liquider les témoins, à ne pas aller au fond des choses », a-t-il déclaré. L’avocat, qui était interrogé au micro d’Europe 1 par téléphone à N’Djamena, a dit s’attendre à un verdict mercredi. « On a l’impression que la justice tchadienne veut se débarrasser rapidement de ce procès », a-t-il fait valoir. « Tout le monde dit que le procès est un prétexte à une solution politique », a-t-il lancé, avant de rappeler qu’en vertu d’une convention judiciaire de 1976 entre la France et le Tchad, les membres de l’association humanitaire pourraient, en cas de condamnation, exécuter leur peine en France.

DES PARENTS D’ENFANTS À LA BARRE

Lundi, ce sont des parents d’enfants que l’association voulait emmener en France qui vont se succéder à la barre. Six d’entre eux ont été choisis pour représenter le collectif de parents créé dans le cadre de l’affaire. A l’issue de leur audition, une confrontation est prévue entre certains intermédiaires locaux intervenus pour « fournir » des enfants à l’association. Un quatrième Tchadien, Mahamat Eritero, entendu comme témoin samedi avant d’être « mis à la disposition du parquet pour plus d’informations » et incarcéré à l’issue de son témoignage, est arrivé lundi avec les autres accusés en provenance de la maison d’arrêt. Il a été placé dans le box avec les six Français, sans que sa situation soit précisée. Il avait nié samedi être un intermédiaire, comme l’affirme l’association, et s’était présenté comme un simple chauffeur.

Six ressortissants français comparaissent pour « tentative d’enlèvement de mineurs et escroquerie », un délit passible au Tchad de cinq à vingt ans de travaux forcés. Il leur est reproché d’avoir en octobre dernier tenté d’emmener frauduleusement en France cent trois enfants sous couvert d’une opération humanitaire d’aide au Darfour. Trois Tchadiens et un Soudanais, présumés complices, sont également poursuivis devant le tribunal.


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