Procès de l’Arche de Zoé : Sarkozy perd en terre tchadienne – Faso

Un déballage de mensonges, de contre-vérités et d’accusations diverses parfois puériles, le tout sur fond de pression venant tant du côté des Tchadiens que de celui de la France.

C’est la leçon essentielle qu’on peut tirer de ce procès de l’Arche de Zoé. Si ce feuilleton socio-politico-juridique, qui a mis en exergue une résistance certaine de la justice tchadienne aux intimidations de Paris, est loin d’avoir pris fin, il consacre inéluctablement une victoire du peuple tchadien et par conséquent une défaite de Nicolas Sarkozy.

En effet, on se rappelle les propos discourtois et très paternalistes de Sarko qui, après une descente sur N’Djaména, est retourné en France avec trois des présumés coupables dans l’affaire de l’Arche de Zoé, et avait promis de ramener aussi tous les autres Français impliqués » quoi qu’ils aient fait ».

A quelque chose, malheur étant bon, cette déclaration à l’emporte-pièce a eu le mérite de mobiliser le peuple tchadien et l’opinion africaine contre cette aberration néocolonialiste et donc très anachronique en ce 21e siècle.

Certes, des arrangements sont en vue pour faire gracier par Idriss Déby Itno, les Français accusés de « tentative d’enlèvement de mineurs et escroquerie » ou pour leur faire purger leur peine en France. Toutefois, c’est déjà un point positif pour les Tchadiens que leur justice ait conduit ce procès, sur le sol tchadien. Pour la postérité, l’action de la justice, et dans une certaine mesure, celle des dirigeants tchadiens est à saluer. Preuve que les Africains sont en mesure de résister aux injonctions de l’ex-puissance coloniale.

Morin YAMONGBE


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