Le Tchad affirme avoir tué le chef islamiste Mokhtar Belmokhtar – Francetv

BelmokhtarEffet d’annonce ou coup double pour le Tchad ? Deux jours après l’annonce de la mort d’Abou Zeid par le président Idriss Déby, l’armée tchadienne affirme avoir tué, samedi 2 mars au Mali, le chef islamiste Mokhtar Belmokhtar. « Le borgne » avait revendiqué en janvier la prise d’otages sur le site gazier d’In Amenas, en Algérie. Sa mort reste toutefois à confirmer, comme celle d’Abou Zeid.

Que dit le Tchad ?

« Les forces tchadiennes au Mali ont détruit totalement la principale base des jihadistes dans le massif de l’Adrar des Ifoghas, plus précisément dans la vallée d’Ametetai », samedi à midi, selon le communiqué de l’état-major tchadien. « Plusieurs terroristes » ont été tués « dont le chef Mokhtar Belmokhtar dit ‘le borgne' ».

L’annonce du décès de Belmokhtar a été saluée par Ed Royce, président de la commission des Affaires étrangères de la Chambre des représentants américaine. « Ce serait un rude revers pour l’ensemble des jihadistes opérant dans la région qui s’attaquent aux diplomates américains et aux salariés du pétrole », a-t-il déclaré.

Qui est Mokhtar Belmokhtar ?

Jusqu’au mois de décembre, il était l’un des principaux chefs d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi). Écarte par le réseau, selon RFI, le chef de la brigade des Moulathamine (« Ceux qui signent avec leur sang ») s’est depuis illustré lors de la prise d’otages sanglante du complexe gazier algérien de Tiguentourine en janvier, qu’il a revendiquée au nom d’Aqmi.

Mokhtar Belmokhtar est né en 1972 à Ghardaïa, en Algérie. Il aurait neuf épouses, dans le Sahel, une façon de créer de solides alliances familiales avec plusieurs tribus touareg du Niger ou du Nord-Mali, qui le préviennent des mouvements des forces de l’ordre. Des nomades racontent l’avoir aperçu à Ouagadougou, au Burkina Faso, en train de faire du trafic de cigarettes. Ce qui lui vaut un autre surnom : « Marlboro ». Il est d’ailleurs souvent présenté comme un simple trafiquant de drogue.

Condamné à la prison à plusieurs reprises par différents tribunaux en Algérie, mais jamais arrêté, il serait également à l’origine de l’enlèvement de deux Français à Niamey (Niger), en 2011, finalement tués lors d’un assaut lancé par les troupes spéciales françaises contre les ravisseurs. Pour lui, la prise d’otages constitue un vrai business. « Entre 2003 et aujourd’hui, les katibas ont au moins empoché 50 millions d’euros », expliquait à Slate Afrique le spécialiste du Mali Serge Daniel.

Pourquoi cette information reste-t-elle à confirmer ?

Il s’agit de la deuxième annonce de cette nature en deux jours de la part du Tchad, après la mort d’Abou Zeid, qui n’a toujours pas été confirmée par la France. « Les Tchadiens ont eu énormément de pertes ces derniers jours », analysait, dubitatif, le spécialiste des armées Pierre Servent, vendredi, sur France Info. Selon lui, ce genre d’annonce « fait ‘bien’ dans le tableau ».


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