Le Tchad sera t-il élu membre non-permanent du conseil de sécurité des Nations Unies ?

La réponse à cette question ne sera connue que le 17 octobre 2013 à l’issue de l’assemblée générale qui doit élire les 5 sièges des membres non-permanents à pourvoir. Mais avant cette date fatidique, on peut se permettre un jeu de pronostics : Le bloc Afrique au sein du Conseil de Sécurité est actuellement représenté par le Rwanda, le Togo et le Maroc. Etant donné que le mandat du Togo et du Maroc expirent cette année, le Tchad et le Nigeria, seuls candidats du bloc Afrique au Conseil de Sécurité vont automatiquement occuper ces sièges de membres non-permanents réservés au continent. Cette arithmétique qui rend nos pronostics plus probants est doublée d’autres arguments majeurs quand on sait que le Tchad et le Nigeria s’illustrent aujourd’hui comme deux poids lourds diplomatiques et économiques dans leurs sous-régions respectives.

Contrairement au Nigeria qui va être membre du Conseil de sécurité pour la cinquième fois, le Tchad, lui, siégera pour la première fois dans cette instance qui fait office d’organe exécutif de l’Organisation des Nations Unies avec pour « responsabilité principale le maintien de la paix et de la sécurité internationale », selon la charte de la dite organisation. En plus de pouvoir occuper pendant son mandat le poste de la présidence du Conseil de Sécurité qui est tournante entre les 15 membres de cette instance, le Tchad disposera aussi des pouvoirs spécifiques tels que le maintien de la paix, l’établissement des sanctions et l’intervention militaire. Si le Tchad malgré ses sacrifices au Mali avait perdu récemment le pari de diriger la MINUSMA au profit du Rwanda, c’était en partie à cause de l’influence que ce dernier a effectué au sein du Conseil de Sécurité dont il est membre depuis le 1er Janvier 2012.

Décidé donc à être plus actif sur la scène internationale, le Tchad accélère désormais son offensive diplomatique, en cherchant à briguer les postes prestigieux sur le plan international afin de redorer son image longtemps écorchée par les conflits armés qu’il a traversé. Ces multiples conflits que le pays a connu semblent être aujourd’hui un lointain souvenir et se transforment même en atouts pour le Tchad car ils ont fini par accoucher d’une armée bien équipée et aguerrie, apte à faire face aux fléaux de l’heure comme le terrorisme. La brillante intervention de l’armée tchadienne au Mali en est un exemple éloquent.

Aujourd’hui, le pays a réussi grâce à la guerre contre le terrorisme au Mali à se placer sous les feux des projecteurs. A la fin de cette guerre, l’admiration et le rayonnement en Afrique et ailleurs dans le monde dont a fait l’objet le peuple tchadien et son Président ont vite fait comprendre à ce dernier que son pays peut assurer un leadership à l’échelle du continent. Idriss Deby Itno joue aujourd’hui très bien sa carte et semble mettre à profit cette aura subite pour maintenir cette visibilité positive du Tchad dans le monde. Pour une première fois le Tchad est perçu par la communauté internationale comme un pays stable, en plein chantier économique et faiseur de paix en Afrique.

Après donc la date tant attendue du 17 Octobre, le Tchad aura certainement commencé à cueillir les fruits de ses actions diplomatiques et de son engagement dans le conflit malien en devenant membre de l’instance suprême sur les épaules de laquelle reposera désormais la gouvernance de la sécurité et de la paix dans le monde pendant 12 mois.

La diplomatie tchadienne devrait ainsi mettre à profit cette lune de miel avec la communauté internationale pour vendre davantage la destination Tchad auprès des investisseurs étrangers et aussi chercher à rattraper le retard de ce pays en termes de représentation de ses fils dans les institutions internationales, seules gages de succès économiques et diplomatiques dans le futur.

 

Ousmane Hamay

Ottawa, Canada

 

 


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