La leçon.

Le JEM vient de donner une leçon historique à tous ceux qui veulent continuer la lutte aux prix  des vies des milliers des compatriotes. On savait depuis toujours que ce qui a miné toutes les luttes contre les dictatures de deux pays c’est l’interférence des pesanteurs sociologiques dans la gestion de l’administration politico-militaire des différentes rebellions. En effet, compte tenu des juxtapositions des sensibilités claniques et familiales, on différencie très difficilement qui est qui ! Ce fut l’occasion allègre au despote tchadien de truffer des taupes dans toutes les tendances politico-militaires opérant au Darfour et même au sein de la rébellion soudanaise. C’est ainsi qu’on avait assisté à des ballets des va-et-vient sans qu’il y ait aucune sanction, des ralliements sectaires, des négociations partielles, des dissidences ordonnées et gérées depuis N’djaména par les tyrans pour le compte des soudanais.

Par les actions que vient de mener le JEM  contre sa dissidence sous-traitée par Deby en ce jour du 12 Mai 2013, cette culture de vagabondage des apatrides prendra indéniablement et incontestablement fin.  En effet depuis l’empoisonnement du feu Dr Khalil par ses propres cousins germains (ce qui est d’ailleurs impensable dans la culture Béri) le climat au sein de la famille dirigeante de JEM  est de plus en plus délétère d’autant plus que Deby qui était partie prenante dans l’empoisonnement du DR a récupéré les frères du bourreau et a fomenté une dissidence à la tête de laquelle se trouve Mohamed Bachar Ahmat et Bokhid Dobodjo, le CEMGA du JEM.  Ceux-ci, avec une soixantaine des véhicules ont constitué une aile assez importante qui leur a permis d’aller signer des accords à Doha. Ces accords ont été accompagnés d’une campagne médiatique de grande envergure, et Mohamed Bachar et son équipe ont été reçus par les plus hautes autorités du pays hôte. Avant qu’il ne regagne Khartoum, Mahamat Bachar a été nommé assistant du Président El Béchir, c’était une première !!

Malgré ses victoires militaires au sein de la coalition de FRS, le JEM se trouve fragilisé sur le plan politique et le bombement de torse de Mohamed Bachar et compagnies devient de plus en plus insupportable pour le moral des troupes. C’est pourquoi le JEM a décidé de frapper fort en attaquant le camp des dissidents au début du mois et en récupérant le maximum des matériels dont plus d’une trentaine des véhicules. Cela s’est passé opportunément juste après la signature des accords de Doha. C’est une première dans les annales des rébellions (tchadiennes comme soudanaises) qu’une formation se prend directement à sa dissidence.

Les rescapés se sont rendus directement à N’djaména où ils étaient reçus par le despote et aussi par ses services de sécurité et des renseignements. Eux-mêmes étaient surpris des largesses du tyran qui n’a pas lésiné sur les moyens pour satisfaire tous leurs besoins en carburant, tenues, vivres, armes légères et pour finir de PGA pour 6000 militaires pour 6 mois. Ainsi, très remontés et ragaillardis en bloc, ils tentaient de rejoindre leurs troupes aux confins de Omburo et par la même occasion prendre leur revanche sur le JEM, quand ils étaient surpris par une embuscade tendue par  ce même JEM aux alentours de Wadi Bamina à 3 km à l’intérieur du Tchad. Résultat : une vraie hécatombe pour la dissidence, toute la direction décapitée, tous les matériels- y compris des matériels de communication nouvellement acquis- récupérés, les survivants cravatés !!

Depuis lors  le JEM  rugit comme un lion dans une cage ferrée et déclare à qui veut l’attendre qu’il n’y aura  plus de place pour les conciliabules familiales et claniques pour celui qui veut  s’engager dans une lutte révolutionnaire. De ce fait, le JEM vient probablement d’enrayer définitivement toute velléité séparatiste éventuelle au sein de sa formation politico-militaire.  C’est un signal fort pour tous les vendeurs de conscience et de chair humaine dont Deby est passé en maître patenté.

Certes, Deby pourrait continuer à tirer ses marrons du feu car il dispose de nos jours, surtout dans le sillage d’une autre formation soudanaise que celle de JEM, des taupes très bien placés dans la prise des décisions au niveau de la  hiérarchie. Ceux-là  sont directement gérés, encadrés et voire manipulés par le gouverneur de l’Ennedi-Est qui leur sert d‘officier traitant, compte tenu de leurs liens matrimoniaux, ils surveillent pour son compte de très près tout mouvement des éléments de la résistance tchadienne en reconstitution, et  aussi  ceux des autres formations politico-militaires soudanaises (JEM, MLS d’ Abdelwahid Mohamed El Nour) en lutte en contre le pouvoir de Khartoum. Un compte rendu détaillé de la journée est transmis quotidiennement à l’officier traitant qui le transmet à son tour directement à Deby, celui-ci fait un tri à son niveau et transmet aux soudanais  ce qu’il les concerne. Très satisfaits du travail, les soudanais viennent d’installer à N’djaména tout un dispositif de leur service aux fins de suivre  minutieusement les agissements de leur rébellion à travers les informations recueillies et fournies par une partie de ces mêmes rébellions au despote tchadien. Une situation abracadabrante !

Installés au Darfour-Nord, à la lisière tchado-soudanaise, ces responsables félons n’ont jamais été inquiétés par les patrouilles mixtes moins encore par l’aviation soudanaise qui opère fréquemment dans la zone. Naturellement cette situation ne pourrait pas et ne devrait pas perdurer ; le JEM vient de donner un exemple et une leçon. Les mauvaises herbes doivent être extirpées définitivement, si les mobiles de la lutte ont un caractère national  donc nobles, les règlements devraient en être tout autant ; tel est le prix à payer pour arriver au bout de la dictature.

Ishagh Bouyébri Djérou


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1 commentaire

  1. Lagardére

    On vois que vous connaissez votre matiére Mr bouyébiri, trés belle article, qui force à la reflection. Bravo