Mali: les dessous de la nomination du commandant rwandais de la Minusma – Rfi

L’ONU a nommé, ce mardi 11 juin, un général rwandais à la tête de la Mission de l’Onu en cours de déploiement, au Mali (Minusma). Jean-Bosco Kazura a été préféré au candidat tchadien, le général Oumar Bikimo, qui a commandé le contingent tchadien au Mali. Pourquoi le Tchad, qui a le plus gros contingent au Mali, n’a-t-il pas obtenu le poste ? Et comment le Rwanda, qui n’a pas de contingent au Mali, a-t-il réussi à l’obtenir ?

C’est au Japon – au sommet nippon-africain de la Ticad – que le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a annoncé la mauvaise nouvelle au président tchadien, Idriss Deby. Pour Ndjamena, c’est une grosse déception tant sa candidature lui semblait la plus légitime. En effet, c’est l’armée tchadienne qui était en première ligne avec les Français, au nord du Mali, et qui a payé le prix du sang : 38 morts et des dizaines de blessés.

Alors comment expliquer une telle décision ?

D’abord parce que – même s’il était l’un des deux généraux qui commandait les troupes tchadiennes au nord du Mali – le général Bikimo n’a pas convaincu sur ses capacités politiques et stratégiques. En effet, être le chef militaire d’une mission onusienne de maintien de la paix c’est occuper, avant tout cela, un poste politique.

Ensuite, parce que c’est la première participation d’ampleur des soldats tchadiens aux opérations de maintien de la paix. Des novices – explique une source onusienne – qui ne connaissent pas les rouages du système onusien et qui pensaient arriver en terrain conquis.

Il se trouve aussi que les nominations, à ce niveau de responsabilité, sont le résultat de marchandage. Ainsi, la rivalité entre le Tchad et la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) a profité au candidat rwandais qui est apparu comme une solution médiane.

La présence du Tchad, cette année encore, sur la liste noire des pays utilisant des enfants soldats a-t-elle joué ? Pas vraiment, explique-t-on côté onusien.

Mais à New York, entretemps, on sait bien qu’il faudra trouver un poste au Tchad, vu l’importance du contingent tchadien pour la Minusma. Le problème, c’est que Ndjamena n’a postulé sur aucun autre poste.

Appel au retrait des forces tchadiennes

« Tous les Tchadiens sont très déçus de cette décision. Ils sont d’autant plus surpris que dans la chaîne de commandement, il n’y a aucun officier général tchadien », a déploré Abdelnasser Garboa, journaliste et président du Comité de soutien aux Forces armées tchadiennes au Mali (Fatim), joint par RFI.

Il va même jusqu’à appeler au retrait des forces tchadiennes au Mali : « Je pense que nos forces n’ont plus rien à faire au Mali. Elles ont libéré le Mali ; elles ont fait leur travail. Il est temps, pour nous, de rentrer », a-t-il poursuivi avant d’ajouter : « Nous n’allons plus accepter de faire tuer un seul de nos soldats. Nous n’accepterons jamais qu’un seul soldat tchadien meurt dans cette situation où le comité international ne reconnait pas notre effort. », a insisté le président du comité de soutien aux Fatim.

Satisfaction du Rwanda

Contrairement au Tchad, le Rwanda est devenu un expert dans la maîtrise des rouages du système onusien.

Depuis janvier, le pays occupe un siège au conseil de sécurité de l’ONU en tant que membre non permanent, et ce, malgré les dénonciations du groupe des experts des Nations unies sur la République Démocratique du Congo et de plusieurs organisations de défense de droits de l’Homme qui l’accusent de soutenir la rébellion congolaise du M23.

C’est bien la preuve – explique une source onusienne – de la force de la diplomatie rwandaise au sein des institutions des Nations unies.

Par ailleurs, le président rwandais, Paul Kagamé, se rend régulièrement à New York. Selon plusieurs sources, il aurait ses entrées auprès du secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, qui est véritablement celui qui décide, in fine, des nominations à ce niveau de responsabilités.

Ceci dit, le Rwanda a des arguments comme, par exemple, sa participation aux missions de maintien de la paix et notamment au Darfour, dans l’ouest du Soudan où le général Jean-Bosco Kazura a d’ailleurs servi à l’époque où il s’agissait seulement d’une mission de l’Union africaine.

Aujourd’hui encore, le Rwanda dispose de plus de 3 000 hommes au sein de la mission de paix conjointe Union africaine – Nation unies au Darfour (Minuad). Ce contingent – apprécié pour sa discipline et son efficacité – est toujours sous le commandement rwandais mais plus pour longtemps, c’est pourquoi Kigali cherchait à obtenir un poste similaire sur un autre théâtre d’opérations.

Malgré les accusations de soutien au M23, Kigali a toujours des relais au sein de l’administration américaine, ce qui n’est pas négligeable vu que les Etats-Unis contribuent à hauteur de 27% du budget des opérations de maintien de la paix.

Et puis, selon plusieurs sources, le Rwanda a profité de la concurrence entre le Tchad et la Cédéao pour s’engouffrer dans la brèche et se présenter comme la candidature la plus consensuelle.


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9 Commentaires

  1. Mbodou

    Il faudra qu’on donne une bonne leçon militaire à ces ingrats de l’Afrique de l’Ouest pourqu’ils commencent à nous respecter.

    • Valéry

      Pour se moquer des autres partis politiques, les militants du MPS ont l’habitude de dire que « le chien aboie, la caravane passe ». Maintenant nous leur disons après leur défaite de vouloir imposer un analphabète à la tête de la MINUSMA que « les chiens du MPS aboient, la caravane de l’ONU, du Rwanda, et de la France passe ».
      M. Mbodou,
      les Nations Unies ne sont pas le Tchad où on peut nommer ou imposer n’importe quel quidam, de niveau inférieur à zéro, à n’importe quelle haute fonction.

      Et puis le paradoxe c’est que le Tchad a participé au maintien de la paix au Rwanda lors de la crise génocidaire dans le pays. Aujourd’hui le candidat du Rwanda rafle la mise au candidat tchadien.

      • dogo

        Il est vrai que le général Bikimo a fait ses preuves dans les operations qui se sont deroulées au Mali. Mais s’il n’a pas convaincu, il faut le reconnaitre les systeme des nations unies obeit à certains critères. D’abord Bokimo est novice et n’a jamais évolué ne serait ce que simple observateur militaire dans une mission de maintien de la paix. En plus de cela, il faut avoir des capacités politiques et stratégiques et manager iales dans une mission de maintien de la paix d’une telle envergure. En effet, et aussi, avant, il faut aussi passer par un test ou une interview pour être chef militaire d’une mission onusienne de maintien de la paix. Il faut connaitre tout cela. En fait, demeurons sereins et humbles. Mais cette defaite du candidat tchadien doit plutot inciter l’Etat tchadien à panse sa politique et d’impliquer les officiciers de l’armée dans les missions de maintien de la paix, comme observateurs militaires. Dans les missions, on voie les Ouest africains rafler la mise. Si le general ruandais a convaincu c’est parcequ’il avait passé par là. Il etait déjà outillé alors que le notre est novice.

      • Doumpa

        tout à fait, Valéry. ….une belle leçon apprise. Pour les prochaines fois, on fera mieux de présenter un compatriote intellectuel, convaincant: l’homme qu’il faut à la place qu’il faut pour honorer le pays

      • Philemon Ngarwala

        Je ne suis pas d’accord avec ta reaction ,ici il faut voir les causes nationales. Il faut comprendre que nos freres qui au MALI ,ne sont pas aller au nom du MPS.

        Je dis comme les autres freres , nos freres doivent rentrer au pays. Si les Oues -africains sont jaloux , je comprends ,c’est une reaction africaine. Il faut etre africain pour ne pas comprendre le bien fait des soldats Tchadien. Et pour ton information le general Bikimo n’est pas un analphabete comme tu comprends.
        Nous sommes fierts de nos forces.

      • Ali Galadi

        Je ne comprends pas pourquoi on doit toujours ramener le débat au niveau du MPS, des partis politiques ou je ne sais plus quoi. Les partis politiques en Afrique je m’en bats l’œil. ce ne sont que des requins qui tournoient autour de la proie et prêts à la dévorer à tout moment si l’occasion venait à se présenter. Tchadiens, nous devons être fiers de nous. s’il y a une cause qui doit engager le Tchad, hé bien engageons nous d’abord et déchirons nous comme d’habitude après.
        Quoi de plus normal que d’apporter son soutien quand il s’agit d’une cause nationale. je vous invite a jeter un coup d’œil dans le SNU. Dites moi un peu combien y a-t-il de professionnels tchadiens qui ont occupé des postes élevés. Le constat est amer. Tout ça c’est parce que nous ne nous soutenons pas quand il s’agit de faire la promotion d’un frère tchadien à un poste élevé dans une organisation internationale. Pour les rares tchadiens qui travaillent dans les NU, regardez autour de vous, il n’y a que les ressortissants de la CEDAO, des pays du grand lac et l’Afrique de l’est, j’en passe. On en connait qui ne sont pas aussi instruits que ça mais qui occupe des très bon poste et c’est parce que leur pays ou leurs compatriotes les soutiennent.
        Ce n’est ni une question du MPS ni d’un général analphabète mais du bons sens. La participation du Tchad à cette guerre était d’abord pour sauver un pays africain des griffes des Djihadistes. il est logique que le Tchad présente un candidat au poste de commandement vue les pertes que nous avons connues tant en vie humaine qu’en dépense.
        Ce qui est choquant c’est le fait de ne pas voir aucun tchadien figuré à la chaine de commandement. Où étaient ces officiers de la CEDAO au moment où ça chauffait au Mali. si j’ai bonne mémoire, y a des pays qui ont envoyé des policiers à la place des militaires. D’autres par contre en envoyé leur troupe au moment où tout était fini.
        Je me rappelle encore de la leçon que le PR avait donné aux chefs d’état major de la CEDAO lors d’une rencontre où ils étaient bardés de tous les galons. Les galons on doit aussi bien les exhibés sur le champ d’honneur.
        Les raisons évoquées par les NU en ce qui concerne l’expérience du Tchad dans les missions de la paix ne sont que fortuites. La Seule raison qui peut tenir, c’est la suivante. Le Rwanda pille la RDC sous la bonne protection des USA et les NU et comme ce pays est sous les ailes des USA et que les USA contribuent à hauteur de 27% dans le budget des missions de maintien de la paix, Le pouvoir de l’argent a agit.

  2. Nache

    Du meme avis, tellement qu’on pense que tout ce qu’on fait  au Tchad peut se faire ailleurs qu’on echoue chaque fois sur la scene internationale… on ne peut pas nommer un analphabete a la tete d’un contingent international.

  3. Mbodou

    Ces Generaux de luxe tels que celui rwandais sont nombreux au Mali, mais nous connaissons bien leurs valeurs comparativement aux notres. En plus, l’ONU n’a jamais ete capable de liberer un pays dans son histoire, mais elle accompagne les crimes par consequent elle n’a aucune lecon à nous donner et ne peut pretender etre une reference dans ce domaine; juste regardez l’exemple de crimes Rwandais au Congo et l’ONU continue d’etaler le tapis au dictateur Kagamé et à ces geeneraux criminels. Donc, laissons nos divisions internes de coté pour defendre nos compatriotes et les ineterets de notre pays contre ces hypcorites. Mettez dans la tete que ces militaires tchadiens ont reprsenté le Tchad au theatre du Mali, pas le MPS ou Idriss Deby.

    Je demande au President d’appuyer Joseph Kabila à l’est de Congo pour donner une bonne lecon au Rwanda, s’il y a besoin renverser ce regime criminel.

  4. saleh issakha

    general bikimo,c’est un militaire de formation,
    ,il commace par intre-arme,il a fait l’application,ecole de gurre de france,il faut connaitre la personnes dabort avant des critique