Les Brèves de N’Djamena – Les confessions cyniques et rocambolesques de Deby.

C’est le moins qu’on peut affirmer : Deby ne passe pas ses vacances dans » la bourgade des ânes » dans l’allégresse  et la joie consécutives aux retrouvailles familiales et parentales dans son village natal. Autant les bilias ont boudé le séjour de l’enfant du village autant le despote leur a rendu la monnaie en les ignorant ostensiblement. Aucune cérémonie, aucune audience individuelle ou collective n’a été prévue ; tout le monde a été tenu en laisse y compris la cohorte des généraux et autres bouffons qui l’accompagnaient. Ils ne les retrouvent qu’aux moments de rupture de jeune  pendant le ramadan et depuis lors ils le voient comme tout habitant d’Amdjaress de loin. Même l’argent facile et gratuit du trésor ne coule plus à Amdjaresse. Malgré la présence du Président de la République, Chef de l’Etat et Sultan de Dar Bilia, la vie à Amdjaress est terne, morose et maussade. L’entourage est unanime, il manque à manger surtout chez les militaires qui l’accompagnement !!  Les simples citoyens du coin ont la réponse à la grande question que tout le monde se pose à savoir les  mobiles de sa présence : Deby a fui les affaires de l’Etat à Ndjamena !!

Curieusement, le chouchou de ces scapâtes funestes fut son demi-frère, l’ex sultan dépossédé Timan Deby ! Ils sont toujours ensembles, se chuchotent, se donnent  des tapes, font des grands rires à la volée, des conciliabules interminables et enfin ils visitent ensembles tous les coins et les recoins de la région dont les souvenirs lui restent encore vivaces : là où il a gardé ses cabris, un petit ouadi où son ânon s’est échappé, derrière ce rocher où son grand frère l’a chicoté . . . . . . On dirait qu’il a la prémonition qu’il visite ces coins pour la dernière fois.

Au cours d’une rencontre avec des officiers recruteurs qui sont venus de passage lui rendre compte des difficultés de la mission dans les milieux goranes et zaghawas, le dictateur très pensif a laissé cette phrase à l’étonnement de l’assistance : « Après la saison des pluies il est sûr et certain que le méklouss(le maudit) cherchera à verser encore du sang des parents et personne ne veut faire face, alors que faire » ? Le méklouss (prononcez en zaghawa s’il vous plait !) est le nom officiel de Timan Erdimi, Président de l’Ufr.

De retour à Ndjamena pour un petit arrêt avant de s’enfuir une fois encore vers la bourgade, Deby reçoit le Vendredi 23/08/13 quelques personnes très proches et leur dit : «  les français sont en train de construire un enclos autour de nous, ils sont en train de déterrer directement ou à travers des réseaux inféodés  toutes les affaires noires que nous avons pu camoufler en faveur des évènements ; concomitamment avec les affaires de droit de l’homme (procès H.H, affaire Ibni), les français poussent la B.M, leF.MI. et même les société pétrolières pour fouillonner dans nos comptes. Ils nous imposeront des règles de dépenses et surtout les dépenses militaires et ils  semblent même vouloir  effectuer des audits dans toutes les régies, or on n’y peut rien leur refuser tant qu’il n’y ait pas des grands évènements qui bousculent  la sécurité du pays. » Fin de citation !

En d’autres termes, Deby souhaite la recrudescence des hostilités sous quelle forme que ce soit dans le pays pour lui permettre de piller allégrement sans rendre des comptes  à  personne. Quel personnage cynique.

PS/ Idris Deby a finalement bluffé Timan Deby qui a à tort pensé que son grand frère allait lui restituer « son turban ». IDI a donné a convoqué les notables de la region et a fait proceder aux votes entrelui et Timan. Sur 31 notable, 29 pour IDI, 0 pour Timan Deby et 2 abstention qui auraient de se mêler des affaires inter Deby. Voilà, le peuple a choisi IDI, Timan peut aller se consoler derrière ses chameaux.

Correspondance particulière – Amdjeress.


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