Le Mali reconnaissant envers le Benin, le Nigeria et le Burkina : pourquoi Dioncounda boude le Tchad – malijet

Le président intérimaire vient de boucler, le weekend passé, une tournée dans trois pays de la CEDEAO en signe de reconnaissance de notre pays envers les chefs d’Etat respectifs de ces pays qu’il a même élevés à la plus haute dignité honorifique du Mali : la médaille de la Grande croix de l’ordre national.

Le président  béninois, Thomas Yayi BONI, a été la seconde personnalité à laquelle Dioncounda TRAORE a exprimé « la reconnaissance éternelle » du Mali pour le rôle qu’il a joué dans le dénouement de la double crise « sécuritaire et institutionnelle » qui a frappé notre pays en 2012-2013, en sa qualité de président en exercice de l’Union africaine dont le soutien et l’accompagnement ont été « salvateurs » pour une sortie de crise aujourd’hui réelle avec la libération totale du pays et l’organisation sans anicroche de l’élection présidentielle en juillet et août 2013.

«Je suis heureux de venir retrouver mon frère BONI Yayi, dont le rôle a été vraiment déterminant dans la résolution de la grave crise que la Mali vient de traverser. En cela, je suis venu lui dire « merci », et au peuple béninois, pour leur soutien indéfectible tout au long de la grande crise malienne», a-t-il déclaré à la presse, jeudi, au salon d’honneur de l’Aéroport de Cotonou.

C’est le même esprit qui l’a guidé et conduit, quelques heures auparavant, au Nigeria auprès du président Goodluck JONATHAN, co-médiateur dans la crise malienne et dont le pays a pris la tête du soutien militaire au Mali pour le compte de la CEDEAO, sans compter son assistance matérielle et technique pour l’organisation des scrutins du 28 juillet et du 11 août 2013.

« C’est le Mali reconnaissant qui m’envoie aujourd’hui vous dire qu’il se souviendra toujours de la main tendue», a déclaré Dioncounda TRAORE, ajoutant que la décoration de M. JONATHAN avec la médaille de la Grande croix de l’ordre national est  un « modeste gage de la gratitude du peuple malien».

Car, non seulement le Nigeria a été l’architecte de l’accord-cadre de Ouagadoudou ayant permis le retour à l’ordre constitutionnel, mais aussi, il a travaillé d’arrache-pied pour la mise en place de la Mission internationale de soutien au Mali (MISMA) qui est devenue plus tard la MINUSMA (Mission multidimensionnelle intégrée des Nations-Unies pour la stabilisation au Mali).

« Le Nigéria a contribué à hauteur de 1200 hommes dont 850 éléments sont actuellement sur le terrain. Au niveau de l’assistance humanitaire, Abuja a débloqué 2,5 milliards de FCFA destinés à la reconstruction de casernes détruites. Le Nigéria a aussi mis à disposition deux enveloppes d’un milliard chacune destinée à des actions humanitaires et à la reconstruction du pays. Et ce n’est pas tout : le pays a appuyé les opérations électorales avec 22 véhicules, 500 millions de FCFA et un important lot de matériels informatiques », a témoigné Mahamane Amadou MAIGA, l’ambassadeur malien basé à Abuja.

Après le Nigeria et le Bénin, Dioncounda a mis le cap, le même vendredi, sur Ouagadougou, pour exprimer personnellement sa reconnaissance et celle du peuple malien à Blaise COMPAORE, médiateur attitré de la CEDEAO dans la crise malienne, dont les bons offices ont permis la signature de deux textes majeurs à l’origine de la sortie de crise avec, à la clé, l’organisation de l’élection présidentielle le 11 août 2013: l’accord-cadre du 6 avril 2012 avec les militaires putschistes et l’accord préliminaire du 18 juin 2013 avec les rebelles touareg du MNLA/HCUA.

Si les Maliens n’ont pas d’appréciations négatives sur les distinctions honorifiques accordées à ces chefs d’Etat, encore moins sur le témoignage de gratitudes envers ces pays en dépité de l’attitude ambiguë du Burkina Faso qui a accordé, et qui le fait toujours, «gîte et couvert » aux rebelles, ils ne comprennent pas a contrario « le manque de reconnaissance » du Mali à l’endroit du Tchad et de son président, Idris Deby ITNO, dont les soldats ont payé « le plus lourd tribut » parmi les pays qui ont volé à notre secours, avec plus de 36 morts et des dizaines de blessés dans l’Adra des Ifoghas aux côtés des soldats français de l’opération Serval dont l’action a été plus que « salutaire » le 11 janvier 2013 contre les groupes islamistes radicaux qui entendaient étendre leur domination sur tout le pays après neuf mois d’occupation du Nord (soit 2/3 du territoire national).

Car, la conjugaison de trois facteurs a nourri l’audace des jihadistes radicaux à avancer plus au sud avec l’attaque de Konna le 10 janvier 2013: la fiable capacité opérationnelle et tactique de l’armée nationale d’en face (« Nous ne faisions pas le poids », a confessé le CMA, le général Dahirou DEMBELE, après l’opération Serval) ; l’absence de réactivité rapide de la CEDEAO parce que gangrenée par « la réunionite » et le manque de ressources humaines, matérielles et financières, comparativement à la CEMAC, l’organisation équivalente pour l’Afrique centrale dont le Tchad est justement membre ; et la fin annoncée de « la Franc-Afrique » par François HOLLANDE et dont la crise centrafricaine avec la rébellion SELEKA a été le « premier cas de la non-ingérence française dans les affaires africaines ».

Le quatrième élément « encourageant », si l’on peut parler ainsi, c’est aussi la lenteur de la communauté internationale à vouloir intervenir au Mali, puisque les Nations-unies s’était fixé « le mois de septembre » pour ce faire.

Donc, les jihadistes ont voulu prendre de vitesse les Nations-unies en s’emparant d’abord de la base de Sévaré qui devrait servir de « point d’appui » contre eux, comme la preuve en été établie avec l’opération Serval.

Avec une telle avance, les opérations aériennes ne pouvaient être conduites qu’à partir de Sénou, à Bamako, du Burkina Faso ou du Niger, puisque la Mauritanie et l’Algérie s’étaient montrées plutôt « réservées » sur le dossier malien.

Mais, selon les mauvaises langues, ce traitement « ingrat » des autorités de la transition vis-à-vis du Tchad a un nom : le président DEBY et un colonel tchadien (sur RFI) ont publiquement et officiellement déclaré que c’est à la demande de l’ancien Premier ministre, Cheick Modibo DIARRA, que les soldats sont arrivés au Mali, alors que leur pays n’est pas membre de la CEDEAO.

En tout cas, ce serait le comble de l’ingratitude envers même CMD dont le forcing aux Nations-unies a permis le vote de la résolution du conseil sécurité autorisant « l’intervention militaire étrangère au Mali », y compris celle de la France qui a été couverte par ce parapluie juridique international pour son opération Serval en janvier 2013.

Comme quoi, une grandeur par le haut peut en cacher une autre par le bas…


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6 Commentaires

  1. Bolou

    Effectivement.sans l’iintervention militaire Tchadienne,le  Mali sera jusqu’au aujourd’hui occupé.quelle ingratitude!

  2. francky sosta

    Surtout qu’il ne vienne pas souiller le sol tchadien et insulter les braves soldats Tchadiens qui sont morts pour libérer le Mali avec son attitude de peureux et d’incapable. Il verra bien de quel bois les Tchadiens se chauffent. Sans l’intervention tchadienne et l’action décisive des soldats Tchadiens, le Mali serai encore occupé par les apprentis djihadistes. La France et ses parachutistes seraient dans un vrai bourbier .Quand à la MISMA, même les boy scouts sont mieux entraînés et plus courageux que ces gens. Nous les Tchadiens de n’importe que bord politique devront nous sentir fiers de notre armée. Ils peuvent continuer à se congratuler, se partager toutes les médailles et les décorations possibles, cela nous est complétement égal.
    La France s’est fait rembourser à hauteur de 50 millions de dollars par les Américains. Tous les pays de la CEDEAO, y compris ceux qui ont envoyé 80 soldats sans munitions, les IVOIRIENS qui ont aidé les Français à débarquer leur matériel se sont déjà fait rembourser. En réalité, tous ces pauvres pays africains sont jaloux du rôle que le Tchad a joué dans cette crise. Ils voudraient rester entre eux pour se partager les prébendes de l’ONU.
    Il faut juste rappeler à nos frères Maliens (nous n’avons rien contre eux et leur souhaitons tout le bonheur du Monde) que la crise n’est pas finie; l’Algérie et la Mauritanie se tiennent en embuscade. Blaise Compaoré et les Touaregs voudraient bien continuer à commercer la cocaïne. Alors comme on dit chez nous , un jour, un jour…on verrait bien.
    Un seul conseil aux autorités tchadiennes (ils en ont vraiment besoin) en place, j’espère pour eux que la leçon d’ingratitude payée à 40 morts 200 blesses et 150 milliards de CFA a été retenue.
    Francky SOSTA

  3. al mahdi sadick

    aujourd’hui la sous region et quelques pays d’afrique sont jaloux de notre monte en puissance de notre armees.nous resterons fort .n’oubliez pas que le tchad a battu la grande et puissante Lybie en occupant la base lybienne de Mathan Alsarra en profondeur dans le territoire lybien en capturant 700 prisoniers de guerres parmis eux le General khalifa Aftar il est connu en lybie nous avons un bravour naturel ,Nous n’avons pas beisoin d’un Traore jokonda pour nous decores ou remercier .Le chad avait fait un geste h umanitaire pour sauver un people frere et African agraisses par des terrorists 

  4. al mahdi sadick

    la guerre d »aujourd hui c’est la capacite terrestre et le bravour qui font peur ca nous l’avons .demain si un autre pays s’il etait agresse par des terrorists le peuple tchadien portera secours.le peuple Malien nous a deja   remercie et Jakonda fait parti du peuple malien il a deja remercier a mainte reprise avec plusieurs deplacements a N;djamena so vous parlez de quel reconnaissance? l’occident s’avait bien que le Tchad aujourd’hui cest une puissance militaire de la region.et en collaboration avec l’occident fait des actions de sauvetage dans la region donc chers freres restez unis nous sommes devenus la cible des terrorists.mais nous les batterons insha allah.

  5. Je suis un Malien residant aux USA et je vous confirme que tous les maliens sont reconnaissant envers les Fatima qui ont paye un lourd sacrifice au Mali. Mes condoleances au peuple ami du Tchad et a la famille des disparus.Le Mali n’oubliera jamais les sacrifices tant consentis par le Col Abdel Aziz et ses hommes.
    Le Tchad dispose sans nul doute d’une armee disciplinee et capable de se deployer partout ou besion y serait. Les presidents viennent et passent, mais le peuple du Mali sera toujours reconnaissant envers les Tchadiens car ils ont sauve notre pays du desastre.
    Vive le Tchad et le Mali et tous ceux qui ont aide mon pays au sombre moment de son histoire.