Hissen Habré devant le juge d’instruction, ce mardi – sudquotidien

Cueilli chez lui aux Almadies par les services de sécurité et placé en garde à vue dimanche dernier, l’ancien président du Tchad, Hissen Habré, va faire face aujourd’hui, mardi, au juge d’instruction. Tout en soulignant que Habré a été arrêté avec tact pour des raisons de sécurité, le procureur général près les Chambres africaines extraordinaires, Mbacké Fall, a annoncé des mesures conservatoires des biens de Habré et de ces cinq autres coinculpés. C’était hier, lundi 1er juillet, à l’occasion d’un point de presse dans les locaux de ces juridictions.

L’ancien homme fort de Tchad, Hissen Habré, fera face aujourd’hui, mardi 02 juillet au juge d’instruction. Ce dernier sera saisi des faits rassemblés dans le support réquisitoire introductif présenté par le procureur général des Chambres africaines extraordinaires, à savoir «crimes contre l’humanité, torture et crimes de guerres». C’est le procureur général près lesdites chambres, Mbacké Fall, qui l’a fait savoir hier, lundi 1er juillet, à l’occasion d’un point de presse. Devant les juges d’instruction, l’ancien président risque d’être placé sous mandat de dépôt.

Revenant sur le film de l’arrestation, Mbacké Fall se veut d’emblée clair : «nous avons obtenu des renseignements comme quoi il disposait de certains armements et même des armes de guerre». C’est pourquoi, précise-t-il, « il ne s’agit pas d’enlèvement, il s’agit d’une arrestation qui a été menée avec tact pour la sécurité de la personne arrêtée et des personnes venues l’arrêter ». Et de poursuivre : «quand on est en face d’un danger, on ne sait pas l’attitude de la personne. Elle peut même tenter de mettre fin à sa vie. Il fallait agir avec tact et éviter un attroupement».

Pour le procureur général, «il y avait des personnes qui se faisaient boucliers de Habré. C’est compte tenu de ces risques que présente une interpellation non discrète que nous avons demandé à la Division des investigations criminelles (DIC) de procéder à l’arrestation de Hissène Habré sans bruit ni tambour. Nous n’avons noté aucun incident».

Considérant que le Code de procédure pénale permet la garde à vue de Habré, M. Fall s’est empressé de dire que pour la bonne marche de la procédure et à la protection et éviter des troubles à l’ordre public, il a pensé que Habré «devait être à proximité des juges pour éviter toutes entraves. Nous voulons éviter que ces anciens réseaux puissent être activés.»

Pour lui, « le juge d’instruction est libre de prendre une ordonnance contraire en disant que moi je suis d’accord ou non. Il travaille en toute indépendance et avec un délai de 15 mois. C’est un moyen d’inciter le juge à faire preuve de sérénité».

Cinq autres personnes épinglées
Face à la presse, le procureur général a soutenu que d’autres personnes ont été citées comme principaux responsables des crimes pour lesquels Hissen Habré est poursuivi. Il s’agit notamment de Guibrim Kores (neveu de Habré), Saleh Younous (premier directeur de la Direction de documentation et de la sécurité (DDS), Abakar Torbor Rahama, Mahamal Djibrine dit El Djondo, Diakaria Berdes

«La liste n’est pas exhaustive. Il se peut, au cours de l’instruction qu’un supplétif puisse être envoyé pour lui demander d’inculper une personne que nous pensons avoir participé aux «crimes de guerre, crimes contre l’humanité, torture et crimes». Pour le moment les renseignements obtenus ne permettent d’engager des poursuites que contre ces personnes», a-t-il ajouté.

La saisine des biens des inculpés
Outre l’arrestation des présumés, les chambres africaines extraordinaires vont procéder à la saisine des biens des inculpés. Il s’agit de mesures conservatoires sur les biens des inculpés.
Ceux-ci, indique-t-il, constituent des «gages des victimes qui sont créancières d’un droit à réparation des dommages découlant directement des infractions. L’article 87 du Code de procédure pénale nous le permette».

Cette mesure permettra aux Chambres extraordinaires d’identifier et de localiser tous les biens meubles et immeubles des inculpés et d’entendre toutes les personnes pouvant donner des renseignements sur la traçabilité des biens pour un éventuel dédommagement.


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