Enfin une victoire, mais au goût amer…

Il a fallu de peu pour que notre IDI national ne s’affole, n’eut été la dernière victoire de nos troupes sur les djihadistes qui est venue tempérer ses nerfs en ébullition. En effet, IDI a envoyé nos troupes au lointain Mali sans que personne ne le demande et dès les premiers affrontements, ce fut le carnage. Il a fallu que d’autres medias via le Net en parlent pour que IDI accepte de divulguer l’information et faire depuis un tapage inhabituel en boucle. Pourtant, les tchadiens n’ont jamais eu de nouvelles de nos 400 éléments engloutis dans les marécages de l’Est de la RDC ; ni rapatriement des corps ; ni une journée de deuil ; moins encore une réception des parents par IDI. Rien de tout cela pour ces 400 compatriotes, motus cousu jusqu’à nos jours. Il en est de même pour les vagues successives des soldats envoyés en RCA et ce depuis 10 ans, sans oublier ceux envoyés en location dans d’autres contrées, Congo/Brazzaville, Libye. Pour ce dernier pays, les effets collatéraux pour la nombreuse colonie tchadienne ne fait que s’amplifier. Faire du militaire tchadien le mercenaire sans demander la permission à qui que ce soit, ni en rendre des comptes, était devenu le sport favori de IDI.

Pour son opération au Mali, IDI a oublié l’existence du Net et des réseaux sociaux et ils lui ont heureusement pris le contre-pied. S’agissant des morts, dans un pays normal, on ne saurait donner un bilan officiel, qui par la suite se trouve être multiplié par plus du double. Malgré ce camouflage, nous répétons et nous persistons pour dire que IDI n’a pas révélé le nombre total des morts et des blessés, il y en a eu beaucoup plus que ce qui a été annoncé. La preuve en est que les hôpitaux du Niger voisin sont bondés des blessés tchadiens.

Confus et surpris des dégâts occasionnés pour ce qui était considéré comme une balade dans le désert, IDI est allé en Afrique de l’Ouest très remonté contre les dirigeants et les militaires de ces pays. Son arrogance, ses coups de gueule et ses leçons de morale n’ont pas été appréciés par tout le monde, d’où les maigres résultats de son déplacement. Cependant les tchadiens, dans leur ensemble, ont apprécié la sortie d’IDI, particulièrement à l’adresse du capitaine malien, l’homme par qui la pandémie a envahi le Mali.

En matière de communication, la cacophonie est totales entre les éléments engagés véritablement contre les djihadistes, c.à.d. les français et les tchadiens, c’est le moins qu’on puisse dire. Les français sont prudents et très réservés dans la divulgation de l’information ; ils ont des otages avec les djihadistes et en sont très concernés et surtout ne veulent pas prendre la paternité du décès des deux principaux responsable de l’AQMI pour éviter des éventuels effets collatéraux ; ce qui fait qu’ils n’ont pas voulu annoncer la mort, encore non confirmée, d’Abou Zeïd, tué par les bombardements français selon les sources françaises et tué par l’armée tchadienne selon le commandement du FATIM.

Afin de calmer une opinons nationale qui commence à s’interroger sur le nombre réel des morts et le bien-fondé de cette croisade, IDI a trouvé une occasion pour s’octroyer la paternité de l’élimination d’Abou Zeïd, sans en mesurer certainement les conséquences futures.

Echaudés par la défaite et meurtris par la mort de leurs collègues, les militaires ont décidé d’en découdre pour les venger. Munis des jumelles de vision nocturne, ayant tiré les leçons de leur première défaite, ils ont pu investir nuitamment un des camps des djihadistes et ont eu le dessus sur eux. Le bilan, coté tchadien est d’au moins 11 morts dont Deby veut absolument taire, renouant ainsi avec ses habitudes; coté djihadistes, le nombre communiqué par l’Etat Major tchadien corrobore avec nos informations. Parmi les djihadistes morts, il a été trouvé un barbu borgne avec un chèche noir calciné dont un des prisonniers djihadistes avait identifié comme étant Mokhtar Bel Mokhtar. Quant au matériel récupéré, l’Etat Major tchadien parle de 60 véhicules, alors qu’il s’agirait de 82.

Il s’agit là, du démantèlement d’une seule base alors que les djihadistes seraient pas moins de 2000, et éparpillés à travers tout le massif. Apparemment des pleurs et des larmes attendent encore les familles tchadiennes. Que le bon Dieu nous en épargne.

Les alliés (France, Mali…) eux, pour un raison non élucidé ne croient pas à la mort du borgne. Pourquoi discréditer la seule armée qui est réellement présente (les français ne font que talonner les tchadiens) dans l’Adrar des Ifoghas ?

Beremadji Félix
N’djaména – Tchad


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